L'avertissement du Vénézuela pour la France

 Le président Hugo Chavez, a averti hier la France, lors d'une intervention télévisée, de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du Vénézuela. Le Quai d'Orsay, qui a dénoncé la suspension, dimanche dernier, de six petites chaines privées du câble, dont RCTV et TV Chile, pour non conformité à la réglementation, a reçu une note de protestation adressée au gouvernement français.

Hugo Chavez © @ Hugo Chavez © @

 

Le président Hugo Chavez, a averti hier la France, lors d'une intervention télévisée, de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du Vénézuela. Le Quai d'Orsay, qui a dénoncé la suspension, dimanche dernier, de six petites chaines privées du câble, dont RCTV et TV Chile, pour non conformité à la réglementation, a reçu une note de protestation adressée au gouvernement français.

 

Les déclarations du porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères, Bernard Valero, qui a exprimé lundi dernier ses "préoccupations" et a invité les autorités vénézueliennes à revoir « rapidement » leur décision, ont été critiquées dans un communiqué par le Ministère du Pouvoir Populaire pour les Relations Extérieures du Vénézuela. Ce dernier a considéré «inacceptables» ces propos et a convoqué l'ambassadeur de France à Caracas, Jean-Marc Laforet, afin de lui remettre la « note de protestation ». Le gouvernement français est invité à « rectifier rapidement sa position », sinon, le Venezuela devrait « réviser ses relations avec la France ».

 

 

En effet, une nouvelle réglementation oblige les télévisions "nationales" à diffuser dans une proportion minimale de 30% de leurs transmissions, les déclarations ou discours officielles du gouvernement vénézuelien. La chaine RCTV et cinq autres stations ont refusé de respecter cette nouvelle circulaire en ne diffusant pas à deux reprises les discours du président Chavez. Ceci a amené le gouvernement a suspendre leur câble. En tête de ce refus se trouve la chaine RCTV, dont le gouvernement vénézuelien n'a pas renouvelé le contrat pour sa licence hertzienne en 2007 et laquelle a déjà soutenu la tentative du coup d'Etat contre Chavez. Cette chaîne diffuse sur le câble depuis Miami, aux USA, sous le nom de RCTV International.

 

Le porte-parole de la Maison Blanche a de son côté critiqué la décision du Vénézuela. Le gouvernement chilien, lui aussi, a interpellé le Venezuela, notamment concernant la chaîne TV Chile, en espérant qu'une solution soit trouvée. "Il y a des démarches administratives à suivre, le câblo-opérateur qui gère le signal de TV Chile au Venezuela est en train de les faire et nous espérons un retour à la normale dans les jours à venir", a affirmé la porte-parole de la présidence chilienne, Pilar Armanet.

 

Hugo Chavez qui s'est dit avoir « une grande affection pour la France », affirme qu'il ne comprend pas « pourquoi un ministère des Affaires Etrangères avec autant d'expérience agit comme cela. Que les Etats-Unis le fassent, cela n'est pas étonnant[...] Si une chaîne vénézuélienne veut entrer en France nous devrons prendre en compte les lois de ce pays" enchaîne-t-il. Ce «clash» diplomatique fait suite à la récente nationalisation par le Vénézuela de la chaîne française d'hypermarchés Casino qui, malgré les avertissements du gouvernement vénézuelien, a considérablement augmenté les prix des produits. Le Vénézuela continue d'affirmer que la décision de suspension a été prise à cause du non respect de ces chaînes des règles de diffusion et qu'elles pourraient reprendre le câble si elles se conforment à la réglementation.

 

Sur le plan intérieur, une centaine d'étudiants ont tenté de fermer quelques Universités de Caracas. Dans l'Etat de Merida, à l'ouest du pays, des affrontements entre manifestants partisans et détracteurs du régime ont déjà fait un bilan de 2 morts et 33 blessés, selon des médias vénézueliens. Les deux morts, tués par balles, sont un jeune de 15 ans, Jasin Carrillo, membre du Parti socialiste PSUV de Chavez et Marcos Rosales, un étudiant en médecine, selon les mêmes sources. La démission lundi dernier du vice-président du gouvernement, Ramon Carrizalez, également responsable du Ministère de la Défense, "pour des raisons strictement personnelles", suivie de celle de sa femme Yubiri Ortega, Ministre de l'Environnement, n'apaisent pas la situation au Vénézuela qui se prépare pour les élections législatives en septembre prochain.

Mohammed Yefsah


 

 

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