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Billet de blog 14 nov. 2021

Projet d' ecriture dystopique

Je mene un projet d'ecriture sur un roman dystopique qui reprend toutes les thematiques du harcelement en reseau et de la societe de surveillance. En voici les 20 premieres pages...C'est une FICTION, s'inspirant de faits malheureusement reels.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

PAX-ETAT FEDERAL D'ODYSSEA

Mardi 7 février 2088- Secteur Ouest- ARSZ11

17h23- Voice 1- ROMERO-DION

-   Pourquoi m’a t-elle encore reproche de ne pas organiser correctement mes synthèses. Pourquoi ne parle t-elle pas de mes séquences…

Mes séquences sont impeccables. Je suis la seule prof de tout l’ établissement qui parvient a boucler son programme auprès des eleves. Bon , une fois sur deux. Bon, ok je ne boucle pas TOUTES mes sequences mais c’est pas comme si quelqu’un y parvenait. J’aborde jusqu’à 70% du programme suivant les classes. Je n’ai eu que des classes compliquées cette année. Oh mon dieu, les 3eF…et les 6e A… 

(Haute voix : Bonjour Mme Morel, comment allez-vous….Oui, il fait un temps splendide, vous avez bien raison d’en…Pourquoi, je porte un châle…Oh, faites pas attention , je suis toujours un peu frileuse aux ab…Ok, tres bien. Bonne fin de journée Mme Mor….)

 Hum, c’est bien la peine d’engager la conversation vieille bique si tu n’es pas en mesure de me laisser finir une putain de phrase. Je te demande moi pourquoi tu portes le pelage de ton chihuahua décédé sur la tête…. Elle m’eneeeeerve. Encore plus chiante que le Bender-machin-chose qui essaie de coincer tout ce qui porte une jupe dans les coins les plus opaques de l’immeuble, lorsque sa femme a le dos tourne. Il mériterait de se retrouver lui-même coincé et ivre-mort avec un ecossais bodybuilde, nu sous son kilt,  pour lui apprendre les bonnes manières. Je peux pas croire avoir pense ca…Je crois que je l’ai même visualise, arghhhh...Faut que j’arrete.

Il faut absolument que je me calme, je vais avoir encore un PV de ces fich…de ces très efficaces et utiles et gentils drones. La loi est faite pour être respectée et permet a tous de vivre en bonne harmonie avec ses pairs. Je ne pense plus au bahut, ni aux élèves, ni a la direction, ni a rien d'autre qu'un bon bain moussant et une bouteille de bon vin.

C est moi ou l’ élévateur a jamais été aussi lent…alleeez, oui. Enfin a la maison, c est bon d être chez soi. Home sweet home, en attendant l’Homme sweet Homme.  Salut toi, ma minette, viens voir maman….

(je t’ai manque, ma petite chatounette. Allez viens, on va faire couler un bon bain…)

La jeune femme qui faisait face a l’inspecteur Rania Castel avait encore les cheveux mouilles, ramenés en queue de cheval. Nerveuse, elle ne cessait de triturer son pauvre chat gris dont le pelage rappelait étrangement son jogging neuf. La trentaine déjà sèche et rigide, il y avait de fortes chances que sa deco interieur, son canape, son tapis et la plupart de ses bibelots se déclinent dans les mêmes tons argentes que son chat.

-          Nous vous remercions, madame…..

-          Madame Romero-Dion

-          Ok, madame, répondit prudemment l’inspecteur Castel.  Votre MemAudio est très clair, vous n’avez rencontre qu’ une seule personne, Mme Ngassa. Et vos deux MemAudio correspondent. Il n’y a pas de raison que nous vous importunions davantage. Me bender avait déjà eu un comportement inapproprié avec vous..

-          Non, pas du tout, retorqua un peu trop vivement Madame Romero-Dion

Elle ajusta aussitôt sa réponse a ses pensées :

-          En fait, si. Il passait beaucoup de temps pres du local ou vous l’avez trouve

-          Le local a ordure…

-          Oui, La plupart des femmes y envoient leurs conjoints. Ca évite les problèmes, parce que lorsque c’est Mr Bender…enfin, vous voyez ce que je veux dire.

-          Non, je ne vois pas. Soyez plus claire

-          Disons que lorsque c' est une femme, Mr Bender a…avait, pardon, la fâcheuse tendance de s'y trouver avec la main baladeuse.

-          L’avez-vous déjà signale aux équipes de surveillance citoyenne, a des drones via des alertes vocales ou cérébrales…

-          J’ai bien essaye a plusieurs reprises. Sans succès. Je ne me suis pas plus inquiétée que ca ensuite, ayant engage un homme de ménage qui s'occupe de cette corvée  en plus du reste.

-          Ok, nous vérifierons cette information dans les alertes, et les rapports des équipes volantes afin de comprendre d'ou vient le dysfonctionnement. Le harcèlement sexuel est un délit pénal grave, il aurait du être appréhendé pour ca….ca lui aurait peut-etre evite la mort.

-          - Que voulez-vous dire, demanda la jeune fille , soudain inquiète…Vous pensez que ca a un rapport avec sa mort.

-          Pour l'instant, on ne peut rien écarter. Nos enquêtes ont un taux de résolution de 99, 98 %, dans un délai de 48 maximum, le temps de relever toutes les preuves, et notamment les MemAudios cérébraux. Nous saurons très vite qui en est l'auteur et pourquoi. Je vous remercie.

La jeune femme se leva un peu sonnée. Son chat venait de passer un sale quart d’ heure. Triture dans tous les sens par sa nerveuse maitresse, il ne renonçai pour autant pas aux habituelles caresses et revenait a chaque fois, la tête basse, a la rencontre de ses mains calleuses. .

Rania la regarda s'éloigner en jugeant que cette femme ne ferait pas de mal a une mouche. Le genre a mettre des araignées, s'aventurant dans son intérieur en camaïeu de gris,  dans un bocal avant de les libérer. Pas prête pour cet aspect du monde et justement, le système de surveillance global avait été mis au point pour que la plupart des citoyens comme elle n’ait jamais a s’y confronter. Pas le plus parfait, mais le moins imparfait de toute l’histoire de l’humanité. Rania croyait en sa mission, en sa fonction, en son institution. Moins en son pays, et plus du tout en la nature humaine.

-          Thomasson, vous me vérifierez les enregistrements des dernières 48 heures de Mr Bender s’il vous plait. Remontez même plus haut si nécessaire

-          - Que cherche t-on, demanda un officier, assez haut pour se vouter avec la grace d'une tige de bambou, vers Rania.

-          Tout ce qui fera avancer l’enquête. Envoyez-moi la bande suivante.

Mardi 7 février 2088- Secteur Ouest- ARSZ11

17h23- Voice 2- MBOUA

Wesh, elle est bonne sa mère. Je me taperai bien son boule mega large, bien moelleux comme j'aime. Je comprends pas ce que les hommes de ce pays cherchent dans les filles maigres comme si on avait mis un cadenas dans leur frigo depuis la puberte. Souvent quand j’ouvre le frigo de la veuve du diplomate la,  Mme Ngassa, atee, je peux mettre installer mon lit de camp dans le frigo la, tellement il est plein. On dirait un loft plein de bouffe avec clim integre.  Tanpis pour le froid. Ca maintient le teint commercial dis donc (Rires)

Si Mme Ngassa avait elle-même encore la fraicheur de ses fruits et légumes Biyo, c’est que je la prenais même sur le plan de travail qu’elle n’utilise jamais. Je l’aurai fourre debout, en ecartant ses courtes jambes arquees en la plaquant bien comme il faut. Elle doit jouir en criant celle la, comme elle aime tellement gueuler pour un oui ou un nom : Boy, la vaisselle n’est pas bien range…Boy, tu as encore oublie la moitie de la liste des courses. Alors qu'il ne manque que 1 ou 2 produits, franchement j’ai parfois envie de la…Ayooombae….J’ai encore failli dire un mot interdit. Avec leurs drones qu’on ne voit pas arriver, j’allais moi encore avoir une amende. La dernière fois, quand je pensais a Ade, restee au pays et a la façon dont elle mange l’argent que je lui envoie pour s’occuper de ma mère, le simple fait de l’imaginer pendue a l’arbre sur lequel elle pense que l'argent pousse en Mbeng, m’a valu la peur de ma vie…Massa, le drone est apparu devant moi comme les ndounjou des villages les plus recules, le genre de villages tellement recules que même le taxi-courses refuse de s’y rendre. J’ai du payer mon amende sur le champs. La 2e en moins de 6 mois, ce qui signifie que la prochaine, c’est le poste de Police predictive, les gens avec qui il ne faut pas blaguer. Gars, blague avec l’ argent d’un mafieux plutôt que la loi de police predictive. Si personne n’est revenu de leur camps, c’est que le chemin du retour n’existe pas, comme pour les villages de brousse plein de ndounjou-kalaba...Ca me fait froid dans le dos, rien que d’y penser. Je ne suis pas venu en France pour ca, ma mère, mes frères et sœurs, mon clan compte sur moi. Betta penser a autre chose.  Comme la qualite de filles la sucrees en Mbeng, surtout dans les quartiers populaires ou le regime sans gluten de 3 pommes par an, n’existe pas. Leurs grosses fesses remplis de grecs et de macDo, c'est mon calibre. Les whites ne voient pas ca, et tant mieux, ca en fait plus pour nous, les vrais hommes. Si Mme Ngassa est deja alle faire sa ballade au parc, je vais d’abord aller me soulager en pensant au boule mega large que je viens de croiser, je sens même déjà que ca monte, je me depeche dis donc. Le pays est doux, mais Mbeng est sucre…Laisse moi bien placer mon œil au bon endroit, comme ca….voiiiiila. La cle est mieux que leur way la, mais bon on va faire comment..

-          Comment s’appelle-t-il, demanda Rania, après réécoute attentive de la bande.

-          C’est l’homme de ménage de Mme Ngassa, celle qui a absolument tenu a vous soumettre son memo-record, et qui attend encore que vous l’auditionniez. Il s’appelle Paul Mboua. C,est un refugie climatique. Ses papiers sont en regle.

-          J'ai vu Mme Ngassa. Peu de chance qu' elle se rende au local de poubelles, et qu' elle ait vu quoique ce soit. Dites lui que je la convoquerai, ca la rassurera et faites venir Mr Mboua. C’est normal que je ne comprenne pas la moitie de ce qu,il pense…

L’officier éclata de rire, en hochant la tête tandis qu’il changeait de pièce.

