L'étrange duplex de Ségolène Royal sur France 2

L'étrange duplex de Ségolène Royal sur France 2

Mots clés : A vous de juger, Duplex, France 2, FRANCE, Ségolène Royal

Par Jim Jarrassé
Arlette Chabot interroge en duplex Ségolène Royal... Qui se trouve en réalité à quelques mètres du plateau de l'émission.

Mardi soir, la responsable socialiste a réagi à l'intervention de Nicolas Sarkozy depuis un studio de France Télévisions situé à quelques mètres seulement du plateau de «A vous de juger».

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Il est un peu plus de 21h45, mardi, lorsque Ségolène Royal prend la parole au début de l'émission «A vous de juger», sur France 2, pour commenter l'intervention de Nicolas Sarkozy. En duplex, la présidente de la région Poitou-Charentes est la première responsable politique à s'exprimer, pendant que les quatre autres invités - François Baroin, Pierre Moscovici, Cécile Duflot et Marc-Philippe Daubresse - patientent sur le plateau. Sans indication particulière de la part d'Arlette Chabot, la présentatrice de l'émission, les téléspectateurs ont pu penser que la socialiste intervenait depuis un studio local de France Télévisions dans sa région. Las, Ségolène Royal se trouvait en réalité dans le studio des «Quatre Vérités», situé à quelques mètres seulement du plateau de «A vous de juger».

La vidéo de l'intervention de Ségolène Royal :

 

C'est le «Petit Journal» de Canal + qui a levé le lièvre, mercredi soir, en repérant le même fond rouge et blanc sur le plan de Ségolène Royal et sur celui de François Hollande, invité le lendemain matin aux «Quatre Vérités». L'ancien premier secrétaire du PS, présent sur le plateau de Canal +, a semblé surpris lorsqu'il a découvert l'étonnant stratagème. Interrogée par Lefigaro.fr, la rédactrice en chef de l'émission, Nathalie Saint-Cricq assume : «Nous avons construit l'émission en deux partie : les chefs de file des partis en duplex, et des intervenants sur le plateau. Nous ne pouvions pas accueillir tout le monde en plateau et nous voulions garantir une égalité de traitement entre les ‘leaders'. Martine Aubry ayant déjà réservé le 20h de TF1 mercredi soir, c'est donc Ségolène Royal qui a été choisie. Nous lui avons donc demandé d'intervenir en duplex, comme l'ont fait François Bayrou, Dominique de Villepin ou Marine Le Pen».

 

Le privilège des «présidentiables»

Pourquoi, dès lors, ne pas avoir interrogé Ségolène Royal dans ses bureaux, comme l'ont été ses autres intervenants ? Nathalie Saint-Cricq assure que, pour des raisons techniques, il était «plus simple» de faire venir Ségolène Royal dans les locaux de France Télévision. «France 2 avait bouclé son plateau. Ils ont voulu interroger les «présidentiables» à part, en duplex», explique pour sa part Guillaume Garot, porte-parole de l'ex-candidate à la présidentielle. «Ségolène n'a fait que se plier aux instructions de la chaîne». La rédactrice en chef de l'émission ajoute qu'un tel dispositif a déjà été utilisé pour interroger François Chérèque et Bernard Thibault lorsque François Fillon avait été invité sur le plateau. A la différence près qu'à cette occasion, les deux responsables syndicaux ne voulaient pas, en plein débat sur les retraites, intervenir face au premier ministre.

Pas sûr en tout cas que les invités présents sur le plateau aient trouvé cette façon de procéder très élégante. L'entourage de Cécile Duflot note qu'à la différence de Ségolène Royal, qui a pu s'exprimer quelques minutes seulement après l'intervention de Nicolas Sarkozy, la chef de file des Verts n'a pas eu droit à un duplex et a dû patienter pendant plus d'une demi-heure avant de pouvoir parler. Pierre Moscovici n'a quant à lui pas souhaité faire de commentaire.

 

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Par Jim Jarrassé

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