Aurore ou la féminité revisitée.

MAIS MON COEUR LUI ME MURMURE QU'IL YA TANT DE REVES A VIVRE ENCORE J'ai vu Henri Salvador Chambre avec vue.

 Il fait dimanche en bord de mer. Aurore est là dans la petite salle du cinéma L'Atlantique, dans le bleu profond. Elle crève l'écran dans son peignoir fleuri qui virevolte au gré de la voix de velours de Nina Simone. Ain't got no home, no money, no love... but she got life et ça se sent. Rayonnante de vie, lumineuse dansant sur ses cinquante années revisitées et recomposées par la grâce d'une rencontre. Elle se laisse surprendre et retrouve l'espoir au fil de ses amitiés, de ses conversations auprès de ses filles, ses amies, ses compagnons de route...Une fresque magnifique de la féminité , par petits portraits à la Fra Angelico ou à la Renoir ponctués de saynètes à l'humour décapant comme ce moment de complicité fille-mère autour des brosses à dents ou cette scène extraordinaire où la conseillère de pôle emploi incarnée magistralement par Florence Müller exprime en quelques secondes burlesques l'impasse économique et sociale de notre société. On retrouve dans ce film de Blandine Lenoir des références à la filmographie d'Agnès Jaoui empruntées à Cédric Klapish , des flash backs d'intimité filiale, des souvenirs de bonheur intense autour de tubes musicaux. Un film de la veine de l'extraordinaire Aquarius de Kleber Mendonça Filho dans lequel la très belle Sonia Braga fait elle aussi démentir les chromos sexistes du 19eme siècle commentés par Françoise Héritier cherchant à faire accroire que les femmes manqueraient de courage en vieillissant. Un film drôle et grave à la fois, intelligent et émouvant, en harmonie avec les belles compositions de Bertrand Belin. Une pépite d'espérance insufflée par des femme

Aurore © Attiah David
 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.