Mardi 7 février 2088- Secteur Ouest- ARSZ11

19h01- Voice 2- MBOUA

Je dois encore trouver de nouveaux clients. Avec leur mode des appartements transparents, je vois parfois des choses comme la cuisine de la famille qui parle Français encore moins bien que moi, ils sont quoi…Argentine ou je sais pas bref, ils sont pas refugies mais expatries. Mon francais est plus elastique et je vais plus loin dans ce que je veux exprimer, mais eux ils ne sont pas venus en charters. Leur maison , c’ est le bazar. Je dois essayer de les approcher et leur proposer mes services.  Je pourrai aussi prospecter dans d' autres quartiers. La chiche Mme Ngassa pourrait me recommander , mais en bonne sawa, elle n’a aucun sens de la solidarite. Chacun pour soi, et Dieu pour soi aussi tant qu’a faire. Heureusement qu’elle ne sait pas ce que je fais avec son papier toilette DANS ses toilettes (rire). En dehors du fait qu’ils ont interdit toute comportement obscene et exhibitionniste dans la sphère publique et privée en transparence, ils s'en foutent de ce qui se passe dans les toilettes et les pieces opaques…Et il s' en passe des choses. Oh que quoi, même dans cet immeuble (rires). Eux même ils savent pourquoi ils ont banni certains mots que même mon neveu de 3 ans prononce même 100 fois au calme dans la cour de récré de son école au pays, et pourquoi toutes les penseesd,ordre sensuel, sexuel et tout ce qui a entre les deux sont tres largement tolerees (rires)

"Here's a little song I wrote

You might want to sing it note for note

Don't worry be happy

Toutoutoutoutoutoutoutoutoutoutou don’t worry, be happy, don’t worry, be….."

Ekiee, c’est quoi ca…

(Haute voix : MAIS C’EST QUOI CA….Attends, cest quoi ….MERDE…..AHHAHA…..AU SECOURS…UN HOMME EST MORT)

Ayooombandeee, et il fallait que ce soit moi, noirata qui trouve le corps d’un blanc, et quel blanc. Ayooo, politichien...

Heureusement que je n’ai jamais touche cet homme, mort ou vif. Ayooo, les drones la apparaissent souvent plus vite non…En voila un.

-          Bonjour Mr Mboua, vous allez mieux… Vous avez trouve le corps. C’est une expérience assez choquante, commença Rania afin de mettre le témoin , manifestement apeure, en confiance. Asseyez-vous, je vous prie. J’ai quelques question a poser, ca ne sera pas long

-          Merci, dit faiblement Paul Mboua, en la regardant craintivement…

-          Vous travaillez ici depuis longtemps…

-          Je travaille pour Mme Ngassa depuis 2ans,j,ai mes papiers en ordre, enchaina Paul

-          Nous savons, nos équipes l’ont vérifié, Nous savons aussi que votre contrat ne compte que Mme Ngassa comme cliente et nous vous rassurons tout de suite la dessus : le reste ne nous regarde absolument pas. Vous comprenez…. Absolument TOUT le reste., dit-elle en plantant son regard brun dans le sien

Paul hocha la tête aussi lentement que silencieusement, en soutenant fermement son regard. Un accord tacite était passe.

-          Bien. Je voudrais que vous me disiez exactement ce que vous avez vu et entendu au moment ou vous avez découvert le corps. Nous savons déjà que vous êtes hors de cause, vos MemAudio sont sans équivoque, mais le moindre détail dont vous vous souvenez pourrait nous aider.

Paul prit quelques minutes pour rassembler ses souvenirs, puis il expliqua d’une voix étonnement claire et audible :

-          Je suis descendu vers 19h30 au local a poubelle. Je venais de finir mon ménage. En arrivant, j’ai vu une jambe dépasser d’une des poubelles…je veux dire derrière la poubelle. Je me suis approchée mais pas trop. Je regarde quand même les series-tele de l'ancien temps, ou on dit toujours de ne pas toucher le corps…Je me suis approche, en regardant de loin et j'ai tout de suite reconnu Mr Benda. J’ai aussitôt appelé les drones.

-          Vous n avez rien vu ou entendu d inhabituel?

-          En dehors du corps et du sang, non rien d inhabituel

-          Personne entrant ou quittant l immeuble, une voix ou un bruit inhabituel…?

Paul Mboua se concentra comme si on lui avait donné une équation a double-inconnue a résoudre, fronçant exagérément les sourcils,  avant de répondre :

-          La lumière était déjà allumée a mon arrivée, s' ecria t-il

-          C’est très bien Paul. Bravo….

L’immeuble était relativement récent et s’inscrivait dans la nouvelle politique de rénovation urbaine ou tout espace public devait être transparent, dans le strict respect des normes écologiques en vigueur. Les espaces semi-public de la sphère privée, comme les salons, cuisines et parfois même des portions de chambre, avaient suivis par effet de mode, sans que l’obligation ne les concerne explicitement. Les consommations en énergie avaient considérablement baisse. Non que les gens s’étaient soudainement et massivement sensibilise aux économies d’énergie. Un système assez ancien, base sur un capteur de présence acoustique y avait été associe. Les lumières s’allumaient et s’ éteignaient sans la présence d interrupteur, suivant que l’on y soit ou non. Il était de bon ton de laisser ses voisins faire le constat de son éco-responsabilité, sa propreté, son gout en matière de décoration… l’espace public prenait tout son sens. Le corps de Mr Bender avait été trouve dans un espace copaque, le local a poubelle. Mais surtout, Rania venait de comprendre qu’ un autre individu, Bender etant mort,  se trouvait encore dans le local au moment de la découverte du corps.

-          Etes vous reste près du local avec les drones tout le long, en attendant l’arrivée de nos équipes….

Rania avait déjà la réponse, la question était purement formelle.

-          Oui, madame. J'ai pas bouge et de toute façon, les drones ne permettent pas de quitter un lieu d’infraction ou de crime comme ca. Je suis resté la jusqu'à l’arrivée des premiers policiers, madame.

-          Merci Mr Mboua, vous nous avez beaucoup aide. Je vous laisse repartir chez vous. Nous vous appellerons si besoin.

Sans perdre de temps, Rania demanda le quadrillage des lieux, fermeture immédiate de toutes les issues de  l’immeuble,  et le rassemblement de toutes les personnes qui y étaient actuellement présente. Un autre témoin crucial était peut-être encore dans les lieux

Odyssea était l’état fédéral de la nouvelle république pacifiée, situe le plus a l’est. Bordée de hautes collines peuplées de pins centenaires et doté d’un authentique lac naturel, situe au cœur d’un parc naturel, Odyssea qui atteignait a peine la taille des anciennes mégalopoles, était considérée par les autres états fédéraux comme un « havre de paix ». C’était du moins ainsi que le haut préfet la présentait, tout comme ses illustres prédécesseurs, au point d’avoir nommé sa capitale « Pax Romana ».

Dans le récit collectif, constituée de plusieurs couches de substrats historiques, réels ou réinventés dans l’intérêt souverain de la paix dont les propres et rectilignes allées dont Odyssea pouvait se vanter, une paix qui collait a l’air, lui-même régulièrement nettoyé de toutes particules douteuses, depuis les successives pandémies qui avaient décimé une partie de la population,

Odyssea avait mis un terme radical a la criminalité endémique de ses différents territoire grâce au génie d’un homme d’exception, le sénateur- du temps ou le sénat existait, autrement dit le paléolithique de la démocratie- Fontaine.

Le sénateur Fontaine, ancien militant syndicaliste qui avait fait le choix de la politique politicienne a un âge assez avancé de sa vie, avait eu le courage d’associer le MLV, mouvement de libération des vies, dont le manifeste impliquait tout êtres vivants, des animaux aux arbres, en passant par les insectes, a la volonté institutionnelle de pacification, justifiant sa mission.

  • Le MLV était connu pour être un collectif, refusant toute étiquette ou classification. Composé d’une centaine d’activistes actifs, et de plusieurs milliers de relais appelés « cellules » sur les territoires, ils refusaient de s’organiser en association afin de conserver liberté et pouvoir d’agir. Des centaines de milliers de citoyens, toutes classes sociales confondues, avaient répondu a leur appel a la résistance.

    Il est probable que ce chiffre de « plusieurs milliers d’individus » que n’avait jamais ose dépassé les organismes charges d’évaluer le nombre de sympathisants, avait été très sous-estimes, et qu’il s’agisse plutôt de million.

    Leur collaboration était donc essentielle, si ce n’est nécessaire au déploiement du plan de pacification, qui avait été déjà pensé 50 ans plus tôt.

    Le sénateur Fontaine en avait fait l’objectif principal de son mandat, et il y parvint non sans mémorables efforts.

    Une fois le MLV pacifie et dissous, les autres associations militantes et de moindre importance furent très faciles à rassembler, ou à effacer.

    Un ministère d’accompagnement vers le changement progressiste, et un secrétaire d’état a la transition démocratique furent crées.

    Ils se déployèrent dans les territoires avec l’efficacité d’un onguent colorant, en quelques gouttes, de sa couleur dominante une carafe d’eau translucide. La société civile fut rapidement mise a contribution, certaine lors des nombreux rassemblements participatifs que cette initiative était la leur.

     

    Le sénateur Fontaine apparaissait quelques fois sur les podiums de ces assemblées ou les expressions « empowerment citoyen », « intelligence collective » et « mouvement progressiste et collaboratif » fusaient.

    Il promettait alors aux citoyens, débordant d’enthousiasme a l’idée de participer à un changement sociétal majeur, de tout mettre en œuvre pour que LEURS doléances soient entendues et que LEURS voies comptent enfin. Le sénateur était toujours accompagné d’une star populaire et une élite intellectuelle faisant autorité, en guise de chorus discursif.

    Lorsque le grand referendum régional fut annoncé sur la question de la « Démocratie et Sécurité », le consensus était quasi absolue.

    Le public vota, yeux fermes et bouches ouverte, pour l’hypersurveillance y compris neuronal, puisque les territoires expérimentaux avaient donne d’excellents résultats. Ils échangèrent sans sciller leurs libertés individuelles contre une sécurité totale, définitive et irréversible, leur assurant la vie tranquille qu’ils menaient maintenant depuis plusieurs décennies. Zero criminalité, Zero prisons. La ville de Pax Romana était le joyau légitime de cette 1er république psychopacifiee, car contrairement aux autres villes des autres états fédéraux de cette nouvelle république, il n’y eu ici, ni heurts, ni crises, ni rébellion, ni manifestation.

    L’opposition demeurait, mais elle était purement figurative, et criblée de discrets agents pacificateurs, relevant le nom de personnalités un peu trop véhémentes dans leur récriminations, qu’il convenait d’accompagner dans la compréhension du programme étatique et fédérale via des sessions de formations, auxquels tous sans exception se portaient volontaires après un entrevue avec le département de la Police Prédictive, chargée des réclamations des riverains.

     

    Un nom circulait parfois dans les soirées arrosées d’ados un peu rebelles, affichant ostentatoirement une position « anti-système » comme le voulait les rites initiatiques de leur âge, celui de Guinee Obelle.

    Il suffisait de le prononcer pour avoir l’impression que l’air, même auprès d’un feu crépitant , se rafraichissait.

    Elle aurait fait partie des personnes sur lesquelles des expérimentations sur le « PsychoPass », alors en cours d’ élaboration, avaient été implanté et testé a leur insu des les années 00’s. Cette expérimentation non-consensuelle relevant de la cybertorture mentale, l’affaire avait été étouffée en depit des morts de centaines, milliers selon certaines sources, de victimes de ces expérimentations, toujours interdites a ce jour.

