Les logiques qui gouvernent aujourd’hui ne tuent pas par haine, mais par indifférence. C’est plus froid, plus efficace. Hier, on tuait des indiens, des amérindiens , des inuits, on justifiait l’extermination en disant : ils ne vivent pas comme nous, ils ne mangent pas comme nous, ils ne prient pas comme nous. L’esclavage reposait sur la même fiction : déshumaniser pour exploiter.
Aujourd’hui, ce n’est plus l’idéologie qui tue, c’est l’abandon. Quand les urgences ferment. Quand des malades passent des journées entières sur des brancards dans des couloirs par manque de place. Quand un médecin vous propose un rendez-vous dans trois semaines, un dentiste dans un an. Quand des EHPAD facturent 4 800 euros par mois pour ne plus nourrir correctement leurs résidents. Quand les paysans s’effondrent sous les dettes, quand les pesticides tuent, quand la solitude enferme et marginalise.
Quand les plus précaires deviennent des dossiers à sanctionner plutôt que des vies à soutenir. Tous les signaux sont au rouge. Platon, déjà, rêvait d’une cité débarrassée de ses enfants handicapés. Aujourd’hui, ce n’est plus la falaise : c’est l’algorithme, la procédure, la file d’attente interminable. Une vie humaine ne pèse plus lourd face à une marge, un costume hors de prix, un tableau Excel.
Pour l’instant, ce sont encore des humains qui décident des sanctions. Un jour, ce sera une interface, une IA comme on dit : vous n’aurez plus personne au bout du fil. Ce n’est pas un complot. C’est pire: c’est une mécanique. Une civilisation qui laisse mourir sans même s’en rendre compte, ou par un simple calcul qui refuse de se montrer au grand jour.
Un jour disait un psychiatre connu, ils nous extermineront .
Ps: compte tenu de la gravité du sujet, j'ai retenu mon propos.