Michigan: une loi sur la liberté religieuse inquiète la communauté LGBT

La semaine dernière, la Chambre des représentants du Michigan a validé une loi sur la liberté religieuse, qui pourrait ainsi autoriser la discrimination contre la communauté LGBT.

La semaine dernière, la Chambre des représentants du Michigan a validé une loi sur la liberté religieuse, qui pourrait ainsi autoriser la discrimination contre la communauté LGBT.

La Chambre des représentants du Michigan, basée à Lansing. © CC La Chambre des représentants du Michigan, basée à Lansing. © CC

Selon cette "Religious Freedom Restoration Act", les individus et les entreprises pourront être fidèles à leurs valeurs religieuses mais également être exempt de suivre certaines règles comme les lois anti-discriminations. Ironie du calendrier, la même semaine, la Chambre des représentants du Michigan a rejeté une loi anti-discrimination LGBT. Pour l'instant, la loi n'est pas encore en vigueur. Elle doit être examinée par le Sénat du Michigan pour pouvoir être définitivement entérinée.

Selon un article du New Civil Right Movement, grâce à cette loi, un pharmacien pourrait refuser de vendre un moyen de contraception, ou un traitement contre le VIH. Autre exemple, un urgentiste ou un ambulancier pourrait refuser d'avoir comme patient une personne homosexuelle. Un professeur pourrait refuser de conseiller scolairement un enfant issu d'une famille homosexuelle, et une auto-école pourrait refuser de donner le permis de conduire à une femme ou un homme divorcé(e). 

Un État républicain composé de villes pro-démocrates

Le Michigan est un État dirigé par les Républicains où certaines villes sont ancrées depuis des dizaines d'années à gauche. Par exemple, East Lansing a été la première ville de l'État des Grands Lacs à passer une loi anti-discrimination contre sa communauté LGBT dans les années soixante-dix.

La ville a d'ailleurs été suivie par 35 autres municipalités parmi lesquelles Ann Arbor, Flint, Lansing (la capitale du Michigan) ou encore Traverse City. Cette ordonnance pourra être la seule barrière contre la discrimination anti-gay lorsque la loi sur la liberté religieuse sera entrée en vigueur. 

Une loi déjà présente dans 19 États américains

La plupart des "Religious Freedom Restoration Act" sont basés sur une loi signée par Bill Clinton en 1993. Cette loi avait été encouragée par une décision de la Cour suprême. Elle avait en effet validé le choix de l'État d'Oregon le refus d'indemniser un Indien d'Amérique licencié en raison de l'utilisation d'herbes hallucinogènes pour ses rituels religieux.

Dans la presse américaine, plusieurs faits divers ont mis en avant les tentatives abusives d'utilisation de la loi. À Albuquerque (Nouveau Mexique), où la loi est en vigueur, une photographe a exercé son droit afin de refuser de travailler lors un mariage lesbien en 2013. Poursuivi par l'État, le studio a été condamné pour discrimination grâce à une loi anti-discrimination, également en vigueur au Nouveau Mexique.

En 2012, au Colorado, où cette loi n'existe pas, un boulanger de la banlieue de Denver avait refusé de préparer un gâteau pour un mariage homosexuel à cause de ses croyances religieuses. Attaqué par le couple, il a été condamné pour discrimination et a finalement décidé de ne plus vendre de gâteau de marriage.

Néanmoins, cette loi est en vigueur dans dix-neuf États américains: Alabama, Arizona, Connecticut, Floride, Idaho, Illinois, Kansas, Kentucky, Louisiane, Mississippi, Missouri, Nouveau Mexique, Pennsylvanie, Oklahoma, Rhode Island, Caroline du Sud, Tennessee, Texas et Virginie.

 

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