"Monsieur le président, ce sera le fruit de notre évolution."

 “Ce ne sera pas une révolte, Mr le président, ni même une révolution.
Ce sera le fruit de notre évolution.”

Monsieur le président,
Nous ne sommes pas « en guerre ».
Plus que jamais, à l’heure où des systèmes archaïques, obsolètes s'effondrent, je crois que nous aspirons au renouveau et à la PAIX pour toutes et pour tous. A  la liberté, à l'équité (que je préfère à l'égalité) et à la fraternité.
Plus que jamais, nos fragilités d’humains nous rassemblent, plus que jamais, nous sentons, dans nos chairs, la réalité de notre interdépendance et le pouvoir immense de nos ressources humaines quand elles sont mises en commun.

Nous ne sommes pas non plus « en faillite », ni « en dette ».
Nous ne croyons plus à vos discours d’austérité, monsieur le président; à vos serrages de ceinture qui ne s'appliquent pas à celles et ceux qui voient leur poches exploser de croissance jusqu'à l'obscénité.
Nous ne souhaitons pas travailler plus dur et plus longtemps pour rembourser VOS dettes.
Ni nourrir les dividendes de vos amis milliardaires, banquiers et grands actionnaires.

À l’heure où la chute de VOTRE économie se profile à l'horizon , plus que jamais nous saute aux yeux que NOS richesses à nous existent dans le monde réel.
Nos richesses ne sont pas dans le délire virtuel de votre argent monnaie, de votre argent dette qui nous paralyse et nous asphyxie depuis des lustres. Elles sont bel et bien dans nos mains, nos bras, nos intelligences, nos connaissances, nos talents, nos compétences multiples .
Elles sont dans nos terres, nos rivières, nos océans, nos forêts.
Elles sont dans nos solidarités humaines; dans nos capacités à créer et à prendre soin les uns des autres. Plus que jamais, nous saute aux yeux que nos richesses sont abondantes et que ce sont vos courses aux profits sans limite qui nous les épuisent et nous les détruisent chaque jour.
Plus que jamais, nous aspirons à la reconnaissance, à la protection et à la préservation de ces richesses, de nos valeurs et à leur répartition juste et équitable pour toutes et tous. Sans plus laisser personne sur le bord de la route.

Mr le président, nous ne vous laisserons plus mettre les profits au centre de nos services publiques, de nos hôpitaux, de nos Ehpad, de nos écoles et de nos universités, de notre recherche, de nos transports, au centre de nos ressources vitales...(La terre, l’eau, l’énergie).

Nous avons joué le jeu des confinements (si si, plus ou moins; point de culpabilité, s'il vous plait); le jeu des masques jusque sur les visages épuisés de nos enfants; le jeu des fermetures non essentielles qui font le lit des "profiteurs de guerre" et, déjà, nombreux sont ceux qui, pour payer le prix de cette paix si précieuse, se plient devant votre stratégie vaccinale dont les couacs ne sont plus à discuter.
Je suis éberluée de tant d'obéissance. 
A première vue, on pourrait croire, Monsieur le président, que vous régnez en maître.

Et pourtant, pourtant, il me semble que l'Histoire ne fait que commencer.
Surtout, n’imaginez pas que tout cela nous aura finalement endormi, ramolli, affaibli.
J’ai confiance que, pour la plupart, nous avons pu respirer, souffler, nous informer.
En sortant de la course au hamster et des hypnoses collectives dont vous avez le secret, nous avons peut-être même pu commencer à penser. Et je me dis que ça peut tout changer.

Le peuple, ces gens, ces « riens » comme vous nous avez appelés...les gens ont enfin le temps de penser.
Subtilement, solidement, parfois silencieusement, les esprits se réveillent et de-ci, de-là, s'entraident et se rassemblent.
Le peuple pense, Mr le président. Cela pourrait vous faire trembler.

Rassurez-vous, quand nous allons sortir de ce que vous nommez « la guerre », « la crise » (car vous favorisez le langage de la peur), nous ne serons pas « en marche » pour vous obéir à vous, à vos banques, vos lobbies, vos labos pharmaceutiques, vos patrons de la haute finance .

Mr le président, soyez tranquille...cela se vivra sans violence
Nous marcherons tous ensemble, unis, calmes, solidaires, pacifiés.
Et tellement heureux de prendre l’air.
Nous pleurerons nos morts ensemble et célébrerons le fait d’être vivants.

Il y aura bien quelques "énervés" (après une tel enfermement, on peut comprendre), mais nous serons tellement nombreux et déterminés dans nos maturités et nos sagesses qu'ils seront contenus par notre calme et notre présence, vous verrez.
Nous sommes intelligents, patients, résilients, Monsieur le président.
Vous n’aurez pas à sortir l’artillerie de vos répressions brutales.
Vous n’aurez pas à nous moraliser ni à crier au scandale.

Car ce ne sera pas une révolte, Mr le président, ni même une révolution.
Ce sera, tout simplement, au sortir du printemps, le fruit sain et naturel de notre évolution.

Muriel Gorius - (Réécrit le 20/01/2021 à partir d'un billet d'avril 2020.)

Solidarité Terre Solidarité Terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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