Comment une partie de la gauche est devenue la droite (République et nation 1/)

La gauche française a considérablement évolué dans son rapport à l'idée de République et à l'articulation de celle-ci avec la nation : l'objectif de cette note de blog est de montrer comment cela a amené une partie de la gauche française à adopter une vision de la République qui est historiquement celle de la droite.

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I/ Un peu d'histoire : républicains de gauche et de droite

La République semble être une passion française. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique, on revendique cette notion : des partis de gauche et d'extrême-gauche tels que le PG ou le POI la revendiquent au nom de l'héritage de Robespierre, insistant sur la souveraineté populaire et sur la laïcité ; le PS n'a cessé de se poser en gardien de la République face au Front National, ou même face aux propos les plus xénophobes de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac avant lui ; l'UMP tente maintenant de se faire appeler "Les Républicains", allant jusqu'à réclamer le monopole de cette notion par l'article défini ; et même le FN, pourtant issu en grande partie de la collaboration et du fascisme (pour mémoire...), se permet de s'en revendiquer à l'occasion !

L'idée de République paraît ainsi avoir perdu sa consistance dans le débat public en France, d'où plusieurs initiatives récentes pour redéfinir et réaffirmer cette notion telles que l'association Le Poing Commun. Il est en tout cas clair que plusieurs conceptions de la République coexistent, et à vrai dire, cela ne date pas d'hier : au cours de la Révolution française, déjà, la rupture était consommée entre les girondins se contentant d'instaurer le suffrage censitaire à la suite de la monarchie, ce qui revenait en fait à laisser le monopole du pouvoir à la bourgeoisie et à la noblesse, et les montagnards emmenés par Robespierre et Saint-Just, pour qui la République impliquait de confier le pouvoir au peuple dans son ensemble. Sans parler de tentatives encore plus avancées comme celle de Gracchus Babeuf, précurseur du socialisme par ses idées de collectivisation... Néanmoins, à ce stade, montagnards et jacobins restaient unis par la volonté de renverser l'ordre établi et par la poursuite, au moins officielle, d'un idéal d'émancipation. Par la suite, les républicains restèrent unis par des revendications telles que la liberté d'expression ou la liberté d'association, ou, à partir de 1848, le suffrage universel, les régimes monarchiques du XIXème siècle ayant accepté le suffrage censitaire. C'est dans les années 1870, après la chute du Second Empire, que cela change vraiment : une partie des conservateurs guidée par Louis-Adolphe Thiers, jusque-là monarchistes, annoncent leur ralliement à la République et s'allient aux républicains "opportunistes" de Léon Gambetta ; Louis-Adolphe Thiers se distingue par le fait qu'il a orchestré le massacre de la Commune de Paris et qu'il présente la République comme le meilleur moyen non plus d'émanciper les citoyens mais au contraire de maintenir en place les hiérarchies sociales... Pour lui, la République a cet avantage sur les monarchies qu'elle permet d'écraser la contestation au nom de l'intérêt général. Thiers était donc un conservateur authentique pour qui le gouvernement au nom de l'intérêt général plutôt que des intérêts privés n'était qu'une formule pratique pour assurer la domination d'une classe.

Depuis ce jour, des gens radicalement différents revendiquent donc la notion de République : pour les uns, elle est un idéal philosophie à poursuivre, un gouvernement au service de tous, traduit par la devise Liberté - Égalité - Fraternité ; pour les autres, elle n'est qu'un régime institutionnel permettant de maintenir l'ordre établi, de façon plus efficace que si le pouvoir était détenu par une dynastie. Encore au centre-gauche lorsque les monarchistes dominaient l'Assemblée Nationale, la faction de Thiers devient rapidement la droite, d'autres lui emboîtent le pas comme Albert de Mun. La bourgeoisie se rallie progressivement à la IIIème République : après tout, elle a montré que même les gouvernements des républicains radicaux étaient tout aussi aptes à fusiller les travailleurs que de bons monarchistes. Elle ne la remettra plus en cause jusqu'aux années trente, où la poussée socialiste l'amène à vouloir rétablir un régime plus autoritaire tel que le fascisme, ce dont la seconde guerre mondiale lui donnera l'occasion.

