Interview avec Waterman, membre fondateur du collectif Takriz

Qui l'eût cru? Takriz veut quitter la galaxie du Net et sortir au grand jour pour s’enrôler dans la vie politique de la cité. C’est un membre fondateur du groupe, qui l’annonçait, tout récemment, dans une vidéo publiée sur Facebook, toujours dans ce langage obscène qu'on lui connait.

Qualifié de "think-fight-tank" ou encore de "baromètre de la censure", ce collectif de jeunes anonymes, qui enrageait Ben Ali, revient à la charge. La majorité des Tunisiens découvraient ces "maquisards de la cyberdissidence", en décembre 2010, au point de bascule de la dictature. On s’en souvient, il n’y a pas si longtemps, la chape de plomb se fissurait libérant des flux d’information sur les réseaux sociaux, alors que le pays était à feu et à sang. Mais peu connaissent l’enfance de ces "contrebandiers de l’information" et leur rôle précurseur dans "l’émergence d’un nouvel espace médiatique arabe", de Tunezine à la blogosphère tunisienne en passant par Nawaat. Dès l’année 2000, ils documentaient déjà les heurs et malheurs du Bendirland par le biais d’une mailing-list. En ce temps-là, fut lancée la Campagne Censure Contre Censure (4*C), après le black-out imposé par l'Agence Tunisienne de l'Internet aux sites web et aux serveurs de Takriz. Le 12 janvier 2011 au soir, en pleine débandade du gouvernement, le groupe publie une lettre de démission épique où ils font croire que le ministre des Affaires étrangères, Kamel Morjane, avait démissionné. Quelques mois plus tard, le gouvernement transitoire ouvre une enquête, attribuant à Takriz les débordements violents du rassemblement de la Kasbah. Plusieurs de ses adhérents sont arrêtés et torturés, et sa page Facebook censurée par un jugement du tribunal militaire permanent de Tunis. Une année après, l’interdiction est levée, mais les Takrizards, traqués, se mettent en veilleuse jusqu’au 10 décembre 2017. Dans un contexte politique délétère, ce retour n’est pas anodin. Par ailleurs, il coïncide avec la candidature de l'un de leurs compagnons de route Slim Amamou (cyber-militant, secrétaire d’état à la jeunesse et aux sports de janvier à mai 2011 et membre de l'un des deux Partis Pirates), ainsi que de Yassine Ayari (ancien blogueur), à la législative partielle dans la circonscription de l'Allemagne. Il y a quelques jours, ce dernier l’emportait avec 264 voix. Dans ce changement de paysage, où des activistes comme "Manich msameh" s'imposent, Takriz entend "porter la voix des jeunes de la révolution", quitte à sortir de l'ombre. Quel sera son projet pour mobiliser les jeunes d’hier et d’aujourd’hui? Saura t-il ressouder les fractures du passé ? Qu'en pensent ses fans et ses adhérents? A la veille de leur 20éme anniversaire, nous avons interviewé Waterman, l’un des fondateurs de ce mouvement qui n'en a pas fini avec la contestation.

 Le 10 décembre 2017, vous avez publié une vidéo sur Youtube où vous annoncez votre retour sur la scène avec l’ambition de créer « un parti de jeunes ». Seriez-vous prêts à rentrer dans les rangs ?

