Tunisie: ironie du sort et indignation

Etonnante et incompréhensible, cette peur de déclencher le processus démocratique et d'instaurer la légalité et l'alternance au pouvoir, rompant, ainsi, réellement et pacifiquement avec un régime et un système en faillite, celui des destouriens1 qui incarnent et endossent l'entière responsabilité.

Etonnante et incompréhensible, cette peur de déclencher le processus démocratique et d'instaurer la légalité et l'alternance au pouvoir, rompant, ainsi, réellement et pacifiquement avec un régime et un système en faillite, celui des destouriens1 qui incarnent et endossent l'entière responsabilité.

Ceux-là, pour nous faire oublier les malheurs qu'ils nous ont fait endurer depuis "l'indépendance", oui pour nous faire oublier, les voilà ces morbides avec leurs alliés classiques, certains partis de complaisance et associations perverses, s'efforcent à ressusciter la peur des islamistes, bien exploitée par Ben Ali, en les diabolisant et amplifiant une menace, devenue illusoire de nous jours et, surtout, avec un peuple averti et vigilent. Ce clan de languissants, avec son hypocrisie et ses manipulations politiques, policières et médiatiques, croit nous fouler et nous usurper notre révolution, telle a été leurs méthodes en l'an 1956 et puis en l'an 1987.

Relançant, en ce moment précis, un débat sur une mise à jour d'une constitution révolue et inadaptée aux aspirations populaires, ou sur un référendum autour de plusieurs variantes de nouvelles constitution, donne la preuve d'un sarcasme caractérisé du même lobby susvisé, cherchant à demeurer au pouvoir. Ironie du sort, allons nous subir une concrétisation du dicton, selon lequel "jamais, deux sans trois"!?

Qui va modifier ou élaborer une constitution ?

Soyons honnêtes, qui va modifier la constitution ou élaborer une nouvelle, l'équipe que Ben Ali s'apprêtait à désigner le 13 janvier, objet de son ultime discours, tel que I. Ben Achour et autres, je regrette, c'est le jeu des rcdistes et leur alliés dans l'opposition fantoche.

La nouvelle constitution, doit être élaborée par des personnes démocratiquement élues - une assemblée constituante - et non désignées par une structure illégitime et provisoire (MM. Mobazaâ et Sebsi, serviteurs de Ben Ali et auparavant de Bourguiba).

L'assemblée constituante élue, soumettra une nouvelle constitution à un référendum. Ainsi, les tunisiens ensemble défendront les bases d'un Etat moderne, plurielle et démocratique, garantissant la séparation réelle et tangible des quatre pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire et médiatique) une séparation bafoué par le régime des destouriens. Nul ne peut prétendre imposer un autre modèle de société, compte tenu de la volonté des tunisiens et du décret-loi relatif aux élections de la constituante que même l'occident - avec toutes ses colorations - a approuvé, puis que confectionné sous l'œil attentif de ses experts (européens et américains).

Constat d'echec.

De toutes les manières, le constat d'échec est plus que confirmé, non seulement celui des rcdistes, mais aussi de toute "l'école destourienne" qui a conduit le pays à la situation où elle est aujourd'hui, et ce, après un règne de plus de 50 ans, se poursuivant à ce jour. Ajoutons à cela une dette extérieure avoisinant les 50% du PIB (source : la banque mondiale) et un taux de pauvreté d'environ 25% (récemment identifié à 24,7 par le ministère des affaires sociales). Devant un tel bilan, les destouriens devraient manifester leur fierté haut sur les toits !?De ce fait, tout citoyen, libre et indépendant, ne pourrait que s'indigner.

Plus tôt sera instaurer une structure élue et donc légitime et plus tôt la confiance et l'adhésion populaire seront établies, conditions nécessaires pour solutionner les vrais problèmes dont souffre la population tunisiennes, dans l'inconscience mortelle des « politiciens » de salon, au service de forces sournoises, voulant insinuer l'intérêt d'un groupe pour celui national.

1 : défenseurs de la constitution de 1956 et membres, successivement du parti unique de Bourguiba et de Ben Ali, le PSD reconverti en RCD.

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