Ces deux grandes conceptions antagonistes de la République coexistent encore jusqu'à nos jours, l'une à gauche et l'autre à droite ; encore faut-il noter que parmi les tenants de la République fidèles à l'idéal révolutionnaire, beaucoup considèrent aujourd'hui qu'elle doit avoir des implications en matière sociale, en particulier les socialistes (voir cet article), c'est la "République sociale". Et pourtant, comme nous allons le voir, il semble qu'une portion considérable de ce qui était jusque-là la gauche se soit ralliée à la conception de la République de la droite...

II/ Comment le PS a adopté une conception conservatrice de la République

Chacun sait aujourd'hui que le Parti Socialiste, malgré son nom, a cessé de défendre non seulement le socialisme mais même le progrès social en général : après un gouvernement Jospin entre 1997 et 2002 qui avait déjà fait de nombreux compromis, troquant les trente-cinq heures ou la Couverture Maladie Universelle contre de nombreuses privatisations, le retour au pouvoir du PS avec François Hollande en 2012 l'a vu s'aligner sur la politique économique et sociale déjà très à droite de Nicolas Sarkozy. Politiques d'austérité, cadeaux fiscaux aux employeurs sans aucune garantie de leur part et démantèlement du droit du travail sont ainsi devenus le lot commun sous ce quinquennat, le sommet étant atteint (pour l'instant !) avec la loi El-Khomry... Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les raisons profondes de ce basculement du PS, son passage sous la coupe des hauts fonctionnaires et l'évolution du contexte international, mais ce qui nous intéresse ici est que, ne pouvant plus se revendiquer du socialisme, le PS semble avoir adopté une idéologie de rechange : depuis son arrivée à Matignon, Manuel Valls ne cesse en effet d'invoquer la République comme justification de sa politique et de sa tactique.

La République ! Mais de quelle République peut-il bien s'agir ? Inutile de revenir sur la République sociale chère à Jaurès : Valls vient de lui régler son compte à coups de 49-3 pour faire passer la loi El-Khomry. Bon. Peut-être faut-il alors revenir à quelque chose de plus basique : les libertés politiques, liberté d'expression, liberté de réunion, liberté d'association, liberté de la presse ? Encore raté, car là aussi, le recul est considérable : usage de grenades offensives contre des manifestants (qui s'est soldé par la mort de Rémi Fraisse...), répression très violente du mouvement contre la loi El-Khomry avec des blessés graves ou des manifestations de la Cop21, musèlement du parlement, et surtout cet état d'urgence prolongé ad vitam eternam montrent que le gouvernement ne se soucie que très moyennement de ce qui fut le principal combat des républicains sous le Second Empire ! La souveraineté populaire ? Ça faisait longtemps qu'on n'en avait pas été aussi éloignés, entre une Vème République verrouillée, des traités européens et un TAFTA en préparation qui volent au peuple la maîtrise de sa politique économique et sociale ! La lutte contre le racisme, peut-être ? Mais s'ils sont toujours aussi prompts à l'invoquer contre le FN, François Hollande et Manuel Valls n'ont pas hésité non plus à reprendre du FN l'idée d'une déchéance de nationalité applicable exclusivement aux binationaux, donc à envisager de trier les citoyens français selon leurs origines... Hum. Alors, pourquoi pas la laïcité ? Mais soyons sérieux : si c'était cela, le combat de Manuel Valls, il commencerait par abolir le concordat en Alsace-Moselle et cesser de subventionner des écoles privées confessionnelles (loi Debré...) ; pire, selon une information récente du Canard Enchaîné, le Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve envisagerait rien de moins qu'un nouveau concordat avec l'islam, autrement dit une abolition en bonne et due forme de la laïcité ! Un premier pas a été fait en ce sens avec le financement public de l'Institut Français du Culte Musulman.