Je ne sais pas si l’expression “Rentrer dans les rangs” nous conviendra un jour, mais effectivement nous avons annoncé notre retour avec entre autre l’ambition d'être actif sur la scène politique, et cela en ayant notre propre parti. Nous, ceux qui se sont battus, voulons le pouvoir.  Nous voulons arracher notre Tunisie des mains de corrompus, collabos et des mafieux qui se partagent le pays. Pendant plusieurs années nous n’avons cessé de critiquer, de revendiquer, de proposer des solutions concrètes. Aujourd’hui, nous avons une vision claire de la Tunisie et de ce qu’elle devrait être, et cela sur tous les plans : durant des années, nous avons eu le temps d’établir un programme présidentiel complet. Après le hold-up de notre révolution commis par les puissances étrangères et les partis politiques corrompus, nous sommes restés impuissants face à des tunisiens facilement manipulables, face à des personnes que l’on pouvait acheter pour une poignée de dollars, ou un paquet de chocotom.  Nous avions atteint nos limites face à la répression post 14 janvier et nous ne pouvions garder cette place de  leader d’opinion devant le désintérêt de nos compatriotes quant à la politique. L’idée de créer un parti politique qui véhiculerait nos idées était déjà présente avant la révolution, nous savions que tôt ou tard le parti Takriz verrait le jour, mais nous avons préféré attendre, travailler, et voir défiler tous les politiciens à la tête de leurs partis. Nous avions sans doute espéré de voir naître, dans le chaos, un parti politique patriote qui nous aurait permis de prendre notre retraite. Le seul qui aurait pu nous faire “rentrer dans ses rangs”, comme vous le dites, c’est feu Chokri Belaid avec qui nous avons entamé des pourparlers,  mais malheureusement il a lâchement été assassiné. Depuis nous avons réactivé le projet du parti pirate qui était dans les tiroirs de Takriz, depuis mars 2010, mais une suite d'événements regrettables nous a obligé à réviser nos choix. Une chose est sûre, nous voulons le pouvoir et il n’y a qu’avec un parti politique qui nous est propre que l’on atteindra notre objectif. Donc, si faire de la politique c’est rentrer dans les rangs, ma réponse est oui.  

Vous dites qu’un gouvernement de jeunes peut changer les choses. Pourtant, il y a des jeunes qui sont entrés en politique ?

Nous voulons une rupture totale avec la classe politique qui a œuvré sous Ben Ali, Bourguiba, et même sous les beys, puisque nous avons aujourd'hui un président qui a 92 ans. Nous misons sur la jeunesse qui seule a bravé les interdits et la peur du dictateur. Une jeunesse qui est sortie des mois durant dans les rues pour faire une révolution.  Nous voulons que cette jeunesse prenne le pouvoir et décide de l’avenir de la Tunisie : pas de ces jeunes corrompus entrés en politique uniquement pour faire taire toute une génération. Non, des jeunes libres. Nous ne voulons pas des jeunes d'Ennahdha, ni de ceux de Nidaa ou d’autres qui rempilent sous les ordres, nous ne voulons pas de ceux qui sont utilisés comme des pions, pour contrecarrer notre projet qui est de porter la voix des jeunes de la révolution au sein même du palais de Carthage. Vous n’avez pas cité de noms et je n’en citerai pas moi aussi, mais sachez qu’aucun jeune tunisien ayant participé activement à la révolution n’a intégré un gouvernement. Tous ceux qui ont défilé n’étaient que des opportunistes, avides de pouvoir et motivés par leur intérêt personnel et celui de leur financeur.

Suite à votre vidéo, le parti pirate tunisien a répondu à votre appel à la mobilisation. Aux dernières nouvelles, il y aurait eu deux partis pirates et vous aviez rejoint l’un deux. Puis il y a eu cette querelle avec Slim Amamou et Slaheddine Kchouk. Qu'est-ce qui s’est réellement passé ?