     

    L’idée qu’une tranquille mère de famille, pauvre, noire puisse soulever une révolte, parce qu’elle considérait les neurotechnologies comme une menace pour l’avenir de ses 3 enfants,  relevait de la légende pour la plupart d’entre eux, dont les mères, n’avaient pour autre préoccupations que leurs obligations sociales  et bourgeoise. Et pourtant, la possibilité qu’elle ait existe n’était pas a ecarter, car si telle était el cas, sa disparition des livres, des registres d’états civils, annuaires, recensement institutionnel, organigramme d’entreprises publics, listes de bénéficiaires d’organismes publics ou meme liste de personnes enterrées dans les cimetières, rendait sa disparition d’autant plus inquietante. Car cela accréditait l’existence des camps vers lesquels étaient évacuées les personnes trop réfractaires au changement pour s’y plier de bonne grâce. L’absence de prisons a Pax romana, s’expliquait ainsi pour les mauvaises langues par le fait que les contestataires « effaces » peuplaient ces camps mythiques.

     

     

     Pendant que les drones procédaient aux premières photos, en attendant l'arrivée sur les lieux du crime de la police scientifique en charge des prélèvements, par simple formalisme plus que réelle utilité, Rania 

    observa a nouveau la position incongrue du corps avachi du politicien. La mort ne respectait décidément personne. L'une de ses jambes, dans la chute, s'était replie vers l'extérieur, comme celle d'une poupée de chiffon trop secouée.

    Son visage livide, sa bouche entrouverte de laquelle s'écoulait un filet de sang et son regard dans lequel se lisait encore l'ultime incrédulité de sa propre mort, semblaient tous figes dans l'incompréhension 

    de son départ prématuré. Aucune impact de balle, mais des traces visibles de couteau au niveau de l'abdomen.

    Le relevé de traces digitales devrait dans les 30 prochaines minutes donner lieu a un eventuel releve de traces ADN, dont on pouvait se passer, mais que la plupart des juges appreciait d'associer

    aux éléments a charge, alors qu'elles étaient facilement dégradables. Tout comme les traces de pas, falsifiables ou détruites par des éléments extérieurs.

    Elle avait choisit d'exercer ce métier d'inspecteur pour la très faible probabilité qu'elle se retrouve face a une telle scène. Le crime ayant ete completement eradique, les seuls cadavres auxquels elle 

    était confrontee,  étaient le corps de suicides, repêchés au fond du lac, leur lieu de prédilection, ou plus rarement dans leur lieu de vie ou de travail, leur dernier MemAudio faisant office de lettre d'adieu, qu'ils le veuillent ou non.

    Le MemAudio etait une preuve en soi, parfaitement infaillible apportant toutes les réponses sur les Causes et circonstances de la mort, le temps écoulé depuis la mort

    Le MemAudio abolissait le relevé de fibres textiles, l'analyse de cheveux humain, l'etude des caracteristiques de l'outil tranchant en taille et profondeur , ou des dimensions de l' objet contandant eventuellement utilise.

    Le MemAudio avait une précision lisse et régulière, faisant écho a sa formation scientifique. Il était rassurant de savoir qu'il n'y aurait pas de crime, mais plus rassurant encore était la certitude que si crime il y avait, le criminel serait arrêté sans délais. Zero injustice.

    Et Rania ne doutait pas que le criminel se trouvait actuellement  parmi les 76 personnes présentes dans l'immeuble au moments des faits.

    Elle venait d'avoir son responsable de secteur en communication, qui la pressait de trouver le coupable avant que l'affaire ne fuite et que la presse ne s'en empare. Le préfet avait déjà été avise de ce "fâcheux incident", c'est ainsi qu'il l'avait nomme Bender a qui

    il donnait du monsieur lorsqu'ils se croisaient. Ils avaient recu l'ordre de tout boucler avec diligence et methode, en s'appuyant sur l'outil infaillibe qu'etait le MemAudio sans ecarter les vieilles methodes d'investigations policieres qu'on ne voyait guere plus que dans les anciennes series policieres a la Colombo, Derrick, Hercule Poirot

    ou les polars du siècle dernier a la Chester Himes. Il fallait détourner l'attention de la presse et du public vers le folklore, afin qu'ils oublient que ce système était, tout compte fait, faillible. Dans l'absolu, rien ne les protégeait des balles ou des coups de poignards.

    - Madame, on a écoute la plupart des MemAudios...

    - Et alors? La plupart ne signifie pas tous les MemAudios, je vous ai demande de n'en omettre aucun. Avez-vous écouté les 76 audios?

    - Non,mais...

    - Non?! Alors je vous prie de vous remettre au travail. Plus tôt vous aurez fini, et plus tôt nous pourrons tous rentrer chez nous

    - Une des MemAudios presente une particularite...

    Rania ne comprit pas immediatement ce que l'agent lui signifiait. L'equipement etait neuf, et les pieces les plus anciennes venait d'etre revise.

    - Comment ca , une partticularite? C'est impossible. Avez-vous essaye plusieurs fois? Et puis ca signifie quoi "particularite"?

    - Madame Caste, nous avons meme demande l'assistance d'autres secteurs...sans plus de resultats. L'anomalie perdure.

    Elle leva les sourcils, en posant sur lui un regard de plomb.

    - Vous auriez du m'en aviser avant de solicier d'autres secteurs. Cette affaire ne doit pas s'ebruiter avant sa resolution. Et ca n'a rien donne non plus...Soyez plus precis: anomalie, particularite, vous en faites un tout un mystere. Que se passe t-il?

    - En fait, On a jamais eu de cas similaire...Non seulement, son MemAudio presente deux bandes disctinctes, mais l'une est completement vierge, illisible. Et l'autre...ne correspond pas du tout a ses pensees. Comme une bande pre-enregistree: des listes de courses, des citations de poetes russes, des passages entiers de bouquins, mais pas une seule pensee qui lui appartiennent. 

    Rania commencai a ressentir les effats du stress: chaleur, sueur, trouble, mais elle veilla a n'en laisser rien paraitre. Impassible, elle demanda a l'agent de la conduire aupres de cette homme dont le MemAudio etait mutique.

     Un bel homme brun, d'une trentaine d'annee, tres soigne, vetements de haute facture et ongles parfaitement manucure.

    Seuls ses cheveux coiffes en brosse, la facon spartiate des militaires, detonaient avec le raffinement du reste de sa mise.

    Il la regardait comme s'il ne la voyait pas. Elle se decala legerement sur la gauche, et ses pupilles suivirent son mouvement. Elle s'assit face a lui et croisant enfin ses surprenants yeux vairons,

    garda un moment le silence. Elle ne cherchait pas a l'intimider. Elle n'avait juste jamais ete confrontee a cette situation et essayait de trouver la meilleure facon de l'aborder. 

    - Bonjour, Inspecteur Rania Castel de la division 104, du secteur 1, comment vous appelez-vous?

    - Vous devriez le savoir, lui repondit-il laconiquement

    - Vous ne devriez pas jouer a ca. Vous etes jusqu'ici temoin mais vottre absence de collaboration pourrait vous placer dans une situation plus delicate, celle de suspect.

    Il ne repondit pas, marquant a son tour un silence pesant.

    - Et vous etes l'unique suspect jusqu'ici, ajouta t-elle, le reste des MemAudios ont ete ecoutees. Aucune ne presente d'irregularite. Vous etes le seul, en ce moment en double infraction: 

    Votre MemAudio est illisible, ce qui est meme un acte delictuel, en soi. Et vous refusez de collaborer.

    - Criminel, dit-il

    - Pardon, vous avez quelque chose a nous confier sur ce crime?

    - Ce n'est pas ce que j'ai dit...j'ai precise que le fait de n'avoir pas declare avoir une MemAudio illisible etait un acte criminel. Article 742, alinea 10 du code de pacification penal.

    - Tres bien, alors comment et pourquoi vos MemAudio sont parfaitement illibles, ce qui en plus est inexact car vous disposez bien d'une 2e MemAudio completement trafiquée. On ne sait pas ec que vous pensez, voue realisez la gravite de la situation dans laquelle vous vous trouvez, Mr....

    Elle suspendit sa phrase en levant le menton en sa direction, l'invitant a completer.

    - Je ne vous ai pas donne mon nom. Et vous ne pourrez pas le trouver, qu'importe le moyen employe: empreintes, reconnaissance faciale, oculaire, vocale, ADN. Ou meme torture. 

    - Je vous prie de decliner vos noms, prenoms, adresse et raisons de votre presence sur les lieux du crime, ainsi que celles de l'illisibilite de vos audios.

    L'homme la fixa encore plus intensement, et sans ouvrir la bouche ou emettre un seul son, marqua le refus de cooperer le plus explicite qu'elle ait jamais recu.

    - Vous etes a partir de ce moment en etat d'arrestation, qui que vous soyez. Vous resterez dabord 48 heures en garde a vue et serez regulierement interroge. 

    Vous serez ensuite emmene sans cooperation de votre part, et sans autre forme de proces, au camps de detention de l'état federal le plus proche, et considere

    comme criminel de niveau 1 puisque l'assassinat de Mr....., vous sera aussi impute. Avez vous des aveux quelqu'ils soient a nous faire ou des informations a nous

    communiquer.

    Il garda un silence resolu, bien plus amuse qu'hostile. Peut-etre ne la prenait-il pas au serieux.

    - Vous pouvez l'emmener, ajouta t-elle a l'attention des deux agents qui l'encadraient, mais croyez-moi, nous n'en avons pas fini. Qui que vous soyez, martela t-elle.

    ___________________________

    L'inspecteur Castel regagna la scène du crime, qui venait d'etre balisée et autour de laquelle s'activaient drones et agents. Elle jeta un bref coup d'oeil au cadavre désarticulé de l'homme politique.

    La mort lui avait oté toute l'agressivité virile, ce bloc rugueux et assume d' exubérante testostérone , qui l'avait caractérisé durant sa longue carrière politique de polémiste.

    Partisan d'une surveillance incluant les espaces privées, mais surtout l'effacement systémique de tout nouveau-né dont les implants étaient rejetés, ce qui les cataloguait d'emblée comme de tres probables illisibles,

    il avait ete jusqu'a médiatiser l'avortement au 6e mois de grossesse de sa propre compagne d'alors, au motif qu'aucune de ses MEU (MemAudios in Utero) ne permettaient d'entendre les pensées du nourrisson. Et avaient aussitot rajoute la MEU a la longue listes des propositions de lois aussi improbable qu'extremistes, qu'il portait avec une conviction non feinte.

    Pour de nombreux habitants d'Odyssea,  au dela de Pax Romana, il ne faisait aucun doute que ce grand chevelu blond, bourru comme un charretier, s'etait rendu coupable de nombreux delits, voire crime, a plus d'un titre.

    Les MEU  avaient ete interdit par la haute autorité médicale de l'ensemble des états fédéraux sans exception, lors des états généraux de la bioethique au motif qu'ils n'étaient pas probants dans la détermination de cas d'illisibilité ou non,

    du foetus.