Mais alors quoi, à la fin ? Eh bien, a priori, l'État, tout simplement. Le bras armé qui maintient l'ordre, aussi bien contre les terroristes islamistes que contre les socialistes, les deux étant magnifiquement amalgamés par la classe dominante aujourd'hui. Ou en tout cas, l'ensemble des institutions existantes, non-monarchiques officiellement. C'est à dire très précisément la République de Thiers... Voire pire : car que comprendre, lorsqu'il parle au sujet de la lutte contre le salafisme de "combat identitaire" , qui serait prioritaire sur les questions sociales ? Ou de "guerre de civilisations" ? Tout simplement ceci : que la République qu'il entend défendre des islamistes n'est pas un projet politique, c'est une identité, une civilisation, donc quelque chose de relativement figé à quoi n'importe qui ne peut pas s'intégrer, suivant la vision du "choc des civilisations" de feu Huntington (largement discréditée scientifiquement...) ; c'est en fait une nation, définie de manière essentialiste, à laquelle il réduit donc la République.

C'est peut-être prendre trop au sérieux ce polichinelle de Manuel Valls, certes. Mais Valls n'est pas seul. On s'en rend compte en lisant cette tribune édifiante de Jean-Marie le Guen : dans ce véritable manifeste de la droitisation du PS, le ministre appelle la gauche à mettre de côté le progrès social, qui selon lui ne structurerait plus le débat public, pour se concentrer sur la défense de la République face aux défis "de la mondialisation", "des migrations", car ce qui est en jeu, c'est "notre modèle de civilisation"... Eh bien ! Là encore, la République pour Jean-Marie le Guen, c'est donc la nation française et rien d'autre que cela. On voit d'ailleurs bien mal ce que cela pourrait être d'autre, au vu de ce qui transparaît de l'autoritarisme du personnage, selon lequel il serait dangereux de critiquer l'État et il y aurait trop de syndicats en France... Le seul marqueur à gauche de cette tribune est l'appel à combattre la xénophobie, mais cela suffit-il ?

Ces deux personnages tirent donc le PS à droite, très à droite, et pour l'heure, ils le font avec la bénédiction de François Hollande et Jean-Christophe Cambadélis... Le PS n'a pas seulement abandonné le marxisme et le socialisme ; il est aussi en train d'abandonner la conception de la République comme idéal progressiste pour en faire quelque chose de conservateur, justifiant par-là des retours en arrière dans presque tous les domaines.

III/ Quand une partie de la gauche souverainiste devient la droite souverainiste

On aimerait se dire que la gangrène s'arrête au PS. Il a déjà tant trahi, quoi d'étonnant à ce qu'il abandonne même ce qu'est la République pour la gauche ? Après tout, il y a aussi depuis longtemps une gauche qui reste fidèle à ses problématiques sociales et à la souveraineté populaire en refusant la construction européenne néolibérale. Celle-là, sûrement, est authentiquement républicaine. On aimerait se dire cela, mais ce n'est pas si simple, et à vrai dire, la conversion à une conception aussi à droite de la République n'a peut-être pas commencé là où on croit...

