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Il fut un temps où le Rassemblement National apparaissait comme un corps étranger dans le paysage politique français, toléré mais marginalisé, constamment rappelé à ses origines sulfureuses. Aujourd’hui, la métaphore du poisson dans l’eau illustre une réalité bien différente : le RN évolue désormais avec aisance dans un environnement qui lui est devenu favorable.Une normalisation progressive, la banalisation du RN s’est opérée au fil des années. Ses thèmes de prédilection, immigration, sécurité, pouvoir d’achat, se sont imposés dans le débat public, repris par d’autres formations politiques et amplifiés par une partie des médias. Ce glissement a permis au RN de se présenter non plus comme une force contestataire, mais comme une alternative crédible..Une institutionnalisation dorénavant assumée.
La présence du RN dans les institutions, qu’il s’agisse de l’Assemblée nationale ou de municipalités, renforce son statut d’acteur politique ordinaire, de normal. Ses élus participent aux débats, déposent des amendements, et s’inscrivent dans le jeu parlementaire. Ce rôle institutionnel contribue à effacer l’image d’un parti en marge. Le RN à peaufiner sa stratégie d’adaptation
Comme un poisson qui s’ajuste à son milieu, le RN a su adapter son discours et son image. Le parti se présente désormais comme défenseur des classes populaires, protecteur des territoires oubliés, et porteur d’une critique sociale qui dépasse la seule question identitaire. Cette stratégie lui permet de séduire des électorats variés, au-delà de son socle traditionnel.Les enjeux démocratiques sont menacés, car cette aisance interroge. La normalisation du RN ne se limite pas à son propre succès : elle révèle aussi les faiblesses des autres forces politiques, incapables de proposer un contre-discours suffisamment audible et mobilisateur. Elle pose la question de la vitalité démocratique et de la capacité de la société française à résister à une logique de repli. La gauche n’à plus de penseurs intellectuels, c’est tragique.La gauche ne connaît plus la rue, plus le monde ouvrier, plus la peine, plus les fins de mois le 15 du mois. C'est Frédéric London à toutes les sauces mais, on est loin du compte.
En somme, le RN nage désormais dans des eaux qu’il connaît et maîtrise, porté par un courant qui lui est favorable. Mais cette fluidité politique n’est pas sans conséquences : elle oblige à repenser les stratégies de résistance, à réinventer un récit collectif capable de rivaliser avec celui qu’il impose. C'est pourtant pas compliqué.
Ce baromètre " poisson " est un avertissement clair : sans projet commun crédible, fiable, généreux sur l’emploi, les salaires, l'environnement, les services publics, la justice sociale, le rôle de la police, la voie royale risque de s’ouvrir pour l’extrême droite. Freud* avait prévenu.
* Malaise dans la civilisation: Sigmund Freud.