    Celui-ci etait certes un etre vivant, composé d'un ensemble de tissus et cellules comme tout un chacun, et dont les régions cérébrales a partir d'un certain niveau de développement, s'étendaient exponentiellement, mais il n'était pas pour autant un organisme indépendant de celui de la mère, dote d'une conscience  et de représentations mentales propres. 

    Les résultats des phases test in utero des differents laboratoires ayant participe aux etats generaux, ne permettaient pas de statuer sur l'emergence d'un quelconque processus de pensee. Ce fut l'une des rares victoires, pleine, sans equivoque ni mise en scene du Mouvement de Defense des Droits Communs, le seul organisme, purement figuratif, de defenses des 

    libertes individuelles residuelles. 

    Mais cela n'empecha pas Bender de faire avorter sa compagne dans un etat federal non-limitrophe, et d'en profiter pour l'y exiler, avant de  retourner aupres de sa femme legitime et leur couvee de 3 enfants metis. Sa famille, son meilleur rempart anti-facistes, anti-racistes, anti-tout ce dont on l'affublait , se terminant en -isme desobligeant.

    Rania Castel prit une longue inspiration avant de lance la première MemAudio post-mortem de Bender. Elle avait compile les 3 derniers jours comme le lui autorisait la loi, et se focalisa plus précisément, dans un premier temps sur les 30 dernières minutes de sa vie.

    Bender etait toujours en relation avec celle qui avait failli etre la mere de son 4eme enfant. Elle etait la dernière personne a avoir ete en contact téléphonique avec lui.

    Elle s'etait remise avec un homme qu'il pensait n' être pas a sa hauteur. Pas la sienne de femme méritant d'être aimée et respectée. Non, il etait uniquement question de celle d'un homme ne supportant pas de n'être plus au centre de l'attention d'une amante trop souvent déçue, et qui lui échappait résolument. Loin des yeux...

    Un mot attira cependant son attention, ou plutôt une expression glissée entre deux jérémiades, après qu'il eut raccroche avec sa maitresse désabusée.

    " Si seulement je pouvais avoir cette arme d' INVASION MENTALE qui permet a ces beatniks de COLONISER les pensées d'autrui, en toute discrétion. Alors elle serait mienne a jamais. J'aurai bien vu comment son "tonton Raymond" aurait pu faire le poids avec ses gilets épais de pépé

    a 2 doigts de sa retraite de fonctionnaire. Je parie qu'il a des pellicules sur les épaules. Quelle déception. Ah Yvette, Yvette, Yvette. Passe encore un sportif, même décérébré comme celui qui avait essaye de t'enlever a moi, après l'incident. Il était peut-être con, mais son éternel statut 

    chômeur en fin de droit et gigolo en début de carrière, lui permettait au moins de s'entrainer en salle....Mais un universitaire bedonnant....Tu peux pas me quitter pour ca. Et puis......"

    Rania interrompit l'insupportable litanie du défunt, et recentra ses recherches sur les entrées " Invasion mentale + Armes". Plusieurs champs grise apparurent dans le logiciel. Elle cliqua sur l'un d'eux pour une plongée plus en profondeur dans le monde désenchanté de Bender.

    HERALD Bender avait eu une expérience malheureuse avec la minorité religieuse Edeniste depuis ses 1eres années a la Major Private School. Il avait comme la plupart des enfants de l'école dont le comportement ne reflétait que l'éducation conservatrice qu'ils recevaient de leurs parents,

    très mal vécu l'arrivée progressive dans l'école d'élèves issus de la diversité. Personne ne voyait d'un très bon œil la démarche inclusive de la nouvelle direction de l'établissement a l'époque. Ce n'est que lorsqu'il aperçut la directrice adjointe échanger dans un dialecte chantant avec un parents d'élèves,

    manifestement Edéniste, qu'il comprit qu'inclusion était probablement la version pacifiée d'invasion.

    Fils de militaire, sa famille avait pourtant vécu la pacification comme le prolongement progressiste de la démocratie et du pacte sécuritaire qui y était associé.

    Les institutions régaliennes étaient les garantes de la Loi, de l'esprit de la Loi, du respect sans faille de l'Autorité et du juste exercice de la seule violence légitime, assurant protection et sécurité a tous.

    Toute divergence dangereuse d'opinion avait été évacuée lors d'une pacification qui ne s'était pas toujours fait sans heurts, contrairement au récit conjointement tricote par les livres et les mémoires collectives au fil des décennies.

    Herald avait assiste a suffisamment de discussion entre son père, son oncle et son grand-père militaires , d'abord assis sous la table en jouant distraitement avec ses figurines militaires holographiques, puis, un fin duvet naissant au dessus des lèvres, timidement attable auprès d'eux,  pour savoir avec certitude de quelle façon l'ENNEMI avait été neutralise. Pas éliminé. Neutralise.

    Ce qui laissait supposer la possibilité d'une résurgence a tout moment.

    Certes des alliances avaient été tissées, mais avant ces alliances, des partitions avaient déjà désagrégé la plupart des mouvements contestataires. Les éléments les moins "pacifiables"

    avait parfois échappé au processus d'effacement.

    Mais contrairement a ceux que lui et son clan familial, comme idéologique, appelait indifféremment l'ENNEMI, et qui avaient pour la plupart re-emigre vers les pays d'origine de leurs aïeux, ou ils étaient libre d'exercer les us et coutumes mortifères qui etaient les leurs

    ces électrons libres s'étaient disséminés dans la société civile, et s'était mue en ENNEMI mobile et invisible.

    Son imaginaire d'enfant nourri aux théories menaçantes d'invasion imminente et de stratégies de défense, avait développé sa propre vision des problématiques sociétales diverses et complexes sous le prisme unique de l'ENNEMI.

    L'Ennemi, cette masse informe et menaçante, n'avait pas qu'une couleur de peau ou une religion différente, ne priait pas seulement d'une autre façon que la sienne et ne recouvrait pas seulement leurs femmes, et parfois très jeunes filles, d'étoffes suffocantes même en plein été caniculaire.

    L'ENNEMI avait une idiologie de domination qui affrontait clairement la leur. Il avait développé des technologies avancées, fait des découvertes scientifiques majeures, instaure des systèmes de monnaie, y compris virtuels, et d'économie innovants et performants, et n'entendait pas faire partie de leur empire.

    Au contraire, il revendiquait la même légitimité de colonisation prédatrice que la leur.

    Aussi, ces pays situes a l'autre bout de l'hémisphère terrestre, et pour lesquels Herald en était persuade, la conquête de l'espace devait inclure leur exil définitif, avait mis en place des politiques de rapatriement de leurs élites:

    Billets d'avion, Emploi, Hébergement de luxe, Ecole de haut standing avaient été prévus pour leurs nouveaux ressortissants.

    Des familles avaient été littéralement déchirées durant ces protocoles de retour volontaire, car certains de leurs membres installes depuis des générations, n'envisageaient pas de retour possible vers une terre inconnue.

    Lorsqu'Herald rencontra Mina, il ne fut pas inquiété par les turbans, unis ou afro qui surplombait son joli et paisible minois en forme de triangle, le menton , lui, en forme de cœur. Les longues robes évanescentes aux couleurs pastels et les châles en cachemire dont elle se drapait, ajoutaient

    un halo de mystère a cette incroyable créature a la parole rare, mais dont les yeux couleurs miel lui semblaient assez éloquents pour qu'il s'aventure a la draguer lourdement.

    Mina, riche héritière hédoniste qui avait perdu ses parents dans sa prime enfance, avait fait le choix de rester a Odysssea et ne pas suivre la tante qui l'avait élevé dans la pure tradition humaniste -et qu'elle chérissait plus que tout- dans un pays dont elle ignorait jusqu'au nom, il y'a encore quelques mois.

    Ce grand dadais blond, brut comme tronc d'arbre se fichant de ses aspérités, lui apportait une promesse de sécurité pérenne, en sa qualité de fils de militaire, et neveu de dignitaire.

    L'oncle d'Herald se chargea de faire une enquête sur ce trop beau parti a la beauté trop exotique, mais son ascendance Edeniste n'était teintée d'aucune forme de fondamentalisme excessif.

    Elle comptait même une tante poétesse et un lointain cousin transfuge dans le parti unique, que fréquentait aussi Herald sans jamais l'avoir rencontre.

    La foi de Mina était donc "pacifiée", ainsi que le voulait la loi déterminant le pourcentage d'Edenistes, invites a rester a Odyssea et a participer a cette democratie nouvelle. Noyée sous le végétarisme, flexitarisme, la pratique du Pilate, du yoga

    et les méthodes d'éducation alternatives conduisant invariablement aux meilleurs écoles de commerce, la foi de Mina devint la meilleure caution universaliste et droit-de-lhomiste du parcours politique d'Herald, contrebalançant adroitement les nombreuses

    accusations de racisme et d'Edenophobie dont il faisait l'objet.

    La foi de Mina devint une "alliée", lorsque sa liaison fut découverte, et que sa douce épouse repoussant de la seule force tranquille de son sourire les journalistes locaux ,

    leur opposait fermement le dogme suivant lequel sa religion, autorisant un homme a avoir plusieurs compagnes, la liaison de son epoux n'était pas un problème .

    Ils n'évoquèrent jamais Yvette, ni l'enfant qu'elle porta brièvement, bien que la suppression de tout être vivant soit interdit par la religion Edeniste. 

    Lorsqu'Herald prit 2 jours pour s'assurer que le nécessaire soit fait, Mina l'accueillit de son calme olympien, l'enveloppant de son chaleureux sourire des le perron de l'immeuble.

    comme apres n'importe quelle dure journee a l'Agora.

    Un passage attira cependant l'attention de l'inspectrice Rania Castel dans cet fatras de pensées éparses.

    " Plusieurs rapports font état de la possibilité d'espions sur le territoire. Mais plus grave encore, ces espions sont décrits comme de très probables armes de destruction massive.

    La façon dont leurs menaces se déploient est encore inconnue, mais tout comme le pouvoir de lire dans les pensées du logiciel SK2 générant les MemAudios, il est probable qu'une technologie plus invasive ait été mise

    au point, a notre insu, par les forces ENNEMIES. Les personnes ayant été en contact directe avec cette innovation ont disparu. Rien ne permet de penser qu'il s'agit d'un effacement institutionnel,

    comme cela fut le cas des premières purges de la pacification. il s'agirait plutôt d'exécutions brutales et sommaires, afin de s'assurer que ces témoins ne parlent pas. Les seuls et maigres faits

    qui subsistent, évoquent une "colonisation de la pensée" et "une invasion mentale" , capables de désarmer le processus de pensée de la personne alors infestée. Nous ne savons pas s'il s'agit d'un

    virus mis au point en laboratoire, ni même s'il est contagieux. Nos investigations se poursuivent, dans la plus grande prudence, grâce a nos agents infiltres."

    A cela s'ajoutait une note fournie par un correspondant régulier, dont le pseudonyme revenait souvent dans plusieurs MemAudios L'empreinte de cette note était intacte, comme si Herald l'avait

    mémorisé plusieurs fois:

    " Groupes Edenistes fondamentalistes utilisant des armes secrètes, basées sur les méthodes d'invasions cérébrales. 

