Donald Duck, président!

Avec Donald Trump élu président des Etats-Unis pour 4 ans au moins, nous voici devant un futur pour le moins incertain. Mais sait-on jamais ce que l'homme à la perruque va réaliser?

Si j'étais Américain, voter Hillary Clinton ne m'aurait pas passionné. Si elle avait été élue, je ne me serais absolument pas réjoui de cette victoire. Cela n'aurait été qu'un statu quo par rapport à Obama. Obama qui n'a pas été fichu de fermer Guantanamo, qui n'a absolument pas résolu le problème de l'armement et fait taire la NRA, dont la politique étrangère s'est résumée à soutenir des régimes corrompus pro-américains, en Amérique du Sud tout comme en Afrique et en Asie. La fameuse sphère d'influence! 

 

Les Etats-Unis, c'est d'abord un conglomérat d'entreprises de la finance et de lobbies de toutes sortes: du pétrole et de l'énergie d'origine fossile en général, des armes, de la technologie informatique et sécuritaire, de la médecine de pointe, etc. En un mot: du business! Et ça, non seulement Obama n'a rien fait pour en enrayer les effets pervers qui sapent les fondements de notre société (crises économiques, chômage, aggravation du fossé entre riches et pauvres, réchauffement climatique,...) mais on sait que ce sont ces mêmes lobbies qui ont financé la campagne présidentielle d'Hillary Clinton. Elle roule pour eux. Elle n'est évidemment pas la seule: on sait que les parlementaires américains sont courtisés et soutenus financièrement par de nombreux groupes de pression et autres think thanks. Qui ne voient évidemment pas le bien de la population, mais celui des entreprises qui les rémunèrent pour ouvrir de nouveaux marchés toujours plus fructueux. On en parle très bien ici. Fort bien! Continuons à sprinter vers l'inéluctable, le nez dans le guidon. Ne nous occupons pas des (nombreux) dommages collatéraux!

 

Bref, que l'élu soit noir ou une femme ne signifie rien du tout aux USA. Les présidents passent, le système reste.

 

Mais soit, entre la peste et le choléra, les Américains semblent avoir choisi le pire des deux. Peut-être Trump va-t-il devoir composer avec les démocrates, peut-être va-t-il devoir édulcorer sa politique malgré ses discours extrémistes vu qu'il sera entouré d'une équipe de secrétaires d'Etat qui ne peuvent pas être aussi bornés que lui. Peut-être bluffait-il quand il disait vouloir construire un mur sur la frontière mexicaine ou quand il assurait vouloir virer tous les musulmans des USA. Peut-être n'a-t-il rien à dire quand il rentre à la maison et que sa femme est une dominatrice castratrice (ça expliquerait bien des choses, d'ailleurs). Peut-être...

 

Il se peut aussi qu'il passe de la parole aux actes. Le gouvernement israélien a-t-il hésité à construire un mur en Cisjordanie? Certains pays en sont déjà très loin dans la discrimination des femmes, les USA vont-ils s'y mettre? Aujourd'hui, il me semble vivre dans un monde où les pires absurdités peuvent devenir réalité. Que ce soit relever l'âge de la pension alors que le chômage touche principalement les jeunes. Que ce soit poursuivre une guerre et empêcher les réfugiés de cette même guerre de trouver un paisible ailleurs. 

 

Le pire des crimes est-il encore à venir? On peut toujours garder confiance et se dire, bien sûr, qu'à un moment, le bon sens finit par triompher. Mais, à élire une personne aussi peu compétente politiquement et stupide intellectuellement, les Américains prennent le risque de l'aventurisme. Depuis les années 80, j'ai l'impression que l'Homme a pris la mauvaise route et qu'il ne semble pas admettre son erreur. Toujours vers l'avant, quoi qu'il en coûte! Avec cette élection présidentielle américaine, la tendance demeure. Le pessimisme aussi. Ne faudrait-il pas que la Terre s'arrête de tourner? Juste une fois...

 

Mr Wang

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