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Billet de blog 31 mai 2017

Flint: une ville plombée par son manque d’eau potable

La ville de Flint, dans le Michigan, est toujours en état d’urgence. Les habitants n’ont pas accès à l’eau potable car depuis trois ans, l’eau est empoisonnée par du plomb. Le quotidien est rythmé par les passages aux centres de distribution d’eau mis en place par la Ville et les églises.

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Depuis janvier 2016, la ville de Flint n’a guère changé. Pourtant, après une déclaration d’État d’urgence municipale, régionale, puis fédérale, les habitants pensaient être enfin sortis d’affaire. “La première chose que je tiens à dire, c’est que nous sommes toujours avec nos bouteilles d’eau et nos filtres”, s’agace Karen Weaver, la maire de Flint. 

Un an et demi auparavant, elle a été élue première édile grâce à son militantisme et son indignation face à l’empoisonnement au plomb que sa famille et elle ont subi, comme 100 000 autres résidents. Petit à petit, l’indignation laisse place à la colère. “Cela fait trois ans, trois ans !”, s’exclame la maire.

Karen Weaver s’est fait élire sur la promesse de trouver une solution à la crise de l’eau. © Nastasia Peteuil

Il faut remonter à avril 2013 pour comprendre la situation dans laquelle les habitants de Flint se trouvent actuellement. Car en 2013, Flint, comme la Ville de Détroit, est en récession depuis plusieurs décennies. La crise financière de 2008 donne un coup à ces deux cités, symboles de l’industrie automobile. Flint se voit alors placé sous les décisions arbitraires d’un administrateur d'urgence, nommé par le gouverneur du Michigan, Rick Snyder, dont la mission principale est de redresser les finances. 

Après avoir augmenté les impôts et réduit le nombre de personnels administratifs, l'administrateur s’attaque au prix de l’eau. Avant 2014, Flint achetait son eau à Détroit, qui se fournit dans le Lac Huron. Détroit faisant face à ses propres problèmes, la Ville doit augmenter le prix de l’eau. L'administrateur de Flint décide de ne plus recourir au service de la « Motor City » et encourage la construction de son propre système d'acheminement. Le conseil municipal décide donc, qu’entre-temps, la ville pourrait utiliser l’eau déjà sur place: la rivière de Flint. 

Dans ce bassin industriel, la pollution fait partie intégrante du paysage. Plusieurs usines installées près de la rivière n’ont pas hésité à se servir de l’eau comme d’une chasse d’eau pour leurs déchets entre la fin des années 1930 et le début des années 1970. Peu réjouis à l’idée de boire l’eau de cette rivière, les habitants font confiance à l’État qui promet que l’eau sera traitée et par conséquent potable. 

Très vite, les habitants se plaignent de la couleur de l’eau, de son odeur, de rougeurs et de pertes de cheveux. Cependant, l’administration municipale et l’Agence de protection environnementale (APE) expliquent aux résidents que tout est normal. En août 2015, une équipe de la Virginia Tech vient à Flint, analyse l’eau, et trouve un taux de plomb dangereux pour la santé, près de 200 fois plus important que le taux maximum. Entre-temps, General Motors, l’usine automobile phare de la région, a arrêté de se servir de l’eau de la rivière depuis plus d’un an, car “trop corrosive” pour ses machines. L’administration persiste à expliquer que l’eau est de bonne qualité.

La Ville perd 400 000 dollars par an depuis que General Motor a décidé de ne plus utiliser les infrastructures de Flint. © Nastasia Peteuil

Quelques semaines plus tard, une pédiatre de l'hôpital de Flint donne une conférence de presse pour expliquer que les enfants ont un taux anormal de plomb dans leur sang. “C’est la première fois que j’organisais une conférence de presse”, se rappelle Mona Hannah-Attisha, “mais nous n’avions plus le choix”. 

“Nous souhaitons limiter l’exposition au plomb, donc il faut allaiter, conseille-t-elle aux mères devant les journalistes locaux, et pour les enfants qui ne sont plus allaités et les femmes enceintes, il ne faut plus utiliser l’eau du robinet. Filtrer l’eau est probablement une bonne idée, tout comme éduquer les populations, mais également changer la source d’eau potable”. Pour la première fois, on demande officiellement à la ville de Flint de ne plus utiliser l’eau de la rivière.

Dix jours plus tard, le gouverneur Rick Snyder est contraint d’annoncer l’État d’urgence. 

Le bilan est grave. Dix personnes ont succombé à la légionellose causée par le plomb. Plus de 30 000 enfants ont probablement été empoisonnés, ce qui va ralentir leur développement physique et intellectuel. Tous les habitants ont été traumatisés par les mensonges de l’administration en place. 

Les regards se tournent vers les responsables de la crise. Des centaines de procédures se mettent en route, ainsi qu'une poignée d’actions collectives réunissant des milliers de résidents.