    Axes d'enquêtes:

    - Plusieurs membres du parti unique se plaignant de torture intracrânienne

    - Surveillance organisationnelle aux méthodes inconnues et budget faramineux dont seuls plusieurs gouvernements fédéraux pourraient se targuer

    - Attaques indétectables, probablement menées par des illisibles non déclarées. Nécessité d'une loi de détection in utero (MUE) et d'une protection de nos frontières fédérales."

    Rania chargea la dernière MemAudio, celle précédant les derniers instants face a la mort. Les derniers instants recueillis étaient lourds et empreints de tension.

    Herald avait conscience d'un danger imminent, sa haine indicible et incomprise dans un état pacifie envers un ENNEMI qu'il voyait désormais partout, en était décuplée. 

    Assiégé par une paranoïa grandissante, provoquée par la disparition successive de plusieurs agent de liaison dont le fidèle Serpent, il accueillit son dernier soupir sans surprise, dans une exclamation étouffé, ne permettant

    malheureusement aucune identification de l'auteur du crime. 

    Rien, si tant est que la pénombre du lieu particulièrement mal éclairé, lui eut permis de le reconnaitre.

    Rien, pas un nom, pas un cri, si ce n'est un ultime "pfiouuu", comme celui d'un ballon qu'on dégonfle de sa haine.

    Rania éteint le logiciel, d'un coup sec. Cette plongée dans le psyché des témoins, victimes ou auteurs de crime étaient encore plus énergivores, chronophages et

    anxyogene que celle des MCO, les Memo-cerebro-oculaires, derniere innovation technologique hors de prix dont était uniquement équipée la frange de la population Odysseeenne la plus privilégiée.

    Ces derniers permettaient de visualiser les derniers instants de la victime. On ne pouvait remonter qu'au delà de quelques heures, mais il est clair qu'un MCO eut ete  autrement plus utile a Rania a ce stade de l'enquête,

    tout comme a sa propre "sante mentale", a cette étape de sa vie. 

    ---------------------------------

    Elle sortit son badge et lança le signal de la capsule-drive, a proximité . Une spacieuse Tesla Modèle S-prim. Elle dut s'y reprendre a deux fois: les Capteurs a ultrasons du véhicule de fonction, déclaré

    seconde main, mais plus probablement 3 e ou 4e main, se montraient capricieux. Le véhicule ouvrit ses portes et elle put prendre place dans l'habitacle qui avait été emménagé en bureau. Une copie conforme

    de celui au poste de Police prédictive. Elle avait également la même réplique de bureau chez elle, pour ses journées de télétravail.

    Le traffic etait dense ce soir la et pourtant le véhicule la déposa au pied de son immeuble a 4 étages, incongruite de Pax Romana, en 30 minutes, avant de regagner le parcmètre a usage prive, le plus proche.

    Elle avait réussi a charger sur sa tablette holographique, durant le trajet, un document assez intéressant sur les différents cas d'illisibles recenses. Le premier cas etait devenu une legende urbaine connue de tous,

    celui de Guinee Obelle. On ne trouvait pourtant aucune trace de son existence réelle ou supposée, en dehors des documents classes Secret Defense, auxquels on lui avait permis a titre tres exceptionnel d'acceder.

    Elle avait obtenu une autorisation speciale du prefet en raison des circonstances particulieres et d'une volonte commune de classer tres vite cette enquete dans les 100% de taux de resolution des crimes.

    C'etait le seul crime repertorie depuis plus de 20 ans, et cela devait le rester. L'enquete devait etre resolue avant qu'elle ne fuite, non dans la presse partenaire de communication federale extremement fiable, mais dans la 

    societe civile ou se trouvait toujours, principe de base, des agents non détectés, et espions dormants.  

    La rumeur présentait invariablement Guinee Obelle comme une mere celibataire de 3 enfants, telle une madone figee sur un vitrail et portant sa trinite de cherubins, la tete legerement penchee vers eux, dans un eternel mouvement d'adoration sacrificielle 

    Or elle n'avait rien d'une sainte. Ses 3 enfants n'avaient pas le meme pere, et elle etait connue pour etre assez portee sur la bagatelle. Rania lorgna quelques cliches de cette femme noire sans age et sans ancrage temporel, 

    et tout en lui concedant un certain charme desuet, ne la trouva definitivement pas a son gout. Guinee avait ete recensee comme illisible durant son long combat pour la rehabilitation de ses droits civiques.

    Toute sa vie, elle defendit la these suivant laquelle elle avait ete ciblee par un programme para-etatique, l'ESR (Encerclement Systemique en Reseau). D'essence militaire, ce programme avait pour double objectif de neutraliser socialement les personnes ciblees, le plus souvent des civils, 

     et d' experimenter sur elles et sans leur consentement, les effets d'armes a energie dirigee et de neurotechnologies, alors confidentielles. A l'epoque ou il fallait encore pianoter sur un clavier pour entrer en communication avec un tiers, la communication intracrânienne était alors considérée comme de la mauvaise science-fiction, représentant les extra-terrestres 

    petits bonhommes verts avec des antennes.

    Cette hypothese avait ete tournee en ridicule par ses contemporains, qui l'avaient aussitot classee dans une categorie moins enviable que celle des lepreux: les inaudibles complotistes. Ses accusations se firent de plus en plus folles. Et précises. Et documentées.

    En 2017, deux membres de sa famille moururent successivement. Elle affirmait que l'un d'eux, au moins , avait ete exécuté. Ces deux deces simultanés l'isolèrent de ce qui lui restait de famille, et permirent au programme d'elimination sociale de largement s' étendre et affecter chaque pan de sa vie avec la complicite de 

    cson entourage et d'une armee d'inconnus: employes de bureau, medecins, policiers, ambulanciers, personnels des services sociaux, employes de mairie, personnels pedagogiques dans les ecoles, gardiens, facteur, agents de telecomunications, ect...

    L'etat, en raison des facilitations qu'il octroyait a ce systeme dans son deploiement logistique, dans les accreditations et surtout l'impunite dont il avait besoin pour perdurer, etait au coeur de ce dispositif secret. L'impossibilite pour les victimes d'obtenir justice et les represailles institutionnelles (psychiatrisation

    ou emprisonnement arbitraitre) dont elles faisaient l'objet, etaient par ailleurs explicites.

    les theses emises par Guinee Obelle, bien qu'interessantes, n'avaient jamais ete explorees et avaient disparues avec elle. Rania les exhumait non sans une certaine exaltation, comme le doux vertige que l'on eprouve face a une terre fertile et riches de promesses. Une terre ou un corps.

    L'existence d'une faction Edeniste, specialise dans la mise en oeuvre operationnelle de ces programmes officieux, qui precederent la periode de pacification, lui paraissait, au fur et a mesure de sa lecture, de plus en plus credible.

    Il etait fort probable que l'etat, alors corrompu, et gangrené d'institutions délétères, ait intentionnellement utilise une communauté qu'elle savait deja en position de fragilité, pour mieux la sacrifier ensuite en lui attribuant la responsabilite de ce programme, dont il portait seul la responsabilite.

    Dans la realite, si ces factions communautaires existaient, 

    les tests sur les cobayes humains répondaient a tellement de marches premiers, secondaires et de niches, que les commanditaires pouvaient aussi bien etre des producteurs, chanteurs ou acteurs milliardaires que des laboratoires militaro-industriel. Il s'agissait avant tout de communautés d'intérêt. La course au NBIC, convergence de neurosciences, biotechnologies, informatique et sciences cognitives,

    était lance. L'interface  cerveau-machine était le nouveau marche, et territoire vierge a explorer. 

    Snuffmovies dans la continuite des telerealites de la societe du spectacle, traffic humain rehabilitant l'esclavage, marche florissant de la coercition a ciel ouvert dans des etats ou les prisons etaient un secteur d'activite ultra-rentable, militarisation du marche de la securite et du controle sociale,

    peu importe les motivations des personnalites ou groupes d'interet qui y prenaient part, c'était un secteur d'avenir dans lequel tous ceux qui etaient assez privilegies pour etre avises de son existence, investissaient sans considerations morales sur le sacrifice des personnes ciblees. 

    Le dossier avait ete expurgee de nombreuses informations capitales au fil des passages successifs des differents etats-majors, les parties hermetiquement grisees

    Mais de ce qu'elle avait cru comprendre, il y avait eu 4 cas averees d'illisibles, parmi celui de Guinee Obelle et un 5e cas, mysterieux et  hypothetique. Tous furent utilises , le plus souvent a leur insu mais surtout sans consentement, comme cobayes humains.

    Aussi bien des fins d'experimentations, que dans le cadre de tortures volontaires.

    Les recherches sur l'empreinte cerebral en etait a l'etape transitionnelle des premiers balbutiements aux premiers mots. La resonnance cerebrale de chaque cible etait telechargee, apres capture, sur satelitte, plateforme, mobile ou un familier dinosaure, le reseau Wifi.

    Ce spectre electromagnetique , parfois associe a des nanoimplants heberges a leur insu par les cibles grâce a la complicité d'un dentiste, chirurgien ou autre personnel de sante,  permettait ensuite aux agences de renseignements de déployer une surveillance de chaque instants,

    en temps reel, optimisée par la présence mobile de différents agents sur les territoires. De sorte que même en changeant de lieu de vie, les cibles étaient continuellement traquées.

    Rien n'avait ete épargné aux cibles: leurs vies leur étaient confisquées et leur sante, systémiquement détruites au nom de la science ou de la sécurité nationale, peu importe.

    Ces armes utilisant le spectre electromagnetique, le teneur en eau du corps humain s'en trouvait affecte, entrainat des situation de surchauffe corporelle, deshydratation soudaine, brulure, ect...Chaque reaction et symptome etaient recoupee, analysee, interpretee.

    Malheureusement, la partie de l'empreinte cerebrale qui relevait du langage, restait chez ces illisibles hermetiquement opaques. Il leur etait impossible de lire leurs pensées, comme pour le reste de l'échantillon

    leur pourcentage n'etait pas significatif, mais il mettait en peril l'objet meme de l'experience qui visait un control social total, afin de prévenir tout acte de terrorisme ou meurtre de masses.

    Sut-on par la suite, lorsque vint le temps des justifications et responsabilités partagées.

    En reliant les parties du dossier, restees visibles , entre elles, il paraissait évident  que l'hypothèse d'un materiel de protection empechant la lecture cerebrale, n'en etait pas la cause, comme le laissait entendre les mentions qui avaient échappé au saccage en regle d'un vengeur masque.

  • Un travail d'orfevre : plusieurs questions restaient en suspens, le dossier suscitant bien plus de questions qu'il n'apportait de reponses.

    Rania s'interrogeait notamment sur les raisons pour lesquelles une femme dans la quarantaine pimpante, intelligente, diplomee et bien inseree socialement, mere de 3 enfants, n'ayant aucun lien avce des milieux politiques ou religieux extremistes, comme les courants fondamentalistes des edenistes,

    avait pu etre ciblee par une "Watch list" gouvernementale et considere comme dangereuse, de maniere officieuse.

