Les Amanins, terre de transhumance pour hommes en recherche

Les Amanins, centre agro-écologique, niché sur les flancs de la vallée de la Drôme entre brebis sardes et vaches vosgiennes, est né de la rencontre entre Michel Valentin, chef d’entreprise décédé prématurément ce printemps dernier, son épouse Isabelle Peloux, pédagogue, et  Pierre Rabhi, agronome et philosophe, qui avaient fait le pari de réconcilier écologie et économie, une façon d’éprouver «l’optimisme de la volonté» face au «pessimisme de l’intelligence» (Gramsci).

Les Amanins, centre agro-écologique, niché sur les flancs de la vallée de la Drôme entre brebis sardes et vaches vosgiennes, est né de la rencontre entre Michel Valentin, chef d’entreprise décédé prématurément ce printemps dernier, son épouse Isabelle Peloux, pédagogue, et  Pierre Rabhi, agronome et philosophe, qui avaient fait le pari de réconcilier écologie et économie, une façon d’éprouver «l’optimisme de la volonté» face au «pessimisme de l’intelligence» (Gramsci).

Pas de blablas, mais une pratique enthousiaste et sereine de la sobriété heureuse certainement nécessaire à toute société qui tendrait vers un idéal.

Mountain Men - Time Is Coming © Mountain Men
Chaleur et douceur des murs en terre, majesté des charpentes en bois qui s’élancent au-dessus de la bergerie, fraicheur des chemins qui mènent à la cabane en mélèze sous le coassement entêtant des grenouilles mêlé aux stridulations des cigales, frémissement des feuillages du mûrier à palabres sous lequel Aleandra nous conte l’histoire du liseron, papilles aguichées par l’oumos dont la couleur parme trahit à peine la betterave rouge concassée avec  les fèves ramassées au lever du jour, saveur inégalée des mûres sauvages picorées entre deux travaux au jardin, volupté absolue de la tomate perlée de rosée délicatement détachée de son pédoncule étoilé dans un parfum à peine citronné des feuilles charnues, beauté presque sauvage des collines du soir qui ondulent sous le mistral sous le passage du troupeau de brebis derrière lequel court une grappe d’enfants, odeur aigrelette des hommes et des femmes après le travail qui partagent le repas dans une communion délicate et joyeuse sous la lumière nattée de la pergola, ravissement des rencontres, un  lieu de transhumance pour hommes en recherche… Au détour d’une discussion, l’invitation à la visite de l’école du colibri où Isabelle Peloux prépare la rentrée : coin du beau, ambassadeurs de paix, débats philosophiques, pédagogie étroitement liée au vivant pour faire émerger une responsabilité écologique et relationnelle.

Une expérience singulière et ouverte qui se construit et se livre sans prétention moralisatrice, juste en partage avec les passeurs que nous sommes. Une façon de crier notre amour des « jours heureux » ( nom du programme du Conseil National de la Résistance cité par Paul Ariès lors des rencontres de Camédia à Montluel le 25 août )et « d’échapper à la glaciation de notre époque, l’égoïsme, la jouissance d’emprise et de redevenir « un vivant sauvage »  ( Paul Ariès , Le Socialisme Gourmand, Ed La Découverte.).

Nous avons planté un grenadier à fleurs  dans la cour des Amanins symbole de l’espérance de voir prospérer cette œuvre, cette pomme à graines, cette utopie incarnée d’une société plus humaine et écologique. Nous le dédions à Michel Valentin, son épouse  et à toute l’équipe si généreuse des Amanins. 

http://www.lesamanins.com/ 

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