Exposition Tandao Ando au Centre Pompidou : quand l'architecture devient organique

L'architecte japonais Tandao Ando a été l'objet d'une monographie au Centre Pompidou fin 2018. Retour sur cette exposition réussie valorisant un architecte qui œuvre pour la réconciliation de la nature avec la culture.

Tandao Ando est un architecte japonais de renommée internationale auquel le centre Pompidou a rendu hommage le temps d’une exposition. Les rétrospectives dédiées aux architectes sont désormais devenues une tradition bien rodée et récurrente pour Beaubourg. Les grands maîtres comme Bernard Tschumi ou Franck Gehry ont ainsi été célébrés voilà quelques années.


Dans le cadre de cette exposition, on découvre dans un parcours thématique, quasi chronologique et linéaire le cheminement d’un autodidacte qui a produit et continue à proposer un cheminement intellectuel et plastique singulier. Dans une introduction composée d’esquisses et d’une carte, on apprend que le jeune Tandao Ando a appris l’architecture en voyageant en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique. Une vidéo où le bâtisseur s’exprime, passage obligé de toutes les précédentes monographies, complète ce premier acte. 

Le visiteur est juste après transporté dans les premiers projets d’habitat se voulant novateurs via des maquettes. S’ensuivent des réalisations ou des pré projets restés dans les cartons d’infrastructures muséales, de bibliothèques, le tout via des maquettes accompagnées d’explications sur les théories qui guident l’action du créateur nippon, à savoir la possibilité pour les individus de s’approprier l’espace public inclus dans ses constructions. 

Mais ce sont surtout les deux séquences ultérieures qui confèrent à l’exposition tout son intérêt. Contrairement à de précédentes monographies ennuyeuses, celle-ci sort du lot. Est-ce du au caractère intrinsèque des créations de Tandao Ando ? Probablement. Le focus remarquable réalisé à grands renforts de maquettes de grande qualité sur ses contributions futures et passées pour les lieux abritant les collections de François Pinault mérite à lui seul la visite. Le projet de réhabilitation de la bourse du commerce située non loin de là est ainsi décortiqué tandis que les sites vénitiens ayant déjà bénéficié du coup de patte de l’architecte sont explicités de manière didactique. S’ensuivent différentes vidéos liées à des maquettes et même une salle dédiée se consacrant au concept d’architecture organique développé par Tandao Ando dans de nombreuses îles japonaises afin de les redynamiser. En édifiant diverses institutions culturelles parfaitement intégrées et très végétalisées au relief tourmenté de ces territoires insulaires. La succession de formes géométriques offrant des possibilités de placettes, jardins et la faible élévation de l’ensemble élévation apparaissent comme un leitmotiv précis et efficace. 

Cet hommage à Tandao Ando est sans aucun doute la meilleure exposition du genre réalisé à Pompidou ces dernières années. Elle réussit là où d’autres ont échoué dans sa capacité à rendre le présent onirique via une architecture respectueuse de la nature.

 

 

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