Tout d’abord le Parti Pirate Tunisien a été créé exclusivement par Takriz, par ses membres de 1998/2000 pour être plus précis, à savoir C.B.J., Foetus et moi-même. Comme je l’ai expliqué plus tôt, nous avions en tête de fonder un parti politique depuis 2010, et cela commençait à prendre forme sous les traits du Parti Pirate. Après la révolution, nous avons décidé d’ouvrir les portes de ce projet à tout le monde afin que cela devienne le parti de cette jeunesse 2.0. Si avant 2010 nous avions retenu la proposition de Slim Amamou de faire partie du bureau, sa collaboration au gouvernement Ghannouchi et sa présence au sein de ce même gouvernement, alors que l’un de nos membres, Mohamed Hanchi se faisait tirer dessus devant le MI un 25 février 2011, a rendu toute collaboration avec lui caduque. Pour comprendre notre position, il faut revenir aux arrestations des blogueurs qui eut lieu avant le 14 janvier. Tous étaient membre de Takriz, hormis Slim et peut être Hamadi Kaloutcha. Lors de ce casting où le gouvernement allait choisir le jeune qui représenterait la parole de l'opposition virtuelle, tous ceux de Takriz ont refusé de se vendre pour servir de pansement au pouvoir, quand je dis tous, un doute persiste tout de même concernant Slaheddine Kchouk. Slim Amamou, lui, a sauté sur l’occasion et s’est vu offrir un poste de secrétaire d’Etat. Il a de ce fait été exclu de tout projet du Parti Pirate. Le Parti Pirate international est intervenu en sa faveur, mais ma position était claire : Slim n’intégrerait le Parti que s’il démissionnait. Lorsqu’il accepta de le faire, c’était trop tard, le dossier d’agrément était déjà déposé par Sleheddine Kchouk. Le gouvernement Ghannouchi a tout fait pour nous refuser l'agrément, voulant que leur poulain barre la route à Takriz. Nous avons eu notre agrément par voie de justice. Slim s’est donc vu contraint de créer un second parti pirate pour faire diversion et créer le flou afin que le rassemblement n’ait pas lieu. Le gouvernement l’a laissé faire, alors même que l’article 7 de la loi 2011 régissant les partis politiques interdit à deux partis de porter le même nom. Nous aurions pu déposer une requête auprès du tribunal administratif pour lui supprimer son agrément, mais nous avons préféré laissé Slim et Sleh se faire mutuellement de l’ombre car nous n’avons confiance ni en l’un ni en l’autre. Cet appel que nous avons lancé via vidéo, c’est pour que les deux partis se refondent et que les deux présidents qui en ont fait des fonds de commerce personnels, cèdent leur place à d’autres personnes plus intègres et compétentes. Sleh et Slim font tout sauf de la politique. Même si nous restons pirates dans l’âme, nous n’avons d’autre solution que de créer un 3éme parti, tout en gardant un œil vigilant sur les partis pirates, puisque ce sont nos enfants.

Logo de Takriz Logo de Takriz

A l’époque, Yassine Ayari était membre du parti pirate avec Slim Amamou. Tout récemment, ils se sont présentés tous les deux aux élections législatives en Allemagne, mais c'est le premier qui l'a emporté. Selon vous, Yassine Ayari fait-il partie de « la génération qui dit non », dont vous faites votre slogan ?

Yassine Ayari n’a jamais été membre du Parti Pirate tunisien, il a été parmi le premiers à exprimer son souhait de l’intégrer, mais vu sa fragilité psychologique, il était clair qu’il ne pouvait être pirate. Nous ne lui pardonnerons jamais son mensonge concernant le Général Amar et son “homme qui a dit non” et les conséquences que cela a pu avoir sur la suite du 14 janvier. Sa fragilité a fait de lui la taupe parfaite. Nous savons tout de ses relations avec les ennemis de la révolution. Il ne peut d’ailleurs le nier, ses communications téléphoniques avec Kamel Eltayef ont été rendus publiques. Que lui et Amamou se présentent aux élections en Allemagne, ne fait pas d’eux des jeunes de la révolution. Ça me fait rire qu’un représentant du peuple soit élu par 268 personnes. C’est dire à quel point il est populaire. Au sein de Takriz, nous travaillons en équipe et croyons dans notre collectif, on ne cherche pas à gagner un siège, on cherche à créer un parti et gagner des élections. Nous préférons rester en exil et travailler pour des projets concrets que de se vendre pour une immunité parlementaire.

Certains vous reprochent toujours votre langage cru. Ne craignez-vous pas de perdre une partie de votre audience à cause de cela ?

Ceux qui nous reprochent notre langage cru nous lisent quand même, nous ne cherchons pas une grande audience nous nous exprimons librement et le contexte pourri en Tunisie fait que notre langage est pourri, cru vulgaire à l’image du pays. Ce langage cru a fait l’objet de thèse de doctorat.  C’est le langage de tous les jeunes tunisiens et c’est ce qui a permis à Takriz de passer ses messages au sein des jeunes qui ont fait la révolution. Cette forme de langage est notre marque de fabrique, notre liberté d’expression poussée à son paroxysme. Sinon nous nous serions appelé “ agacement” et non Takriz.