  • Les photos de sa déchéance physique, ciblée par des armes électromagnétiques de plus en plus puissantes, comme celle de sa paupérisation organisée étaient poignantes.
  • S'ils n'avaient pu pénétrer physiologiquement l'esprit des illisibles, ils avaient pu faire des compilations de plusieurs de leurs interventions via leurs posts laisses sur réseaux sociaux, lieu de sociabilisation et échange virtuel qui avait supplante les forums, dans les années 2010; 

    Aujourd'hui que l' Intelligence Artificielle et les méta-mondes s'étaient généralisés, les jeunes générations se gaussaient de ces pratiques dépassées et d'un autre temps. Mais Rania loua la perspicacité des équipes précédentes.

    sans lesquels ces dix précieuses audio n'auraient pas été disponibles.

    L'appareil sur lequel elles pouvaient être lues, étaient tombe dans un tel état de désuétude qu'il avait complétement disparu du commerce. On ne le trouvait plus, avec certitude, qu'en un seul point de la ville.

    Rania enfila un jogging, but une soupe de lentilles et entreprit de se rendre a pied a la  bibliothèque, vestiges d'un passe révolu ou pour prendre connaissance du contenu d'un livre, il fallait encore en tourner les pages.

    Les bibliothèques avaient été supplantes par les BENESCIENCIA, lieu de transmission ou tout savoir académique pouvait être téléchargé et assimile dans un processus d'apprentissage  accéléré allant de quelques minutes a quelques heures pour les profils les plus érudits. N'importe quel individu pouvait être optimise a tout âge, réorganisé ou réorienté vers n'importe quel direction.

    Un minimum de budget avait été alloues a la réfection de l'édifice abritant la bibliothèque municipale depuis 1960. Il n'y avait pas eu de combat épique entre l'ère digital reposant encore sur la révolution culturelle de l'imprimerie et le virtuel qui s'était affranchi de tous les codes au point de se fondre avec le réel, dans une dimension augmentée ou le support d'impression était l'esprit lui-même.

    La modernité avait juste volontairement oublie cette partie de la ville dans sa course effrénée au progrès, comme on se détourne de vieux oripeaux passes de mode et dont on ne veut jamais se rappeler ni les avoir porte, ni avoir ete vu, aperçu ou holographie avec. 

    Les terminaux numériques permettant l'écoute de la compilation qu'une intelligence artificielle avait pu faire des posts écrits de Guinée, transpose sur sa voix, se trouvaient a l'étage supérieure. Rania y accéda, après avoir signe le registre de son empreinte digitale.

    Elle prit place dans une étroite cabine individuelle et chargea la première bande. La voix claire et posée de Guinee la surprit un peu:

    ______________________________________________________________


Bande 1- Guinee EBODE- Periode de 2017 a 2020

Je ne suis donc pas folle...Je suis tombee sur un site qui explicite enfin ce que je vis depuis des mois. Lorsque j'en parle aux membres de ma famille, ils me font passer pour folle.

"Sauf cas très particulier, le HR n'est pas conçu pour tuer directement mais plutôt pour faire en sorte que les cibles épuisées se suicident ou aient des comportements tellement bizarres qu'on en viennent à les déclarer folles."

 Il y est aussi dit que:

Le "recyclage" du HR est évoqué ( vente des vidéos de la cible chez elle ou lors de provocations à l'extérieur, dans ce cas souvent accompagnées de commentaires ironiques visant à la ridiculiser, dans le style des sketchs "caméra cachée".

Cela pourrait expliquer les nombreuses interventions d'anonymes en lien avec ma situation...

Mais comment est-ce possible qu'autant de personnes participent à ce crime, des proches, des inconnus, des inconnus "connus" comme des personnalités ?

J'ai parfois effectivement l'impression de devenir folle...une situation qui serait beaucoup plus rassurante que cette ubuesque lucidité. 

S'agit-il d'une 'économie parallèle?

Qu’est-ce qui se cache véritablement derrière tout ça ?

La menace démocratique est avérée, le système ayant été retourné à l'avantage de ce qui semble être un crime organisé, mettant en œuvre d'énormes moyens .

Je ne peux m'empêcher de penser aux milliards que rapporte le trafic de drogue dans le monde. 

Ne serait-il pas possible que des organisations criminelles y aient détecté un "besoin social non couvert"?

Des personnes intéressées passeraient commande auprès de « spécialistes » du stalking pour des raisons telles que l’acquisition de biens immobiliers, des conflits d’héritage, la satisfaction d’un besoin de vengeance, l’expulsion d’un employé d’une entreprise, d’un logement, d’une activité artistique, la ruine d’entreprises de taille inférieures par le jeu de la concurrence etc…

Des motifs politiques pourraient également trouver leur place dans cette liste, comme l’ont déjà mentionné certaines victimes.

En dernier lieu, les victimes de stalking commandité pourraient être économiquement « recyclées », ce qui expliquerait que les coûts pour le commanditaire ne soient pas forcément exorbitants :

Des vidéos de l’intimité de la victime ainsi que la retransmission en live de son quotidien sont proposées à la vente.

Les caméras dissimulées, qui sont à peine plus grosses qu’une tête d’épingle, impossibles à trouver et qui peuvent être, au besoin, actionnées à distance, effectuent une surveillance constante.

On peut se le représenter comme un transfert de formats d’émissions de télévision telles que « Big Brother », « Koh Lanta » ou « la caméra cachée » au domaine de la criminalité.

Le tout, présenté de la façon appropriée à l’aide de vidéos courtes auxquelles sont ajoutés des commentaires cruels et cyniques donnerait un « sketch » prêt à la vente. Les fameux "meme" qu'affectionnent les jeunes.

Un « glissement » vers le milieu de la prostitution est tout aussi envisageable, par exemple grâce à l’emploi de drogues telles que le GHB.

Quelle que soit la façon dont les criminels fassent leurs affaires, la possibilité de faire entrer de l’argent existe.

Et vu le nombre de participants, cela semble être un marché TRES lucratif.

Mon Dieu qui nous aidera à sortir de cet enfer?

GUINEE EBODE - BANDE 2- Periode 2020 a 2022

Les attaques électromagnétiques ne cessent de se diversifier et s'amplifier. Le sort des cibles répertoriées en France par ce marché du crime organisé est difficile  à évaluer entre les vrais cibles et les fausses cibles infiltrées, agents du renseignement.

Et je ne parle même pas des vrais fausses cibles, ayant retourné leurs vestes en sauvant leur peau au détriment de leurs compagnons d'infortune.

J'ai essayé d'avoir une approche plus méthodologique afin d' en comprendre les ressort et parvenir à une définition plus ou moins scientifique du harcèlement en réseau.

En recoupant tous les témoignages des différentes cibles rencontrées, j'en ai déduis que c' était une action criminelle, complexe, impliquant de nombreux participants, qui est commise par des individus organisés ainsi que leurs recrues, et probablement proposée comme une prestation de service, qui consiste à suivre/prendre en filature des personnes sur une longue période (parfois des décennies), à surveiller le déroulement de leur quotidien à l’aide de méthodes qui s’inspirent de celles des services de renseignements, à enregistrer leur image ainsi que leur voix et, dans le même temps, à les déstabiliser psychologiquement par le biais d’actions de harcèlement basées sur les « mesures de décomposition » de la Stasi (voir la définition Wikipedia), parfois à leur porter atteinte physiquement et éventuellement à les ruiner financièrement.

Leurs tortures est aussi physiques via l'utilisation  d'armes à énergie dirigée et psychotroniques.

Toutes n'ont pas la même efficacité suivant les cibles.

Si dans la plupart des cas, le mien y compris, l'entourage est souvent recruté et mis à contribution,  il semble qu'il y est differents niveaux hiérarchiques et que ça soit très organisée et codifié. 

Aux niveaux hiérarchiques supérieurs se trouvent ceux qui tirent les ficelles, qui ont établi et mis en marche le programme de harcèlement. Ce sont vraisemblablement d’anciens membres du renseignement , du crime organisé, ainsi que des employés des services secrets et/ ou de sociétés de sécurité privées.

En France, l'agence de renseignement historique étatique a été dissoute,  mais n'a pas disparue pour autant.

Il y'a fort à parier que les agents aient créé des dizaines d'entreprises privées et qu'ils effectuent les mêmes missions en prestations de services à présent.

En dessous on trouve un corps intermédiaire supérieur qui se compose également d’ex membres des services de renseignements etatiques et du crime organisé, mais également de membres corrompus dans les branches professionnelles les plus diverses, comme les télécommunications, l’informatique, les avocats, les médecins, les médias, le cinéma, l’art, la musique, les caisses de supermarchés, photographes, les centres d’accueil pour personnes en difficulté, les associations, Drogues infos services, enseignants, élèves, imprimeries, propriétaires, syndics de copropriété et voisins.

L’administration, y compris la police et la justice, est impliquée.

Au niveau hiérarchique inférieur nous trouvons de nombreux membres, ou suiveurs opportunistes, dont les services sont achetés avec de l’argent ou des avantages en nature.

Ces réseaux semblent être transnationaux. En raison des possibilités offertes par les moyens de télécommunication actuels, les acteurs forment un réseau étroit au niveau national et international.

Leurs méthodes entre en résonnance les unes avec les autres, qq soit les pays concernés.

La désintégration de la personne d’après les méthodes de la Stasi:

Harcèlement de groupe, terreur psychologique, violations de domicile ,  lieu de travail, du véhicule, 

 mise sous surveillance du logement , des communications téléphoniques et de l‘ordinateur, ainsi que des déplacements dans l’espace public.

Des campagnes de calomnie, y compris dans le voisinage, sont régulièrement menées par le biais de rumeurs et dediffamations,  ainsi que sur son lieu de travail  auxquels s'ajoutent de nombreux sabotage qui conduiront la cible, tot ou tard à l'impasse du blacklisting.

Les harceleurs ne reculent pas non plus devant l’emploi de stupéfiants ou de poison. Il en découle pour toutes les victimes à plus ou moins long terme un danger pour leur intégrité physique, d’autant plus que les harceleurs ont accès aux denrées alimentaires lors de leurs violations de domicile.

Que des meurtres et tentatives de meurtre, des violences physiques et sexuelles (ces dernières commises grâce à l’utilisation des stupéfiants mentionnés plus haut) soient commis est un fait avéré.

Toutes ces méthodes sont choisies de façon à susciter l’incrédulité chez une personne non au courant de ce type d‘agissements : les victimes sont déclarées paranoïaques (l’effet Martha Mitchell). Cela se produisait aussi lorsque la Stasi appliquait ses « mesures de décomposition » dans l’ex DDR, et il s’agit en fait d’un effet secondaire qui est souhaité par les harceleurs.

Les nouvelles technologies sur lesquels pesent une criminelle omerta sont souvent utilisées dans cet onjectif:

Qui peut croire qu'on peut vous voir à travers les murs, quelque soit la pièce, même la plus sombre ou la plus intime?

