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Mustapha Ait larbi

Intellectuel dubitatif. Guitariste a l'occasion. Né Algérien par hasard ce, comme les Français. Par hasard !

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Billet de blog 19 janvier 2026

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J’avais tout vu, tout bu, tout écrit, tout vomis aussi.

Pour des lecteurs qui se reconnaîtront, j'écris depuis le désert.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Alors, comme Monod, j’ai pris la tangente. Je suis parti dans le désert, le seul endroit qui pouvait encore m’accueillir sans me juger. J’ai laissé derrière moi le bruit, la fureur, les passions minuscules d’une société qui confond vitesse et vie. J’ai troqué les vitrines pour le sable, les notifications pour le vol lent des rapaces.

Après un mois à vivre sans rien dans une forêt, après quarante jours sur un voilier à me nourrir presque exclusivement de la mer, me voilà dans cette immensité nue, à griffonner des idées et des petits dessins sur un calepin. Le désert est une ardoise magique : tu écris, le vent corrige, le soleil relit, et la nuit efface. Rien ne s’accroche, tout recommence.

Certains, à l’heure de la retraite, s’offrent des croisières de luxe, des résidences secondaires ou des camping-cars dernier cri. Moi, je me suis offert la paix. Le droit à la paresse. La fin de la consommation sans fin. Ce n’est ni noble ni idiot, c’est simplement un choix. On n’emporte rien à la fin de la course, alors autant voyager léger.

On l’a tant répété : ce n’est pas la destination qui compte, mais la beauté des chemins. Et pourtant, il existe des destinations sans soleil qui sont merveilleuses. Des lieux où l’on ne va pas pour briller, mais pour se retrouver. Des lieux où l’on ne cherche rien, et où l’on finit par tout trouver.

C’est là, dans cette nudité minérale, que j’ai compris que le billet doux que certains lecteurs réclament   n’est pas une déclaration. C’est un murmure.

Un murmure qui dit : ralentissez.Respirez.Quittez un instant la course des autres pour retrouver votre propre pas.Aimez ce qui ne s’achète pas.Aimez ce qui ne s’emporte pas.Aimez ce qui reste quand tout le reste s’efface.

Le désert m’a appris une chose simple : parfois, le plus beau des mots est humanité, et il tient dans un silence qui ne fait peur à personne.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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