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Mustapha Ait larbi

Intellectuel dubitatif. Guitariste a l'occasion. Né Algérien par hasard ce, comme les Français. Par hasard !

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Billet de blog 9 janvier 2026

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Trump et ses épiciers ne feront pas la loi.

Dans un monde interdépendant où chaque puissance a besoin des autres, céder à la panique revient à s’affaiblir soi‑même. L’Europe n’a aucune raison de trembler : elle dispose des moyens, du poids et de la légitimité nécessaires pour défendre ses intérêts. Encore faut‑il qu’elle sorte de sa culture de la peur, de la suffisance, et qu’elle se mette enfin à penser avec sang‑froid.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les États‑Unis dépendent largement de l’Europe, tout comme l’Europe dépend des États‑Unis. Cette interdépendance n’est pas un signe de faiblesse, mais un fait structurel du monde moderne. L’Europe dispose de leviers puissants, qu’il s’agisse de ses normes, de son marché intérieur ou de ses droits de douane. La vraie question est simple : saura‑t‑elle agir de manière cohérente et unie ? C’est même l’occasion ou jamais.

Aucun pays industrialisé ne peut aujourd’hui se passer des autres. La mondialisation a créé un tissu économique où chacun produit ce que l’autre ne fabrique pas. Les chaînes de valeur sont imbriquées, les économies interdépendantes. Et lorsqu’une catastrophe majeure survient, même les nations les plus puissantes finissent par avoir besoin de leurs partenaires.

C’est précisément pour cela qu’il faut cesser la panique. La panique brouille le jugement, pousse à des réactions impulsives et affaiblit ceux qui s’y abandonnent. Ce dont l’Europe a besoin, ce n’est pas d’agitation, mais de lucidité. Penser plutôt que réagir. Comprendre plutôt que s’affoler. Utiliser ses atouts plutôt que se croire démunie.

Le monde n’est pas un champ de bataille où le plus bruyant l’emporte. C’est un système complexe où la stabilité dépend de la capacité des acteurs à garder leur sang‑froid. L’Europe n’a pas à se laisser dicter sa conduite par la peur. Elle doit au contraire montrer qu’elle sait analyser, décider et agir avec sang‑froid.

C’est justement dans ces moments de tension qu’on distingue les puissances matures des puissances fébriles. Les premières analysent, évaluent, ajustent. Les secondes s’agitent, crient au danger, se laissent entraîner par l’émotion. L’Europe n’a rien à gagner à se comporter comme une puissance fébrile. Elle doit au contraire montrer qu’elle sait garder la tête froide, même lorsque d’autres cherchent à imposer leur tempo.

La panique est une stratégie pour ceux qui veulent affaiblir l’adversaire sans tirer un seul coup. Faire croire que tout s’effondre, que tout dépend d’eux, que sans leur bénédiction rien n’est possible. C’est une illusion. Une illusion qui ne fonctionne que si l’on accepte d’y croire. Or l’Europe n’a aucune raison d’y céder. Elle possède un marché immense, une capacité d’innovation considérable, une influence normative unique au monde. Elle n’est pas un figurant dans l’économie mondiale, elle en est l’un des piliers.

Penser, c’est reconnaître ces forces. Penser, c’est comprendre que l’interdépendance n’est pas une faiblesse mais un équilibre. Penser, c’est refuser de se laisser intimider par des discours alarmistes. Penser, c’est se rappeler que les relations internationales ne sont pas un concours de cris, mais un jeu d’intérêts où la maîtrise de soi vaut souvent plus que la démonstration de force.

L’Europe doit donc avancer avec calme, détermination et cohérence. Elle doit parler d’une seule voix, non pas pour s’opposer systématiquement aux États‑Unis, mais pour rappeler que le partenariat n’est pas la soumission. Que la coopération n’est pas l’obéissance. Et que le respect se gagne en restant debout, pas en se laissant impressionner.

Ps : les politiques ont cultivé une culture du mensonge, de la peur, de la névrose d'angoisse. Aujourd'hui nous en payons le prix dans pratiquement tous les domaines. Simple rajout pour mieux comprendre.

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