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Billet de blog 6 mars 2019

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Le musée Mohamed VI d'art moderne et contemporain de Rabat

Le musée Mohamed VI d'art moderne et contemporain de Rabat a ouvert ses portes dans la capitale marocaine en 2014. il s'agit du premier musée répondant aux normes internationales de conservation en capacité d'accueillir des expositions d'envergure internationale.

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Le roi du Maroc Mohamed VI a inauguré en grande pompe le musée d'art moderne et contemporain de Rabat en 2014. Cet équipement culturel manquait cruellement au paysage culturel marocain. Le Royaume chérifien était en effet jusque-là totalement dépourvu d'institution muséale publique se consacrant à l'art moderne et contemporain et ne possédait également aucune structure répondant aux normes internationales de conservation en mesure d'accueillir des expositions dignes de ce nom.

Le musée se dresse entre la bibliothèque nationale et l'avenue Mohamed V. Le tramway passe devant ce palais des Beaux-Arts maghrébin et relie les principaux points d'intérêt de la ville. Grâce à tous ces équipements de qualité, Rabat revêt une urbanité plus marquée que les autres villes du pays.

L'architecture plutôt traditionnelle de cet établissement muséal récent rappelle les palais marocains que l'on peut trouver dans la casbah des Oudaïas ou dans les médinas des villes impériales. Cette comparaison patrimoniale s'arrête là car le contenu du musée est tourné vers la modernité. Outre les expositions temporaires, on trouve un fond permanent exposé au niveau inférieur et à l'étage uniquement constitué de toiles d'artistes marocains modernes et contemporains. Dans l'espace aménagé au sous-sol, certaines œuvres évoquent la culture berbère en raison de leurs couleurs et de leurs compositions, d'autres font référence à des thèmes classiques de l'iconographie marocaine comme des fantasias, à l'image d'Hassan El Glaoui.

Le rez-de-chaussée abrite des expositions temporaires. Vides le jour de notre visite, ses salles avaient récemment accueilli des portraits de Goya prêtés par le musée du Prado. Giacometti ou César sont aussi passés par là grâce à des événements de qualité qui ont parfois tourné dans les capitales européennes.

A l'étage, c'est l'artiste américain vivant en France JonOne qui est mis à l'honneur lors de notre passage dans les lieux. Il a peint la tour de la bibliothèque nationale voisine. Il confesse puiser une large part de son inspiration dans le Maroc. Très influencé par le street art qu'il pratiquait à ses débuts, il réalise au Maroc une de ses plus grandes créations. Cet événement a été rendu possible grâce à la fondation Montresso, acteur incontournable de l'art contemporain au Maroc.

JonOne côtoie au dernier étage les galeries constituant une exposition permanente retraçant l'évolution de l'histoire de l'art marocaine depuis le 19e siècle jusqu'à nos jours tout en reprenant des classiques marocains situés au niveau inférieur. L'évolution d'un art national est ainsi montrée et classée en fonction des influences et des tendances. A noter que deux toiles de Majorelle font partie de ce parcours esthétique réussi.

Il est possible d'aller se restaurer ou de prendre un verre dans le restaurant du café. On peut aussi flâner dans la boutique du musée qui offre de beaux souvenirs de cette visite très intéressante.

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