En recherche de justice

L’avocate Trachelle Young a rapidement été contactée par de nombreux citoyens qui souhaitaient porter plainte contre l’État du Michigan. Depuis plus de deux ans, elle prend cette cause à coeur. Sur son bureau, des dizaines de classeurs avec la mention “Flint” sont entassés.  

À ce jour, aucun dédommagement n’a été versé. Pire encore, chaque mois, les foyers paient leurs factures d’eau - entre 150 à 200 dollars - trois fois plus cher que la moyenne nationale. Ils ne peuvent plus utiliser l'eau, mais la paie comme si elle était d’une qualité supérieure. L’avocate ne supporte plus cette injustice et compte bien faire payer les responsables : elle demande 150 millions de dollars afin de rembourser les factures payées pour consommer de l’eau empoisonnée. 

Trachelle Young est l’avocate de l’organisation Coalition For Clean Water qui, dès juin 2015, s’est battue pour changer l'arrivée d’eau. © Nastasia Peteuil

Elle a déjà mené plusieurs audiences, mais la réponse de l’État du Michigan est toujours la même : “oui, on a semé la pagaille, nous nous sommes trompés, mais nous sommes le gouvernement, nous étions de bonne foi et vous ne pouvez pas nous poursuivre en justice”.

“Les habitants ont un sentiment d’injustice car le gouvernement déclare qu’il n’est pas responsable de ses mensonges ou d’avoir déclaré que l’eau était potable alors que l’on envoyait des bouteilles d’eau aux fonctionnaires”, rappelle la femme de loi, plus frustrée que jamais face aux réponses du gouverneur.

Une première victoire avait soulagé les esprits en avril 2015. Trois employés avaient été poursuivis en justice. Stephen Busch et Michael Prysby, employés de l’État du Michigan et Michael Glasgow, employé de la Ville et directeur de la qualité de l’eau, ont été accusés de “négligence et tentative de falsifications de preuves”.

Deux mois après, ce sont deux entreprises qui sont dans le viseur du procureur général du Michigan, Bill Schuette. Le géant de l’eau français Veolia et une compagnie américaine, Lockwood, Andrews & Newnam, sont accusés de "négligence et de nuisance publique".

Fin juillet 2016, six autres personnes sont mises en cause par la justice. En décembre, deux administrateurs d’urgence de Flint sont inculpés pour avoir utilisé l'eau de la rivière et pour leur silence face aux plaintes des habitants. Un an plus tard, les procédures judiciaires sont toujours en cours et aucune condamnation n’a été prononcée.

“Le plus grand obstacle, c’est d’avoir notre destin entre les mains de quelqu’un d’autre. L’État fédéral et celui du Michigan gèrent notre argent, et c’est vraiment frustrant, énervant, décevant, car si nous avions l’argent, nous serions intervenus beaucoup plus tôt!”, s’indigne Karen Weaver.

Mais les habitants ne sont pas prêts à lâcher l’affaire. La militante Melissa Mays, à la tête de deux actions collectives, rappelle que le groupe vise “l’État du Michigan, car ce sont eux les responsables. Des employés ont été inculpés, ce qui prouve ce que nous disons”, après qu'elle a été “accusée de mythomanie” pendant de longs mois avant que le scandale n’éclate au grand jour.

Melissa Mays est allée voir la mairie dès mai 2015 avec des bouteilles d’eau jaunâtre pour exiger le changement de la source d’eau. © Nastasia Peteuil

En octobre 2016, de nouveaux scandales salissent le gouvernement du Michigan. Le gouverneur Rick Snyder est accusé d’avoir acheté des filtres à eau pour un prix unitaire plus élevé que celui signé par l’État fédéral en janvier de la même année. “C’est amusant de voir qu’un État qui a repris la gestion de Flint pour irresponsabilité financière, fait quelque chose comme ça et gâche de l’argent, alors qu’ici, on compte chaque centime”, se lamente la maire de Flint.

“Avec le temps, la détermination des gens commence à faiblir, certains ont tout simplement abandonné et boivent au robinet”, raconte le révérend Dawson de la North Central Church of Christ, alors que l'eau contient toujours des traces de plomb.

“Les habitants ont un sentiment d’injustice car le gouvernement déclare qu’il n’est pas responsable pour les dégâts, ni de l’empoisonnement de certains enfants, ni des rougeurs, pertes de cheveux et d’autres conséquences sanitaires que subissent certains habitants. Ils disent de pas être responsables de leurs mensonges ou d’avoir déclaré que l’eau était potable alors que l’on envoyait des bouteilles d’eau aux fonctionnaires”, rappelle le pasteur.

En décembre, un juge fédéral a lancé une action en justice pour forcer le gouvernement à trouver une solution pour livrer des bouteilles d’eau chez les habitants. L’État du Michigan a immédiatement fait appel, mais les citoyens ont eu gain de cause. L'autre bonne nouvelle, ce sont les 170 millions de dollars, promis par Barack Obama en janvier 2016, qui viennent d’être débloqués. 

