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Billet de blog 29 novembre 2025

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L’essence du vide / Les sens du vide

La journée du samedi 29 novembre 2025 touche à sa fin. Dans cette nouvelle chronique, je vous livre une (petite) pensée sur la politique, les médias et la citoyenneté depuis mon quartier à Besançon. Bonne lecture à vous, si vous passez par-là ;)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Besançon, Palente, 29 novembre 2025 – 22 h 03

J’entame ces nouvelles chroniques sans trop savoir où elles me mèneront. Témoigner depuis mon quartier populaire bisontin de la vie civile, telle qu’elle est vécue, ressentie, à travers mes yeux d’habitante pourrait paraître complètement vain. Peut-être que cela l’est, en effet.

Pourtant, j’ai besoin de le faire comme on a besoin de boire de l’eau. Alors, je finis par abreuver de mes mots une page aussi noire que du charbon de lettres blanches. Ainsi, chers lecteurs, vagabonds de la toile, ces textes, ces mots, ces phrases, ces frémissements trouveront-ils un chemin jusqu’à vous ? Peut-être pas, peut-être jamais. Si personne ne les reçoit, est-ce que ces chroniques auront une existence, alors même que je les écris ? Je ne sais pas. Mais si je les écris, c’est qu’ils existent déjà quelque part (?)…

Raconter le monde depuis le quartier, c’est d’abord raconter un vide, un silence, une attente. Quelque chose va venir, mais d’où pourrait-il arriver ? Sous quelle forme exactement ? Est-ce que quelque chose peut encore advenir ? Est-ce que de rien peut naître une réalité quelconque ? Est-ce qu’il y a quelque chose ?

Comme vous le voyez, peut-être, le week-end est toujours un moment particulier pour l’actualité. En principe, c’est plus calme que les autres jours. C’est le moment où l’on parle des sports, de la culture… C’est aussi la période où l’on donne la parole aux politiciens dans de grandes interviews à rallonge.

Les animaux politiques posent leur bilan des derniers jours. Ils évoquent aussi leur agenda de la semaine à venir… Tout cela se passe selon une mécanique bien huilée, répétitive, comme un travail à la chaîne. Du prêt-à-parler, du prêt-à-penser, tout cuit, tout mâché… Il ne reste plus qu’à avaler, et tant pis pour les remontées acides que les tripes auront rejetées… On s’habitue à tout, même à l’invariable avarié. Tout est bien posé, n’est-ce pas ?

Sauf le plus important, je crois. L’ESSENTIEL. Que reste-t-il à la fin de la journée, à la fin d’un mois entier ou encore au bout de l’année ? Que retiendrons-nous des motifs martelés ? De ce qui nous aura frappés, émus, dégoûtés, indignés, mis en colère, secoués, pris aux tripes, accrochés… Que restera-t-il de tout « ça » ? Que subsistera-t-il de nous, au final ? Parviendrons-nous à graver une once de mémoire, un souvenir, une promesse, un engagement, une progression quelconque ? Pascal avait donc raison, tout n’est que vanité.

Avec tout ça (tout ce vide), il y aurait pourtant de quoi être léger et insouciant, ce serait déjà « ça » de gagné. Mais on parvient quand même à se rendre lourd de superficialité. On ne parvient pas à inverser la vapeur, à impulser des politiques qui inspirent par leur brillance et toutes les qualités qu’on associe à la beauté. Le citoyen fait du surplace, il marche sur un tapis qui avance… Le malheureux pense évoluer lui aussi, alors que ce n’est que la machine qui s’active… et encore, elle tourne. Que c’est absurde !

Quelque chose de bon peut-il ressortir de tout cela ? Comment se libérer du piège de la vaine lourdeur politique ? Comment redonner de l’épaisseur à son activité ? Toutes ces questions sont en attente de réponses. L’attente, encore ?! Il n’y a pourtant qu’une seule réponse, et elle est immédiate, instantanée : il n’y a plus de temps pour les vaines paroles aseptisées : LES SENS.

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