LE PATISSIER et le FINANCIER ( ex)

L'approche d'une consultation électorale politiquement incertaine et la crainte des ravages dus à l'abstention suscitent les initiatives plus ou moins habiles d'hommes politiques, mais également de simples citoyens. Il est évident que le premier tour des élections départementales qui se déroulera le 22 mars prochain présente un risque important pour le parti en place, celui de voir ses électeurs oublier le chemin des urnes, et tous autres opposants, ou déçus d'une ligne politique incompréhensible ou même inadmissible, venir corriger ses dirigeants. Au nombre des déçus figureront certainement des citoyens anéantis par les annonces des dispositions désastreuses de la loi dite "Macron" passées en force d'un 49-3 et encore en discussion au Sénat. On pourrait penser que la déconvenue du ministre l'aurait incité à quelque modestie en ces temps incertains, mais ce serait sans compter sans sa famille. Il se trouve qu'Emmanuel MACRON a épousé Brigitte TROGNEUX, fille d'un confiseur amiénois, dont le frère Jean Alexandre TROGNEUX poursuit le commerce, et se trouve donc son neveu. Sans vouloir bien entendu semble-t-il soutenir son jeune oncle, mais pour inciter les amiénois à aller voter, le pâtissier TROGNEUX a lancé une campagne de presse ( http://www.courrier-picard.fr/region/elections-pour-faire-baisser-l-abstention-le-ia0b0n537848) dans laquelle il propose d'offrir un macaron à toute personne pouvant justifier avoir voté le 22 mars. Pour marquer la cuvée l'emballage sera frappé d'une cocarde tricolore. Tout un chacun ne manquera pas ainsi d'associer le délicieux produit au nom du ministre au goût jugé amer par certains. Le pâtissier s'en est ému ( " Un vote, un Macron ? « Il n’en est rien, mais je l’ai quand même mis dans la confidence avant de lancer l’opération, et il trouve l’idée plutôt bonne. » Je ne sais qui, de l'idée ou de la pâtisserie, sera la meilleure, mais on ne peut s'empêcher de penser que dans la famille TROGNEUX -MACRON on conserve le sens de l'intérêt général et celui de ses propres affaires. On ne peut cependant parler de corruption. En effet, la plupart des dégustateurs du macaron républicanisé pourraient avoir préalablement voté contre le parti auquel Emmanuel MACRON est apparenté.

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