Appel d'un groupe de citoyens syriens à tous les organismes juridiques, A toutes les organisations humanitaires:
Prière de nous aider par tous les moyens afin que Mazen Darwish, directeur du centre syrien pour l'information et la liberté d'expression, ne soit déféré devant le tribunal militaire. Cette entité n'est pas tenue par le respect des procédures judiciaires, ses jugements peuvent aboutir à la peine de mort sans le droit de faire appel.
Pour rappel, le centre syrien pour l’information et la liberté d’expression a obtenu en 2010 le statut de consultant auprès de l’ONU.
M. Mazen Darwish, président du Centre syrien des médias et de la liberté d’expression (SCM) et ses collègues
Depuis le raid mené par les services de renseignement de l’Armée de l’air sur le SCM, le 16 février 2012 à Damas, au cours duquel 16 personnes ont été arrêtées, les autorités syriennes refusent de révéler le lieu de détention de huit d’entre elles. Sept autres ont été libérées sous conditions, avec obligation de se présenter tous les jours aux services de renseignement pour interrogatoire.
Le 22 avril 2012, trois des détenus, MM. Bassam Al-Ahmed, Joan Farsso et Ayham Ghazzoul, ont été présentés devant le procureur militaire de Damas, qui les a informés qu’ils comparaitront devant un tribunal militaire pour « possession de documents interdits en vue de leur distribution », une infraction passable de six mois d’emprisonnement en vertu de l’article 148 du code pénal syrien. Le même jour, quatre des employées du CSM en liberté conditionnelle, Mmes. Yara Bader, Razan Ghazzawi, Mayada Khalil, Sana Zetani et une visiteuse et Hanadi Zahlout, ont appris qu’elles comparaîtraient également pour le même chef d’accusation. Ces huit personnes ont été transférées à la prison centrale d’Adra, à Damas.
À ce jour, il n’a pas été possible d’obtenir des informations sur le sort de MM. Mazen Darwish, Abdel Rahman Hamada, Hussein Gharir, Mansour Al-Omari et Hani Zetani, toujours détenus par les services de renseignement de l’Armée de l’air.
Selon les informations reçues, le procureur militaire a fait référence à des « enregistrements » qui étaient en possession des militants arrêtés, dans le but « d’appeler à des manifestations » contre le gouvernement. Le SCM, qui jouit du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) depuis novembre 2010, a joué un rôle clef dans la diffusion d’informations sur les évolutions quotidiennes de la situation en Syrie, dans une période où les observateurs internationaux et les journalistes était pratiquement interdits de séjour dans le pays.
L’arrestation, la détention et la poursuite judiciaire des employés du SCM apparait comme une tentative de faire taire leurs voix, alors que le gouvernement syrien continue de commettre des violations des droits de l’homme et des crimes de guerre (qualifiés par plusieurs organisations en tant que crimes contre l'humanité).
PS: Lire ICI le communiqué d'Amnesty International sur M. Darwish et ses collègues (pubié fin avril 2012).