Bien avant Jean-Luc Mélenchon, il y avait en effet un homme politique lui aussi issu de l'aile gauche du PS (le CERES, se revendiquant ironiquement comme "anti-anti-marxiste"), attachant une importance croissante à la notion de République et refusant les traités européens avant lui au nom de celle-ci, considérant que l'Union Européenne bafouait la souveraineté populaire : c'était Jean-Pierre Chevènement. Son combat lui a attiré des ralliements jusqu'à l'extrême-gauche, des militants issus de la LCR se sont ainsi ralliés à lui pour la campagne présidentielle de 2002, notamment Éric Coquerel, aujourd'hui coordinateur politique du Parti de Gauche. Néanmoins, il est vite apparu qu'entre la République et le socialisme, Chevènement avait sa priorité : pendant sa campagne présidentielle, il lance ainsi qu'il veut "rassembler les républicains des deux rives", de gauche et de droite. La formule choque dans son camp : pour beaucoup de ses militants, cela signifie placer la République au-dessus de la lutte des classes, alors que pour des socialistes comme le sont beaucoup d'entre eux, l'idéal républicain ne pourra s'accomplir que par l'avènement d'une société sans classes ; or, comment mener la lutte des classes en fraternisant avec la droite... ? C'est ce qui entraîne deux dissidences successives de son parti le MDC, Gauche Républicaine et le MARS (dont Éric Coquerel). Et en effet, la droitisation de Jean-Pierre Chevènement ne s'arrête pas là : s'il combat toujours les traités européens, il s'est dernièrement rapproché de Debout La France, le parti de droite souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan, favorable à la conception du pouvoir personnalisé du gaullisme et même au droit du sang ce qui ne manque pas de relents racialistes... Qu'est-ce donc que cette conception de la République pour laquelle on peut faire alliance avec un parti si peu égalitariste ? On ne fera pas à Chevènement l'injure de douter de sa laïcité, sans doute en fait-elle partie, et sans doute conserve-t-il des désaccords avec Nicolas Dupont-Aignan sur les institutions ou l'économie, mais cette République qui unit les deux hommes semble bien se résumer à la souveraineté nationale, en l'occurrence contre les traités européens... J'ai bien dit nationale, pas populaire, puisqu'il est loin d'être sûr que DLF soit dans une optique de souveraineté populaire ! Au final, s'il est certain que Jean-Pierre Chevènement est souverainiste, on est en droit de se demander si c'est un souverainiste de gauche ou de droite... Bien avant l'aile droite du PS, Chevènement semble donc avoir été l'initiateur de cette nouvelle façon à gauche de penser la République comme reposant avant tout sur la souveraineté nationale : cet excellent article de Mediapart faisait ainsi le point sur le devenir de cette galaxie chevènementiste, où l'idée de nation est finalement devenue l'alpha et l'omega pour certains.

Et s'il est désormais seul après avoir quitté son propre parti le MRC, Chevènement a aussi son pendant dans le champ intellectuel : car l'autre nom qui vient immédiatement à l'esprit est celui de Jacques Sapir, économiste, spécialiste de l'économie soviétique puis de l'économie russe, adversaire acharné de l'euro et de l'atlantisme. Coupons court immédiatement à la surenchère : Jacques Sapir n'est pas d'extrême-droite jusqu'à preuve du contraire, pas plus que "rouge-brun" et autres joyeusetés dont l'ont accusé certains, puisque rien n'indique chez lui de positions racistes, misogynes, homophobes ou favorables à un régime autoritaire, bien au contraire, il appelle à combattre tout cela. Reste que lui aussi a de drôles de fréquentations : après avoir été longtemps soutien du Front de Gauche, il a appelé Jean-Luc Mélenchon à se rapprocher à son tour de DLF et Jean-Pierre Chevènement, a donné une interview à Action Française (qui précise que l'économiste ne partage pas ses idées, certes), et a même évoqué la possibilité d'une alliance entre le FN la gauche dans le cas où le FN évoluerait positivement, puisque du progrès aurait déjà été fait selon lui ! Comment peut-on défendre des idées de gauche et prôner le rapprochement avec des gens qui leur sont si radicalement opposés ? C'est son collègue Frédéric Lordon qui a donné la réponse : Jacques Sapir fait preuve d'une véritable monomanie contre l'euro et les traités européens, le fait que ces partis de gauche et de droite puissent se mettre d'accord contre eux lui fait occulter le gouffre qui les sépare... Là encore, la souveraineté nationale passe donc avant la lutte des classes, peu importe semble-t-il que ces partis aient des programmes radicalement opposés pour tout le reste tant qu'ils sont d'accord sur les traités européens ! Et encore, car l'idée de lutte des classes paraît même être passée étrangement hors-radar chez Jacques Sapir : on s'en aperçoit notamment dans cette note de blog, par ailleurs intéressante, mais où Sapir résume ses objectifs à un triptyque souveraineté-démocratie-laïcité... Fort bien, mais où sont donc passés le socialisme et, ne l'oublions pas non plus, la protection de l'environnement ? Il semble que cela soit passé au second plan pour Sapir ! Encore plus inquiétant : si Sapir appelle à combattre la loi El-Khomry, il insiste tout au long du texte sur le fait qu'il s'agit d'un "projet de l'étranger", imposé par l'Union Européenne pour justifier la lutte, sans jamais parler de ce qu'elle implique en termes d'exploitation des travailleurs... Est-ce à dire que si ce projet avait été décidé dans le cadre national, il serait acceptable ? Que le problème n'est pas l'exploitation capitaliste mais seulement le fait qu'elle vienne de la commission européenne ? Sans doute pas, mais cela en dit long sur le point auquel la souveraineté nationale et une République institutionnelle (puisqu'il y adjoint la démocratie et la laïcité, et heureusement) prennent dorénavant toute la place chez Sapir... Là encore, son discours pourrait tout aussi bien être celui d'un souverainiste de droite très républicain !

