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Intellectuel dubitatif. Guitariste a l'occasion. Né Algérien par hasard ce, comme les Français. Par hasard !

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Billet de blog 19 janvier 2026

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La violence du concentrationnaire

Quand le chat est parti, les Houris dansent..Réflexion d'un caqueux* le cul dans le fesh-fesh On nous demande de changer pour sauver le monde, mais on nous pousse à continuer pour sauver le système.....Georges Bataille, toujours.

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Illustration 1

La scène mondiale ressemble de plus en plus à un théâtre de pantin où chacun joue sa partition de puissance. Certains dirigeants imposent leurs décisions comme des coups de boutoir, et l’Europe encaisse, inquiète, déjà fragilisée par des dépenses publiques mal maîtrisées. Trump brandit des hausses de droits de douane comme des menaces, alors même que les nations dépensent des milliards dans des gabegies qui n’enrichissent personne. L’argent ne manque pas : il circule, mais rarement là où il devrait.

En Iran, les mollahs répriment et massacrent la population au nom de récits officiels qui masquent mal l’épuisement d’un pays.  Allah est à la ramasse. La Russie poursuit sa guerre contre une Ukraine qui cherchait à s’affirmer sur la scène internationale, tandis que d’autres dirigeants occidentaux tentent de préserver une image maîtrisée malgré les crises qui s’accumulent. Pendant ce temps, les peuples, eux, s’essoufflent.

Les médias, dans ce chaos, trouvent matière à alimenter un flot continu d’actualités spectaculaires. Le sensationnel devient une ressource, une sale marchandise. Il faut vendre, toujours vendre. Le nerf de la guerre reste l’argent, et nous sommes tous enrôlés dans une bataille permanente : contre la vie chère, contre les décisions politiques qui divisent, contre la dégradation des services publics, contre l’impression d’un monde qui se contracte.

Car nous vivons  l’ère du « concentrationnaire ». Plus la modernité avance, plus tout se concentre : les richesses dans les mêmes mains, les médias sous le contrôle de quelques grands groupes, l’eau captée dans d’immenses réserves artificielles destinées à servir les intérêts de quelques-uns. Les nations se font la guerre pour l’argent, alors que l’argent ne manque pas. Ce n’est pas la rareté qui crée les conflits, mais l'abondance, et la concentration des richesses. 

Cette logique d’accumulation donne parfois l’impression d’un capitalisme qui tourne à vide, incapable de produire autre chose qu’un déséquilibre toujours plus profond. Cette dynamique de concentration n’a rien de nouveau. Georges Bataille * l’avait déjà analysée : pour lui, les sociétés humaines ne sont pas seulement organisées autour de la production, mais aussi autour de la dépense, de l’excès, de la violence. Il montrait que les nations se battent non parce que les ressources manquent, mais parce qu’elles sont accaparées, mal distribuées, ou transformées en instruments de pouvoir.

Nous sommes en guerre contre tout et contre tous, non par manque, mais parce que nous sommes trop riches. Essayons  de comprendre, au lieu de nous réfugier dans une culture usée qui ne répond plus à rien.

Ps: les camps de concentration incarnent l’un des visages les plus extrêmes du désordre humain,  non pas un chaos spontané, mais un ordre froid, méthodique, mis au service de la destruction. C’est une image qui dépasse la simple idée de désorganisation : elle parle de l’inhumanité organisée, de la rationalité pervertie. Georges Bataille, justement, voyait dans ce type de violence une forme d’« excès »,  une dépense monstrueuse de vie, de souffrance, de pouvoir. Ce n’est pas le désordre qui règne dans ces lieux, mais une logique glaciale, concentrée, qui pousse l’ordre jusqu’à l’horreur.

* Caqueux: race misérable .

* Georges Bataille: la part maudite.

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