Pour autant, la confiance dans les institutions ne reviendra pas de sitôt. Aucun habitant à Flint n’accorde crédit à la dernière conférence de presse de l’APE en novembre 2016 qui expliquait que l’eau était potable dans 95% des habitations, surtout depuis que le nouveau Président en place, Donald Trump, a réduit le budget pour l'agence.

L’eau de Flint était utilisée comme source d’eau primaire pendant les années 1960. © Nastasia Peteuil

C’est avec cette défiance que Bill Schuette part à la chasse à l'homme. Procureur général du Michigan, le Républicain a les yeux rivés sur les élections de 2018 pour le poste de gouverneur. “Il commence à remonter dans la hiérarchie dans le cadre des poursuites judiciaire, mais jusqu’où ira-t-il, on ne le sait pas encore!”, confie le journaliste de la Michigan Radio, Steve Carmody, qui suit les conséquences de la crise depuis le début. Va-t-il aller jusqu’au bureau du gouverneur? C’est la question en suspens. Les enjeux politiques sont donc maintenant un élément incontournable. 

Une génération en rattrapage

Aucun billet vert ni aucune justice ne pourra éviter le retard de développement des enfants. Dans cette ville de 100 000 habitants, tous ont été touchés par cette tragédie sanitaire. La pédiatre à l’origine de la conférence de presse alertant sur ces problèmes, Mona Hanna-Attisha, a donné un écho national à la crise. Depuis, elle sillonne les conférences dans le Michigan et à Washington D.C. pour expliquer ce qu’il s’est passé et ce qu’il est possible de faire pour y remédier. 

Un an après son appel à l’aide, elle regrette que les choses avancent doucement, mais, souligne-t-elle, “d’autres choses ont changé : nous avons les ressources en place, des bouteilles d’eau et des filtres sont disponibles dans les centres de distribution. Nous avons débuté nos efforts de reconstruction, pour être sûr que nos enfants aient toujours un avenir radieux devant eux”. Car le futur de ces enfants a gravement été endommagé par le plomb. 

Le jeune garçon a rendez-vous au Hurley Medical Center, pour regarder les plaques qu’il a sur les bras. © Nastasia Peteuil

“Le plomb affecte le comportement et le développement de l’enfant”, explique-t-elle, “et cet empoisonnement peut avoir des conséquences sur leur santé pour les dix prochaines années”. De nombreux parents sont venus la voir, désespérés d’apprendre l’impensable : aucun remède n’existe pour détruire le plomb qui coule dans les veines des enfants. 

Pour de nombreux habitants, “Flint n’avait pas besoin de ça”. La jeune génération de la ville avait déjà moins de chances qu’un autre enfant de réussir scolairement ou financièrement. Selon le département des statistiques du FBI, Flint est la quatrième ville la plus dangereuse des États-Unis avec 48 meurtres par an, passant juste devant Détroit avec sa moyenne de 43,7 de meurtres pour 100 000 habitants. 

Pour autant, les habitants de Flint ont voté massivement pour Hillary Clinton. Alors que le Michigan penchait pour Donald Trump (47,3% contre 47% pour Clinton), Flint a largement plébiscité la candidate démocrate (52,4%, contre 42,9% pour son adversaire). “Ce sont les Républicains qui nous ont mis dans cette galère”, rappelle Melissa Mays. 

Cette crise du plomb n’est pas seulement le fléau de Flint. Ailleurs dans le Michigan, mais aussi dans d’autres anciennes régions industrielles, le même problème surgit, à cause du vieillissement des infrastructures. En novembre 2016, le site internet cleveland.com révèle que des niveaux dangereux ont été découverts dans 60 bâtiments des écoles de Cleveland, ce qui devrait entraîner le remplacement de 580 tuyaux.

La crise de Flint a souvent été comparée à celle qui a frappé la capitale, Washington D.C. Récemment, le chercheur de la Virginia Tech Mark Edwards, qui a révélé l’empoisonnement de Flint en septembre 2015 et celui de Washington en 2001, a déclaré que la crise de la capitale “était 20 à 30 fois plus grave”. Mais elles ont un point commun : les deux villes sont habitées majoritairement par des noirs américains. 

Dans un rapport d’une équipe spéciale engagé par Rick Snyder, les rapporteurs expliquent que “les résidents de Flint, majoritairement noirs ou afro-américains, et parmi les plus démunis de toutes les régions métropolitaines des États-Unis, ne bénéficient pas du même degré de protection contre les risques environnementaux et sanitaires que ceux fournis à d'autres communautés”. 

Dans un entretien donné à Flint, le natif de la ville, Michael Moore, avait déclaré que cela ne se serait jamais passé “à West Bloomfield ou à Ann Arbor (deux villes voisines connues pour être aisées). Ce n’est pas seulement une crise de l’eau. C’est une crise raciale, une crise de la pauvreté.”

Nastasia Peteuil

Pour voir plus de photographies sur la crise de Flint : Flint in crisis 

En savoir plus sur la crise à Flint, rendez-vous sur mon projet multimedia : L'eau de la colère

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