Open ended now : une exposition du MAC VAL où l'art est participatif

Le MAC VAL honore l'artiste Melanie Manchot. Les visiteurs, tout comme ceux qui ont participé aux œuvres audiovisuelles, sont amenés à s'exprimer à travers la danse dans le cadre de cette exposition.

Depuis le 20 octobre et jusqu’au 24 février de l’année prochaine, le MAC VAL, Musée d’Art Contemporain du Val de Marne situé à Vitry-sur-Seine, accueille la première grande exposition monographique consacrée à l’artiste allemande vivant à Londres Melanie Manchot. Dénommée « Open-ended now », l’exposition repose sur plusieurs installations vidéo réalisées entre 1998 et 2018 qui permettent de pénétrer dans l’univers singulier, festif et globalement positif que l’artiste propose. La scénographie utilisée pour construire l’exposition se compose de multiples salles de projections évoque immanquablement un vaste plateau de tournage. Déjà passée par le MAC VAL à l’occasion du colloque PARTICIPA(C)TION organisé par cette institution en 2013, Mélanie Manchot se positionne dans une perspective artistique centrée par l’implication des groupes d’individus. Or, les vidéos qui sont données à voir au visiteur ne dérogent pas à cette règle. Souvent équipé de casques audio, le spectateur est immergé au sein de projections qui l’incitent à danser et à prendre en quelque sorte part à l’œuvre. Le contenu des vidéos se place sur le mode de la performance en mettant souvent en scène des groupes dans le cadre de chorégraphies, de fêtes, de manifestations à la manière de kermesses évoquant le music-hall ou de rassemblements de foules. Un sentiment d’allégresse, de convivialité, de proximité se retrouve dans la quasi-totalité des projections qui présentent une portée participative.


Dans le cadre de la vidéo Dance (all night, London), le spectateur est ainsi transporté au cœur de plusieurs rues de la capitale britannique. Des groupes de danseurs professionnels originaires de l’East End y déambulent via des mouvements évoquant différents types de rythmes. On met pour finir les pieds dans une gare londonienne où une performance de grande ampleur est organisée. On retrouve les rues de la métropole anglaise dans l’œuvre Celebration (cyprus street) ; mais cette fois-ci dans un quartier de l’est londonien où une fête de quartier bat son plein. Paris n’est pas en reste avec Dance (all night, Paris) tournée à l’occasion de la Nuit Blanche 2011 où plusieurs styles de musique sont interprétés dans une cour d’école illuminée de lampions façon guinguette. Le travail de Mélanie Manchot offre l’image d’une aventure commune entre des individus aux parcours et aux origines diverses à travers différents paysages urbains. Des lieux plus insolites sont abordés à l’image de la central motorway de Newcastle, une sorte de voie express façon périph’, qui voit défiler un groupe de joggers acrobatiques. Il en va de même dans « cornered star » où un étalon se retrouve dans une atmosphère lisse, uniforme et bétonnée exprimant un contraste saisissant entre la nature et la ville. Le sommet de cette introspection socio-urbaine rythmée par les groupes réside dans la vidéo Walk (square) tournée en Allemagne. Un millier d’enfants de toutes origines est rassemblé à Hambourg dans ce qui ressemble à une manifestation pacifiste. L’envie de joindre cette communauté dans ce moment d’harmonie et de communion dépassant les clivages se fera sans doute jour chez certains. Les enfants traversent ensuite la ville, à la façon d’une marche.


Si la danse et les groupes occupent une place importante dans les audiovisuels qui sont donnés à voir, des scènes plus intimistes et individualistes comme le fait de dormir (The dreamcollector tourné dans des parcs de Mexico en 2008), de donner un baiser (vidéo For a moment between strangers de 2001) ou de se dévêtir (Security 2005) sont également diffusées via une approche esthétique rigoureuse.
Les plus jeunes seront vraisemblablement ravis par l’omniprésence de l’image et du son. Ils seront peut-être moins inhibés que les plus âgés pour ce qui est de danser et d’exprimer leurs sentiments face aux œuvres. On ressort généralement de cette exposition le sourire aux lèvres. Cela laisse entendre que la production artistique, ici des performances filmées, peut relier les hommes autour d’un projet créatif valorisant et partagé au niveau de ceux qui ont fabriqué ensemble le contenu, une certaine idée de l’universalisme ou du transculturalisme en somme, voire de la démocratisation culturelle. Le public qui reçoit ces créations n’est pas en reste. Les regards pétillants et les attitudes parfois joviales d’autres visiteurs se positionnent aussi dans ce registre de l’échange, une véritable séance d’art thérapie à consommer sans modération, espérons un jour prescrite par les médecins, comme cela semble être le cas au Québec.

 

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