Il me semble que cette nouvelle année est un bon moment pour dire ce que j’ai pensé du Club. D’abord, et avant toute chose, j’y ai lu de très bons textes parfois même de très grands textes,
On y trouve de tout : de la philosophie, de la psychanalyse, de la sociologie, des réflexions issues de centres de recherche, des méditations plus personnelles, des histoires de vie, des trajectoires cabossées, des coups de gueule bien frappés. J’ai toujours pensé, et dit, que le Club était une richesse. D’ailleurs, « des extérieurs » ne se privent pas de le lire, et même d’y capter ce qui peut être rentable ou négociable .
Bien entendu, je regrette cette sempiternelle mise en avant de certains billets qui collent un peu trop bien à la ligne directrice du journal, au détriment d’autres. Combien de textes redondants, usés jusqu’à la corde, passent devant des contributions réellement novatrices, éclairantes. Je pense à un texte d’hier, absolument remarquable, qui s’est fait doubler par du déjà-vu, du déjà-lu, du déjà-entendu à longueur de temps.
Le Club, c’est le miracle de la différence. Un savoureux mélange qui donne ce parfum incomparable des nourritures venues d’ailleurs. Et je dois dire que la liberté y est totale, dans le respect des règles qui prévalent, ce qui mérite d’être répété. Pratiquement plus aucun média n’ose franchir ce grand pas démocratique. La démocratie ne se fabrique pas seulement dans les grands hôtels, les palaces ou les réunions d’élus. Elle se fabrique aussi, et surtout, dans la rue, dans la confrontation, dans le droit de publier et de tenir boutique.
Si le Club tient encore debout, c’est parce que des voix diverses s’y croisent, s’y frottent, s’y répondent, et parce que ce journal ose encore prendre le risque de nous donner la parole. C’est un petit laboratoire démocratique que bien des médias n’osent plus maintenir. Alors continuons : écrivons, discutons, Au fond, le Club n’est rien d’autre qu’un espace où chacun apporte sa pierre, son souffle, sa colère ou sa douceur. C’est cette pluralité qui fait sa force. Tant que cette liberté-là demeure, Mediapart restera un lieu rare : un endroit où la démocratie continue de se fabriquer, mot après mot, billet après billet.
Ps: Pour refaire nation, il faudra ouvrir des espaces de paroles, mais aussi des espaces de rencontres, de joies, d'échanges. Le capitalisme à horreur de tout ça.
Photo: depuis le 29 juin 2025, notre confrère Christophe Gleizes, journaliste pour Society et So Foot, est emprisonné en Algérie.Nous ne l’oublions pas et réclamons sa libération.