 Au niveau du leadership de Takriz, pourquoi il n’y a jamais eu de figure féminine, avec vous et Fœtus ?

Détrompez-vous il y a eu beaucoup de figures féminines au sein de Takriz, je dirai même que les filles ont fait bien plus que certains garçons. Les deux membres fondateurs, Fœtus et moi-même faisions fonction de leader parce que nous sommes les portes paroles, et il fallait que quelqu’un se positionne en leader pour assurer la continuité. Maintenant Takriz renait de ses cendres grâce à une takrizarde et il y en aura toujours pour que Takriz continue à exister.

Comme on le voit sur votre vidéo du 10 décembre 2017, vous continuez à faire le choix de l’anonymat. Pourquoi ?

Malheureusement dans notre pays, vous allez en prison pour un statut facebook, donc du moment où l’on reste encore sur le net, on reste anonyme. Cet anonymat permet de rester libre, et surtout permet d'éviter la récupération de TAKRIZ par X ou Y comme nous avons pu le voir avec Sleheddine Kchouk. Ne vous inquiétez pas, dès que le parti politique sera lancé, il n’y aura plus d’anonymat. 

Le site Tunisie-secret prétend connaitre l’identité des deux fondateurs de Takriz. Qu’en dites-vous ?

Si ce site prétend connaître l’identité des deux fondateurs de Takriz, il n’a qu’à fournir ses preuves.  De toute façon peu importe qui se cache derrière Fœtus ou Waterman, l’essentiel est que le mouvement Takriz continue à se battre pour la liberté d’expression, continue à travailler à proposer une alternative pour une nouvelle Tunisie telle qu’il la voit.

L’histoire de la contestation montre que le pouvoir redoute les mouvements invisibles, mais ne craint pas de traiter avec des partis d’opposition visibles parce qu'ils peut les infiltrer. Maintenez-vous votre anonymat parce que vous craignez d’être infiltré ?

Nous avons maintenu notre anonymat pour que ceux qui nous suivent s’attachent à une idée à  une mentalité pas à une personne ou un leader, pour parler librement et finalement pour nous protéger et protéger nos familles, zouhayer a payé de sa vie, d’autres que vous ne connaissez même pas, si takriz n’était pas anonyme on ne serait pas encore là pour fêter nos 20 ans. Et pourtant on a été infiltrés, persécutés torturés et exilés et au jour d’aujourd’hui la question se pose encore : faut-il faire tomber l’anonymat ? Je dirais que oui je ne pourrais plus rester anonyme pour lancer le parti Takriz, donc oui vous verrez bientôt Waterman sous sa vraie identité.

Si vous allez fonder un parti, vous serez obligé pourtant de vous dévoiler?  

Oui, espérons que les autres takrizards suivent, mais je pense que c’est déjà le cas de pas mal d’entre eux.

En 2012, le tribunal militaire de Tunis a levé la censure sur votre page facebook. Mais vous vous êtes éclipsé. Pourquoi ? Qu’avez-vous fait entretemps ?

Le tribunal militaire a levé la censure sur notre page facebook, mais les poursuites judiciaires n’ont jamais cessé, les membres sont traqués jusqu’à maintenant et tombent l’un après l’autre, donc beaucoup d’entre nous, lassés du combat, ont préféré se retirer, moi-même je devais repenser le Takriz. Il faut rappeler que nous militons depuis des années et c’est devenu insupportable pour nous de ne plus remettre les pieds en Tunisie, on est les oubliés de la révolution les plus détestés et les hommes et femmes à abattre. Beaucoup d’infiltrations ont déstabilisé le groupe. La dernière a été fatale puisqu’elle nous a fait perdre l’un des fondateur. Cela  nous a beaucoup affecté, et dans les en moments de crise, il faut savoir se replier pour mieux contre-attaquer, donc voilà après quatre années d’absence, et la volonté des plus farouches des takrizard et takrizardes, on ne peut que revenir.

