Déclaration de laïcs issus du monde islamique

 

 Déclaration

 

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam

 

 Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

 

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

 

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

 

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

 

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

 

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

 

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.

 

Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

 

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté.

 

 Le 11 janvier 2015

 

 

Premiers signataires :

 Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie

 Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France

 Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie

 Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc

 Hella Lahbib, journaliste, Tunisie

 Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie

 Latefa Aharrare, actrice, Maroc

 Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie

 Munaim Alfakir, poète, Irak

 Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France

 Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc

 Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie

 Ahmed Assid, écrivain, Maroc

 Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc

 Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France

 Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie

 Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie

 Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie

 Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie

 Ghaleb Bencheikh, islamologue, France


 Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie

 Kmar Bendana, historienne, Tunisie

 Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie

 Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie

 Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie

 Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France

 Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie

 Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France

 Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine

 Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc

 Mohamed Chafiq, académicien, Maroc

 Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie

 Khedija Cherif, universitaire, Tunisie

 Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie

 Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc

 Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc

 Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc

 Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France

 Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France


 Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie

 Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France

 Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France

 Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France

 Selma Hajri, médecin, Tunisie

 Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France

 Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France

 Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France

 Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte.

 Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France

 Marcel Khalifé, artiste, Liban

 Abdellatif Laâbi, poète, Maroc

 Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc.

 Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie

 Delenda Largueche, historienne, Tunisie

 Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France

 Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie

 Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie

 Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie

 Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie

 Hamad Nazir, psychanalyste, France

 Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France

 Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie

 Nouredine Saadi, écrivain, Algérie

 Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie

 Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France

 Wassila Tamzali, écrivain, Algérie

 Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie

 Adnane Yassine, poète, Maroc

 Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine

 Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc

 

 

 

 

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