Jean-Claude Mailly rejoint ses maîtres

paru dans Révolution n°27

Il y a des trahisons discrètes. JeanClaude Mailly, lui, a choisi d’y aller franchement. Après avoir dirigé le syndicat Force Ouvrière pendant 14 années, il a quitté cette organisation de salariés pour rejoindre une structure patronale, Alixio, comme « conseiller ».

Alixio est une « société de conseil » dirigée par Raymond Soubie, un réactionnaire qui a travaillé avec Chirac, Balladur, Fillon et Sarkozy. C’est un « spécialiste des relations sociales » – entendez : un spécialiste des négociations et conciliabules discrets, à l’abri des regards, avec les dirigeants syndicaux. Il y pêche des informations, conseille, cajole et corrompt. Son rôle : participer (à sa manière) au contrôle des luttes sociales, pour qu’elles n’aillent pas « trop loin ». Par exemple, c’est un grand admirateur des « journées d’action » syndicales sans lendemain.

Des années durant, Soubie a conseillé Mailly (et d’autres) sur les meilleurs moyens de contrôler le mouvement ouvrier. Juste retour des choses : Mailly va désormais conseiller Soubie.

Mailly ne doit pas être considéré comme une exception, comme le « mouton noir » du syndicalisme ouvrier. Il n’est que la face émergée de l’iceberg bureaucratique. Plus on monte dans la hiérarchie des organisations syndicales, plus il y a de modération, de pantouflage et de carriérisme. La trahison flagrante de Mailly doit sonner comme un appel à nettoyer les directions syndicales, pour y placer des camarades désintéressés, combatifs, entièrement dévoués à la classe ouvrière et à ses luttes. Au vu de ce que prépare Macron, on en aura besoin !

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