Que vos pensées n'ont, comme c'est le cas de certaines cibles, aucun secret pour ces tortionnaires ?

Qu'il est possible de vous infliger les pires souffrances physiques, sans vous toucher?

De provoquer a distance des cancers, des AVC, des accidents, tous mortels?

Qu'un génocide lent est en cours?

GUINEE EBODE-BANDE 3- Période de pacification 

 Apres plusieurs années de lutte vaine, je suis complètement encerclée. Le processus d'élimination sociale est arrivée a son terme, et probablement même que mon acte de résistance fait partie d'un des scenarii définis par l'Intelligence Artificielle en charge de ce programme para-etatique, afin d'améliorer ses capacités au gré des réactions des cibles les plus agiles.

C'est la raison pour laquelle les cibles les plus futées, malgré les attaques et atteintes répétés a leurs droits constitutionnels, ne font aucune démarche juridique, aucune plainte, aucun recours administratif puisque le système englobe les institutions. Aucun mouvement sous les radars.

Nous avons grandi dans l'idée que la démocratie était une réalité tangible, et non une construction langagière vide de sens. Or il n'existe pas de droits, sans accès réel a ce droit.

Quel intérêt d'avoir le droit de conduire, si vous n'avez ni voiture, ni permis, ni pieds, ni incarnation physique...A quoi, vous servirait une voiture de l'au delà, si un jour, vous n'êtes tout a coup plus personne? 

C'est contre cet effacement progressif, aussi inéluctable que le temps qui passe, que j'ai décide de ne plus lutter. Trop tardivement, après avoir perdu famille, relations, argent, temps et énergie.

Mon harcèlement a commence il y'a longtemps, et j'ai probablement été mise sur une de ces listes, bien avant que je ne sache parler ou marcher. Une liste d'observation en ma qualité de résiliente, née prématurément, et plus tard, d'enfant précoce. Beaucoup plus tard, j'ai du basculé dans une liste de personnalités a surveiller, et enfin dans une liste d'ennemi d'état en raison de ma lutte pour la préservation de nos libertés individuelles.

Certains parmi nous, sont coptes dès l'adolescence et orientés au gré des rencontres vers des cercles de réflexion ou d'études dans lesquels sont minutieusement triés les profils les plus prometteurs, destinés a servir l'élite. Ca a été de nombreuses fois mon cas, mais je me suis toujours ennuyée fermement dans la vacuité de cet entre-soi aseptisé, et reprenant ma  liberté, je préférais de loin la compagnie féconde des livres

Ma fratrie, dont ma sœur qui a pris du galons et est a présent une des têtes pensantes de mon ciblage, n'a pas emprunte ce chemin: de compromis en compromissions, ils ont renonce au lien qui nous liait. Ils sont devenus mon maillon faible et moi, leur opportunité de progresser dans un échiquier ou la dimension sacrificielle était vecteur d'élévation sociale.

La psychiatrisation, les fausses charges criminelles, les montages juridiques et les escroqueries en étaient les pions les plus efficaces. 

A partir de quand, et comment décidèrent-ils tous d'un commun accord, passé dans le secret du complot, de me "protéger de mon vain combat", ce bien sur dans l'unique but de préserver " ma sante mentale", élément de langage institutionnel qui s'est impose entre 2019 et 2021 dans le langage commun.

Comme si ce combat n'était pas aussi digne que leur course folle a l'enrichissement, la prédation et la domination , voire asservissement, d'autrui ?

Est ce qu'ils me protégeaient moi, ou protégeaient-ils des intérêts commun, collectivement acquis au détriment des miens?

Des intérêts patrimoniaux dont j'ai été lésée ,n'ayant jamais été associée a la succession de mon propre père. 

Des intérêts sous forme de dividendes que je ne reçois pas mais que, mon ancienne associée Carrie, proche du pouvoir en place et de certains membres de ma famille élargie, perçoit peut-être

Un intérêt a ce que je garde le silence , moi qui ait été violée a plusieurs reprises, empoisonnée, gazée, torturée par le biais d'armes jusqu'ici confidentielles, les armes a énergie dirigée. Le tout diligenté par de probables membres de leur entourage, puisque le déploiement opérationnel de ce processus d'élimination, au niveau local, est essentiellement communautaire?

Comme dans un cancer salement métastasé, les communautés ne jouent plus leur rôle de corps intermédiaire protecteur, et se mettent a attaquer leurs membres les plus sains, ne les reconnaissant plus comme l' un des leurs.

A leur décharge, il ne peut pas s'agir de simples manipulations sur la base de campagnes de calomnie ou de diffamation visant a répandre des mensonges qui feront de l a cible un bouc-émissaire. 

Nous n'en sommes plus là:

Aujourd'hui la fabrique de l'opinion s'appuie sur une viralité technologique: amplifiée par des réseaux sociaux et plateformes numériques spécialement conçus a cet effet (harcèlement furtif), ils sont optimises par des technologies innovantes relevant de la seule vraie révolution numérique, celle de l'interface cerveau-machine. Elle permet grâce aux algorithmes et empreintes cérébrales enregistrées , de lire les pensées de n'importe qui, n'importe quand et probablement même de créer des champs ou dôme, dans lesquels un groupe de personnes seraient connectes entre elles "cérébralement", comme nous le sommes aujourd'hui en Wifi.

En dehors d'individus isolés comme moi, des communautés entières, j'en suis convaincue, sont spécifiquement ciblées comme celle des Edenistes, en raison de leur hégémonie culturelle et lien de solidarité qui les lie. Elles ne sont pas les seules: tous les groupes communautaires correspondant a ces critères, sont instrumentalises, le plus souvent a leur insu et participent a une expérience sociale dont ils ignorent tout.

Les tortionnaires locaux, ceux qui me suivent depuis plusieurs années et ont systémiquement mis ma vie en vrac, disent de moi que je suis "intorturable". Ils ont leur propre lexique, et je serai une "identité remarquable", ce qui doit correspondre a un certain niveau de difficulté chez eux comme dans les différents stages d'un jeu vidéo. 

La verite est que je ne suis ni l'un, ni l'autre. J'ai tout perdu, et je suis en passe de probablement perdre grâce a leur ingénieux et illégaux montage juridique (car ils ne la jouent jamais réglo sur le vaste échiquier de la triche), la seule leçon apprise: profiter de chaque instant auprès de ma fille, ma benjamine, Tonie.

Elle a lave mon déshonneur et apporte lumière, joie et légèreté dans ma vie. Lorsque je l'engueule pour une erreur mineure, et qu'elle me brave d'un "he, pourquoi tu cries sur moi comme ca", je me reconnais en elle. Lorsque penaude, elle formule "je suis désolée, est ce que tu peux me pardonner", je me reconnais en elle. Je m'étonne qu'elle sache a un si jeune âge faire la distinction entre ces deux moments de verite. Je ne vois jamais, pas un seul instant, même l'ombre de mon agresseur en elle.

Elle est la raison pour laquelle je me bats, les deux grands ont leur père. Elle, elle n'a que moi.

Mais aujourd'hui, notre combat n'est plus acte de résistance, car cela ne sert plus a rien dans un système vérolée par la corruption. Si je l'avais su plus tôt, j'aurai été directement a l'essentiel.

Notre combat est aujourd'hui une ode a la vie dans laquelle chaque jour est jour de gagne pour transmettre, partager, rire, se balader, lire, peindre, écrire, sauter, faire une expo, un ciné, des rollers, du cerf-volant, un gâteau, parler, s'embrasser, nous dire au moins 10 fois par jour que nous nous aimons, nous baigner, apprendre a nager, nous enlacer, peut-être même voyager...

Nous construisons une bibliothèque sensorielle de souvenirs et de mots, dans laquelle elle pourra toujours puiser, toue sa vie durant.

On imagine pas la force qu'apportent ces moments la, dans la plus dark des adversités.

________________

Une branche locale de jeunes Edenistes ultra-radicaux avaient pris en charge le ciblage de Guinée.

Parmi eux se trouvaient d'anciens délinquants recyclés par les services de renseignements, de dangereux fondamentalistes dont on avait pas trouve d'autres moyens de canaliser le besoin contagieux d' auto-destruction, des convertis recherchant désespérément un ancrage qu'ils ne percevaient pas ailleurs, des hommes frustres qui avaient une revanche a prendre sur eux-meme, bien plus que sur la vie.

Il y avait surtout des talents perdus, de brillants stratèges dont l'intelligence avait ete circonscrite par un extrémisme borné et une haine de l'Autre, qui n'était au fond qu'une version différente d'eux-meme.

Comment cet escadron de la diversité avait-il été forme? Le dossier des illisibles ne l'indiquaient pas, tout comme il ne donnait aucune indication sur leurs ordres de missions, sur les niveaux supérieurs validant leurs accréditations et demandes de rallonges budgétaires, ou de moyens logistiques supplémentaires. Aucune indication sur les véritables donneurs d'ordre et le niveau de commandement supérieur de ce programme de "renseignement".

Outre les informations précieuses contenues dans les 10 audios  qu'elle détenait, l'inspecteur Castel nota qu'il était étonnant que soit précisé, entre les nombreux espaces lacunaires du dossier expurgé, l'orientation religieuse d'hommes que seuls l'appât du gain, et la volonté de contrôle et domination, avaient réuni.

Le propre frère de Guinée,  converti comme l'exigeait son union avec une Edeniste, avait facilité un certain nombre de démarches illégales de ce groupe...en raison des biens dont il l'avait spolié. 

Une autre faction asiatique, avait été associée à certaines opérations, sans qu'on ne puisse savoir avec certitude s'il s'agissait d'une officieuse prestation de service avec une entreprise étrangère (et dont le pays était alors en guerre économique avec le leur),

Ou tout simplement des concitoyens organisés en communautés, et recherchant leur part de marché dans ce lucratif marché du crime.

[Digression organisation communautaire, identité nationale et démarche inclusive/ introduction 2e intrigue]

-

- (Work in process......)

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Digression organisation communautaire, identité nationale et démarche inclusive/ introduction 2e intrigue]

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Rania Castel était d'un point de vue identitaire, la construction permanente d'un paradoxe. Elle portait un prénom qui aurait pu passer pour Edeniste s'il n'etait pas tombe des les premières heures de la pacification dans le top 3 des prénoms féminins les plus attribues , en raison de la popularité galopante d'une star de téléréalité qui avait été une cheville ouvrière de cette période.

Ethniquement catégorisée comme blanche depuis que les statistiques a caractère raciaux et religieux étaient autorises afin de faciliter le fichage et contrôle social, elle n'en était pas moins noire, ayant été adoptée par deux parents noirs, parfaitement pacifies. Seule fille d'une fratrie composé de 4 robustes garçons, enfants biologiques du couple Castel, elle avait été choyée en raison de son rang de petite dernière, de fille et probablement aussi d'orpheline, bien qu'elle ne se soit jamais sentie comme telle parmi les siens.

Sa montre connectée s'alluma et projeta l'hologramme de deux femmes noires manifestement sous la légère et grisante emprise des premiers verres. Leurs visages cuivrés rougissaient sous la douce chaleur des vapeurs d'alcool, leur ôtant toute retenue.

