Enfin l'administration numérisée ... ou pas

Ça y est, en Marche est arrivé et apporte dans son mouvement, toutes nos démarches administratives au bout du doigt sur notre portable. Mais est-ce une si bonne chose?

En marche est arrivé

Ca y est, la société civile a investi la politique, les éléphants d'arrière garde qui avaient peur d'internet sont partis, les vrais gens de la Startup Nation accompagnés par la French-tech vont enfin pouvoir moderniser l'état. Franchement qui n'en n’a pas marre de ces démarches administratives longues et fastidieuses dans un monde qui va de plus en plus vite.

Tous y sont déjà: les banques, les assurances, les mutuelles, les forfaits téléphone/télé/internet ... il ne manquait plus qu'eux.

Mais si cela est si évident qu'il faut améliorer les services, alors on peut se poser la question: est-ce que la peur d'internet de l'arrière garde politique est justifiée pour rester sur le status quo?

La sécurité en informatique

L'état est vraiment en retard sur énormément de choses: il n'y a pas que le vote électronique, les services publiques sont compliqués à utiliser: on a un compte pour Améli, un pour Pôle Emploi, un pour les impôts.

En plus, si les banques sont passées au numérique c'est qu’il y a des moyen sécurisés ... ou pas.

Les banques sont victimes d'attaques très régulières: de petits piratages comme du massif, les codes de cartes bleues ont un cours en bourse sur le Darknet. Les banques investissent massivement dans la sécurité informatique chaque année et changent régulièrement de procédure pour l'identification de leurs clients.

Personnellement, ma carte bleue s'est faite piratée il y a environ 7 ans, j'ai été porté plainte et je suis tombé sur un policier blasé qui m'a dit qu'il en voyait de plus en plus qui avaient ce genre de problème.

Voici une petite liste (non exhaustive) de failles importantes de ces dernières années:

et si vous voulez voir les failles de sécurité du site ubuntu-fr.org, de la maison blanche plus a jour il sont passer sur wordpress et bien d'autre, il suffit de suivre les failles officiel de Drupal (les mises à jour permettent de palier à ces failles)

tout cela pour dire que des failles il y en a régulièrement qui sont révélées.

Le danger individuel

Comme on vient de le voir, il y a beaucoup de failles, mais alors pourquoi ma banque accepte cela et pas mes services publiques?

Deux éléments de réponse:

  • toutes les failles ne sont pas forcement exploitables à grande échelle
  • la sécurité en informatique se mesure avec : le maillon le plus faible du système (celui qui a une faille) / l'importance de la donnée

Tout est dans les derniers mots "l'importance de la donnée" : les banques protègent notre argent, c'est important, mais que protège l'Etat comme données?

L'Etat protège notre identité individuelle aux yeux de l’administration et le risque de vol d'identité sera accentué surtout avec un compte unique. Certaines personnes ont beaucoup de mal à se remettre d'usurpation d'identité et cela risque d'être pire avec un compte pour toutes les administrations.

Même si l'usurpation d’identité n'as pas attendu le numérique, on peux supposer qu'elle sera simplifiée par l’accessibilité que permet internet.

Facture numérique

Dans le projet, il ne parle pas de la suppression des services IRL (In Real Live: avec des vrai gens), mais on peux très bien imaginer que si l’on arrive à des taux acceptables d'utilisation des ces services ( 90% des citoyens ) on pourra considérer que ces services ne seront plus que numériques car cela permettra d'effectuer de grosses économies.

Mais on risque d'accentuer les disparités ville/campagne comme avec les bureaux de poste et les services publiques en général.

De plus, la réponse de plus en plus courante des services publiques est "allez voir sur Internet" mais il y a des gens de 30 ans qui n'arrivent pas à envoyer un mail et qui sont très mal à l'aise avec l'outil informatique.

Le danger collectif

La sécurité n'est pas un logiciel, c'est un processus et sur un parc informatique, comme celui de la France, il y a forcément énormément de failles de sécurité.

De plus, des Etats ont été mis à genoux après une transformation au tout numérique comme l'Estonie en 2007 et bien que je pense que la France soit mieux préparée, on n'as pas le droit à l'erreur, c'est la sécurité et la stabilité de l'Etat qui en dépendent.

Conclusion

Cet article à charge (si si) met en garde contre le risque de précarisation d'un certain nombre de citoyens notamment les plus fragiles et fait prendre conscience des risques sociétaux de la transformation numérique. On ne peux pas empêcher les services publiques de s'améliorer mais il faut qu'ils restent accessibles à tous les citoyens.

 

cc
  Naoned Troll, Victoria (et peux être vous si vous contribuez, si vous plaît)

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