11 novembre: Captain Trump

Bird on a wire

 Sonnée au petit matin. L'impensable s'est produit. A l'image de Pereira ce journaliste héros du roman de Tabucchi qui refusait de voir la nature du régime de Salazar et s'enfermait dans un univers petit bourgeois aveugle, les médias et moi-même nous sommes mal réveillés ce matin à l'annonce de la victoire de Donald Trump. DONALD, quel drôle de nom pour un Président. Ca ne fait pas sérieux, ce n'est pas sérieux, ce n'est pas raisonnable. Non, ce n'est ps raisonnable. Comme une pulsion destructrice, une envie suicidaire , un défi, un pari juste pour EM........... ces gens -là, ceux qui savent, qui possèdent, qui nous embrouillent l'existence avec leur culture, leur pouvoir, leur assurance, leurs droits de l'homme, leurs discours, leurs mensonges, leur arrogance.....Juste pour tester, juste pour voir, juste comme une envie de pouvoir enfin devenir méchant, c.., vulgaire, mysogine, voleur ou malhonnête, ou les deux à la fois, inculte et je vous EM............ Comme une envie de double portion de frite ou de coca. Juste comme on éructe, ... On se lâche parce qu'on a ses raisons ou pas , parce qu'on veut casser la baraque, une envie de violence, de renversser la table....Le chaos plutôt que les Lumières. Le chaos pour redonner du sens à un monde devenu illisible, trop complexe. La simplicité retrouvée par l'anéantissement. C'est tout simple.C'est irrationnel.

Le 11 novembre retentit. Un arrière-goût de le brutalisation des esprits dans les années d'après-guerre qui a sans doute participé à l'avènement des régimes totalitaires.

Le remarquable film de Matt Moss Captain Fantastic, tout comme l'ITW de Michael Moore sont prophétiques. Ben, le héros écolo interprété par Viggo Mortensen doit éprouver l'Amérique profonde incarnée par Jack le patriarche véritable allégorie Trumpiste qui veut lui confisquer son amour défunt et ses enfants à défaut de pouvoir lui imposer sa vision du monde sous la menace de son arbalète. L'Amérique du Nord Ouest, celle de Wallace Stegner et de la défense du Monde sauvage face à l'Amérique profonde consumériste et climato-sceptico macho ( expression de Jade Lingardt dans son dernier article )de l'intérieur et du sud.

Désespérant? Sans doute, d'autant qu'un malheur n'arrivant jamais seul, Léonard Cohen s'est éteint aujourd'hui , comme s'il préférait faire le deuil de ce monde qui se dessine.

De toute façon, pas le choix. Renoncer à l'intelligence, à la culture,à l'art, à l'amour, à l'espérance, à l'espoir, au partage, à la solidarité, à la justice sociale, à la démocratie, à l'exigence d'intégrité, au rêve d'un monde meilleur, au sursaut d'humanité au prétexte qu'une partie de l'humanité se laisse aller à la double portion de frites, d'armes, de vin, de filles, de charbon , pétrole,de réseaux sociaux détraqués dans une tentation populiste ?

Non, un devoir d'espérance sans crédulité, en toute lucidité, dans une détermination à combattre l'obscurantisme le plus pervers . Comme le héros de Captain Fantastic, nous pouvons ajuster nos idéaux éducatifs et et sauver notre famille loin du bruit des bottes et des vociférations. La tâche est ardue, mais tout n'est pas perdu. La France n'est pas l'Amérique même si nous avons nos fifi riri et loulou qui continuent à singer leur cher Donald.

Six mois pour tenter de ......

Le pas suspendu.........Juste like a Bird on a wire

Captain fantastic © Alex Somers
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Captain fantastic © Alex Somers
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