Vingt-ans après, comment percevez-vous les moyens de contestation, avec le durcissement de la surveillance et du contrôle d’internet,  ainsi que le retour en force, un peu partout dans le monde, du pouvoir policier ?  

Comme vous le dites, le durcissement de la surveillance et du contrôle d’internet nous pousse à sortir d’internet. Voilà pourquoi le moyen de lutte le plus efficace sera le parti politique qui récupèrera le pouvoir policier afin d’en faire un bon usage, et non pas museler toutes les voix qui s’élèvent contre les gouvernements.

Zouhair Yahyaoui faisait partie de Takriz. Et il a payé de sa vie le combat pour la liberté qu’il a mené à travers Tunezine. Après 2011, le jour anniversaire de son décès (13 mars 2005) est déclaré Journée nationale pour la liberté d'Internet. Cette reconnaissance officielle n’a pas changé les rapports violents entre les jeunes et le pouvoir. Comment l’expliquez-vous ?

Le décès de Zouhair est une plaie encore ouverte, ça me fait toujours mal rien que d’en parler, et tant que ses tortionnaires n’ont pas été jugés elle ne se refermera jamais, ce n’est pas une reconnaissance qui nous fera oublier sa mort, mais que justice soit faite ainsi que pour les martyrs de la révolution voilà pourquoi les rapports des jeunes avec le pouvoir resteront violents, on n’oubliera jamais les crimes restés impunis, que justice soit faite.

En 2018, Takriz aura vingt-ans. Comment comptez-vous fêter cet anniversaire ?

Nous comptons fêter nos vingt-ans en redonnant vie à notre premier site Takriz, retourner là où tout a commencé et ne pas refaire les mêmes erreurs. Nous voulons faire renaitre cette voix libre, ce think-tank, ce vivier d’opinion qui pourra parler à tout un chacun, lui donner des pistes de réflexions et lui donner envie de construire. Nous espérons être plus forts, mais surtout plus aguerris. Le site ne saurait tarder à renaitre de ses cendres, nous commençons déjà à réunir les uns et les autres autour du même drapeau : celui de la liberté d’expression.

 

A propos du retour de Takriz, un ancien cyberdissident nous confie :

 « Face à l’absence d’alternative, cela ne fait que me conforter dans mon sentiment de la similarité du présent avec le début des années 2000 qui ont justement vu naitre le mouvement Takriz. Sauf qu’au népotisme, au copinage et à la corruption est venue s’ajouter l’opportunisme post-révolution. Nous sommes en plein dans l’état d’esprit Takriz. La scène n’est faite que d’insultes, d’invectives et d’accusations, avec si peu de débat constructif, qui se fait en catimini de peur des diarrhées verbales qui, par l’insulte, n’amène qu’au mutisme. La jeunesse a-t-elle vraiment essayé d’avoir son poids en ce structurant ? Cette jeunesse qui refuse de tester de nouvelles formes d’organisation, qui refuse pour refuser et qui reste à se battre "contre", et jamais vraiment "pour". Toutes ses initiatives sont marquées par une peur farouche de l’organisation. On le voit très bien avec une initiative comme celle de "Manich msamah" (Je ne pardonne pas). Voilà un collectif qui a eu une part de réussite dans la mobilisation contre la loi sur la réconciliation économique, mais qui n’envisage pas, pourtant, de se structurer, encore moins de se présenter à des élections. Or, les dernières élections législatives ont été remportées par un candidat qui a joué la carte de "Manich msamah". Cela vaut aussi pour Takriz à qui il faudra s’adapter ou amener une alternative, non pas qu’ils n’ont pas essayé. Alors débarrassons-nous des vieilles méthodes et attelons-nous à la tâche… En tous cas, ils ont intérêt à tenir le coup, car qui sait, peut-être que dans 20 ans, il y aura une nouvelle révolution, dont ils pourront se réclamer. »

 

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