Le socialisme, ou l'Internationale de la trahison

Les socialistes belges avaient une chance historique de bloquer réellement le CETA en empêchant toute ratification en Wallonie. Ils ont tout gâché.

Mon dernier billet de blog traitait de la courageuse résistance des socialistes wallons face au mastodonte européen et à l'hydre du CETA. Ô combien me suis-je trompé.

Les socialistes belges avaient donc une chance historique de bloquer réellement ce traité en empêchant toute ratification en Wallonie. Au terme d'un suspense insoutenable de 3 jours, ils ont eu leur petit moment de gloire et ça les a manifestement contentés, car ils ont finalement débloqué la voie aux négociations du CETA, puis à sa ratification en Wallonie contre pratiquement que dalle en échange. Or, maintenant que la majorité de droite au parlement européen rend tout vote impossible à bloquer en commission et en plénière, les socialistes belges votent contre le texte.

Ça me rappelle les socialistes "frondeurs" français qui faisaient semblant de fronder tout en refusant de voter la censure du gouvernement Valls. Il n'y a qu'une explication possible : ils le font exprès ces socialistes, c'est pas possible autrement. Quelle traîtrise, quelle lâcheté, quelle compromission.

Le socialisme aujourd'hui rime avec libéralisme et technocratisme. Il fait mine de protéger les peuples des dérives du capitalisme à outrance (captation du capital par la finance, les banques et les fonds de pension, confiscation de la plupart des richesses mondiales par quelques milliardaires) tout en veillant à ne surtout rien faire de rédhibitoire à l'encontre du libéralisme. Le socialisme, c'est l'Internationale de la trahison.

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