T'es ou Nya? demanda Carole, on a besoin d'un flic pour mesurer la dose règlementaire pour correctement se pochtronner. T'as encore ton joujou du siècle passe la, un etylo-machin-chouette qu'on rigole...

Ah ouais, rajouta Guyslaine en gonflant ses joues d'air et relâchant le contenu vers sa direction , c' était dément de souffler dedans. Ramènes-en un s'il te plait...

Rania ne prit même pas la peine de relever. Elle n'était pas au bureau ou se trouvait la réserve d'objets obsolètes que la police de la circulation n'utilisait plus, comme des menottes, gyrophare, éthylotest, ect...

Mais il était surtout hors de question pour elle de les rejoindre, alors qu'elle commençait a percevoir les contours de ce qui pourrait être l'affaire de sa carrière, et la propulser a d'inespérés sommets, auxquels elle n'aurait pas ose rêver, il y'a quelques jours encore.

Ecoutez les filles, je rentre, je suis "crevee-tte", feminin de crevé. Je vais aller me pieuter, et vous devriez pas non plus tarder si vous ne voulez pas finir dans le lit de n'importe quel âme peu charitable au pratiques douteuses, si vous voyez ce que je veux dire..

Raconte pas de conneries et ramène tes miches. Il nous manque une blanche pour éclairer le trio, tu sais bien que ces abrutis de mecs ne nous voient pas bien sous ces éclairages miteux.

C'est bien la peine de dépenser autant en "soie de teint" derniere generation, je pourrai aussi bien porter une chaise ou une table. Serieux  ces faux gars font pas de difference entre nous et le decor...Tout a l'heure, un de ces cons m'a bousculé sans s'excuser: j'ai eu peur qu'ils cherchent à remettre des verres en place!

- Et puis, lorsque tu es la, ca decuple le traffic de mecs celibataires disponibles, dans le perimetre

Rania renonca a leur faire entendre raison.

Ok, je viens mais seulement pour vous mettre dans une capsule direction Le-Lit-On-Dort

C'est quoi, ca ? Un nouveau bar? On est a la tour argentée au fait, en terrasse au 136e...

Je m'en doutais, j'arrive.

Elle ne repassa pas par chez elle, mais profita du trajet pour se recoiffer et se maquiller. Sa tenue était sportive, mais pas négligée. Aucun de ses frères n'auraient pu entrer en jogging dans un tel lieu. Mais elle, il lui suffisait d'exposer ses dents, et lancer une œillade appuyée aux rangs de vigiles, pour qu'ils lui ouvrent un large passage , telles des portes automatiques.

Carole  faillit se deboiter la jambe en sautillant  sur ses perches, pour l'aider a reperer leur emplacement. Elles etaient ravissantes. Rania n'avait jamais compris les regles faussées de l'imposture du teint clair qui lui permettaient d'etre la plus courtisée.

La tour argentee etait une bâtisse cylindrique immense dont la particularité etait les parois holographiques sur lesquelles pouvaient etre projetés n'importe quelle réalité augmentée, la plus impressionnante etant une transparence totale qui donnait le sentiment glaçant de flotter au dessus du vide. Meme les habitues avaient un mouvement d'étourdissement lorsque le sol se dérobaient visuellement sous leurs pieds.

Rania les rejoint et le bal habituel des soirées trop arrosées se répéta. Elle qui etait venue les chercher se retrouva au bout du 2e verre a chuchoter a l'oreille d'un inconnu des réponses ineptes et inventées aux questions convenues du cirque millénaire de la drague. Il était hors de question qu'elle le revoit: il était aussi intéressant qu'une goutte de pluie. Elle faisait juste passer le temps en sirotant un cocktail trop sucrée et mal dosé en alcool. Carole dansait avec d'autres noceurs sur la silencieuse piste de danse, un casque a induction crânienne sur les oreilles lui permettant d'écouter individuellement la musique de son choix. Le spectacle de danseurs, évoluant dans des univers musicaux différents, composait toujours un ballet hétéroclite , désarticulé et intéressant.

Ghyslaine, assise en face, se montrait beaucoup trop entreprenante, envers un goujat qui adossé a son siège et faisant mine de lui parler,  léchait sans retenue d'un regard avide,  tout ce qui passait.  Rania eut un haut le cœur, lorsqu'il la fixa avec lubricité pleine d'aplomb, passant sa grosse langue pâteuse sur ses lèvres et remontant ses mains sous la jupe d'une Ghyslaine distraite.

Rania mit quelque secondes a comprendre l'objet de cette distraction: Son amie lui faisait de grand signe en désignant un grand noir lockse qui remontait vers la sortie. Cisco.

Son cœur bondit dans sa poitrine comme chaque fois qu'elle le voyait. Il l'avait évidemment repéré, même s'il faisait mine de l'ignorer. Elle le savait. Elle le rejoint en terrasse, suivant leur tacite convention.

Ils avaient essaye pendant plusieurs années de cheminer ensemble dans toutes le configurations possibles:  couple, amants, amis, couple platonique, ils avaient même poussé jusqu'aux fiançailles, qu'il avait unilatéralement brisé la veille de leur impossible union. Ils  s'étaient détestés, et même au plus fort de la haine, la passion les avait entraine dans les toilettes d'un restaurant du centre-ville ou elle avait joui en l'insultant, tête penchée, genoux sur la cuvette et croupe offerte. 

Cisco et Rania s'étaient connus lors d'une des rencontres annuelles des Benesciencias, durant lesquelles étudiants autonomes et professeurs assistaient a différentes conférences, festivités et manifestations sportives, ayant pour but principal de célébrer la fraternité pacifiée et développer le lien social, ferment d'une paix durable.

La rivalité était déjà le moteur de leur relation, tantôt malsaine lorsque la compétition prenait le dessus, et tantôt apaisée lorsqu'elle exprimait l'émulation constructive: elle le défia a la course sur 1000 mètres. S'il l'avait élégamment laisse prendre l'avantage les premières dizaines de mètres, il dut puiser dans ses ultimes réserves d'endurance pour accélérer sur la dernière ligne droite et ne pas perdre la face. Il l'emporta de quelques dizaines de secondes a peine. Une femme, blanche de surcroit?! Il en aurait entendu parler tout le reste de l'année, lui qui suivait un cursus s'inscrivant dans l'univers ultramasculin du management des structures des opiacées. 

Au siècle dernier, il aurait été hors la loi, peu importe son chiffre d'affaire. Le métier portait alors le nom de "dealer", et correspondant a un certain nombre de délits et crimes pénaux. Aujourd'hui, l'industrie florissante des paradis artificiels, associée aux récentes innovations technologiques et scientifiques, s'était élevée au rang d'art et de lifestyle, s'inscrivant dans l'univers du bien-être au même titre que le Yoga et le Pilate, l'invitation au voyage en plus.

Cisco avait monte sa propre affaire en brevetant une serie de pilules colores, aux propriétés multiples permettant d'accéder a une réalité sensorielle augmentée, tout en expérimentant des univers parallèles. 

Chaque pilule etait en soi une "expérience" a part entière.

Leur relation était a présent apaisée. Ils savaient qu'ils ne se voyaient que pour ca, et laissaient aux circonstances la liberté de decider quand "cela" devait se passer, "ou" et "a quelle régularité". Rania soupçonnait quand même ses amies de n'être pas étrangères a cette luxurueuse providence.

- Quelle pilule  ?, demanda Cisco

- La bleue, repondit-elle

Ils prirent l'ascenseur a impulsion électromagnétique,  en direction du 96e niveau du sous-sol de la tour argentée qui avait la particularité d'être a la fois gratte-ciel et gratte-terre, puis ils empruntèrent le dédale de couloirs distribuant plusieurs suites. Les effets de la pilule bleue, une de ses préférées, se faisaient déjà sentir lorsqu'ils poussèrent la porte, lèvres contre lèvres, bouches entrouvertes, ses mains remontant le large torse de Cisco, tandis qu'il empoignait a pleine main ses fesses en les écartant. 

Les suites du gratte-terre étaient décorées avec un gout pointu: empire, art-deco, moderne ou boheme-chic, les meubles et les étoffes les plus précieuses étaient agencés et présentés avec ce qu'il convenait  d'équilibre entre le soin le plus recherché et l'originalité. 

Pourtant les pilules avaient été conçues pour transcender cette réalité, aussi luxueuse et confortable, soit-elle. La pilule bleue abolissait le temps et l'espace, ainsi que les frontières corporelles. Cisco ne se retrouva pas en Rania. Non, il se fondit littéralement en elle: ressentant ce qu'elle ressentait dans l'acte de pénétration, ses sensations se trouvant décuplés en des zones inhabituellement érogènes comme le bout des seins. Il s'élargissait dans une onctueuse et mousseuse suavité que venait fendre le désir, de plus en plus enflé, de Rania, fébrile, vorace, dure comme l'acier.

Chacune des pilules commercialisées par Cisco avaient un effet particulier: la jaune, transportait immédiatement dans l'univers primitif du règne animal. La rose baladait alternativement le voyageur, d'un état liquide a solide. Cubique était-elle tentée de penser si elle s'en tenait a ses sens démultipliés.  La verte accéléraient le temps, tandis que la rouge, le ralentissait en l'étirant tant et si bien qu'il en devenait élastique et malléable a souhait, cyclique et reversible.

Mais de toute les pilules testées, la bleue était incontestablement la favorite de Rania, d'autant plus que ses effets étaient sensiblement plus longs que les autres.

Lorsqu'elle émergea de la moite torpeur qui suivait toujours leurs ébats, après les avoir plongé dans un doux sommeil, il était déjà 6 heures du matin. Cisco dormait encore, reposant telle une statue grecque coulée dans l'ébène le plus pur. Elle l'embrassa sans le réveiller, et sortit en vitesse. Sur le chemin du retour, son téléphone sonna. Elle refusa le mode holographique, pour éviter a son interlocuteur une crise cardiaque ou fracture de la rétine, et passa directement en audio. C'était le préfet.

- "Bonjour Mr Le prefet, je serai au bureau dans 1 heure au plus tard. J'ai eu le temps de prendre connaissance du dossier de chacun des illisibles, notamment celui de Guin..."

- "Inspecteur Castel, c'était justement a ce propos que je voulais vous joindre a une heure aussi matinale. Prenez tout votre temps, ne vous inquiétez plus de ce dossier. Votre département n'en a plus la responsabilité.

- Mais, monsieur le préfet, objecta Rania, je ne comprends pas. Ai-je commis une erreur dans ma démarche? Je..."

- Non, rassurez-vous, vous n' êtes pas du tout en cause. Le prisonnier a été transféré aux services charge des anomalies. Cette décision a été prise a un échelon bien supérieur au mien. C'est une question de sécurité étatique.

Apres avoir raccroche avec le préfet, Rania se sentit étrangement vidée. Mais elle ne savait pas si c'était par sa nuit, et par cette nouvelle qui lui ôtait prématurément  toute possibilité de pouvoir enfin faire ses preuves.

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