Conclusion

La gauche évolue au sujet de la République et de la nation. Et vous savez quoi, c'est tant mieux : au XXIème siècle, ces deux enjeux sont aujourd'hui déterminants, beaucoup l'ont compris dont le plus intéressant intellectuellement est Frédéric Lordon, Jean-Luc Mélenchon incarne cette même transformation dans le champ politique, s'inspirant des évolutions de la gauche latino-américaine. Mais la gauche ne peut répondre correctement à ces nouveaux enjeux qu'à deux conditions : de se rappeler que la République n'est pas une identité à conserver mais un projet politique d'émancipation, de progrès social, un idéal qu'il faut lutter pour faire progresser et non quelque chose de figé qu'il faudrait seulement défendre, ce qui passe en particulier par la lutte des classes ; de comprendre que quand on est de gauche, c'est la nation qui se résume à la République et pas le contraire ! Pour nous, la nation n'est pas une identité, c'est un projet politique, la République, la volonté de vivre sous sa loi commune et ses valeurs, auquel on peut adhérer quelles que soient ses origines et ses différences culturelles.

La souveraineté nationale est importante, mais elle n'est pas une fin en soi, elle est l'instrument de la souveraineté populaire ; l
a République n'est ni une forme institutionnelle figée ni une identité nationale, c'est un idéal reposant sur la liberté et l'égalité, que l'on vide par conséquent de son sens dès lors qu'on l'invoque contre des luttes pour ce même idéal...

De ce double oubli résulte une double dérive : le PS qui invoque bruyamment la République après l'avoir totalement vidée de son contenu, simple formule creuse pour justifier la répression des travailleurs défendant leurs droits et des atteintes aux libertés censées aider à la lutte contre le terrorisme dont chacun voit qu'elles ne portent pas leurs fruits, Manuel Valls et Jean-Marie le Guen en font une conception avant tout nationaliste ; mais il s'inscrit ainsi à la suite d'une gauche souverainiste qui s'est mise à placer la souveraineté nationale au-dessus de toute autre revendication républicaine, quitte à s'allier à une droite réactionnaire en matière sociale et démocratique... Non pas que de telles alliances ne puissent pas se produire : j'étais pour l'alliance entre Syriza et Anel, mais uniquement dans des circonstances exceptionnelles où la droite était prête à remettre en cause les politiques d'austérité et était le seul appui possible pour cela ! C'est que la République et la nation doivent rester pour nous prises dans un combat qui est la lutte des classes, et non transformées en finalités situées au-dessus d'elle.

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