Dernier Tango

Pogo Fermier

Dernier Tango

Pogo Fermier

"Solitude dans un champ de coton" par Christian Pichard "Solitude dans un champ de coton" par Christian Pichard

 

Un dernier tango, la valse est triste, bandonéon.

Laisse là ton ego, métier d’actrice, nouvel éon.

Nos vies en plaquettes, cachets, pilules, sniffs et shooteuses.

Fumer la moquette, piquer la bulle, soirées douteuses.

 

Et si la plume donnait son avis.

Si la rivière visait la lune.

Si une fois le mont gravi,

De descente, il n’y avait aucune.

 

Dirait-on demain sans couplet,

Si l’on connaissait le refrain ?

Si l’on détestait l’à peu près,

Verrait-on la vie comme un frein ?

 

Et si tu tenais tes rêves.

Les attacherais en pâture ?

Les vendrais-tu en devanture ?

Avant que la nuit ne s’achève.

 

Laisse-moi t’emporter, là où on gît, la flemme y meurt.

Un dernier malheur, promesse est morte, nous on agit.

Nos âmes en leasing, cames en teasing, vipères aux poings.

Dérives en tout point, fuites en nos joints, repères intimes.

 

Et si tu avais trois mains.

N’en utiliserais-tu qu’une ?

Rechercherais-tu l’infortune ?

Si tu étais lys ou jasmin.

 

Pleurerait-on un amour perdu ?

Si l’on savait l’autre parfait.

L’appellerait-on son paradis ?

Si l’on connaissait ses méfaits.

 

Et si Rome t’était conté,

Rendrais-tu à César son du ?

Si ta monnaie était fondue,

Te souviendrais-tu la bonté ?

 

Laisse-moi te guider, là où l’on pleure, misère maudite

Un dernier tramway, nommé Mesrine, voie qu’on effleure.

Nos pertes en valeurs, pattes en l’air, elles, partent en sucette.

Prescrivent la disette, les coups, les heurts, patibulaires.

 

Et si t’avais envie d’aller,

Là où on ne marche plus.

Là où les devoirs sont glus,

Nos droits seraient-ils accolés ?

 

Activerait-on nos vigies ?

S’il fallait voir venir Hadès ?

S’occuperait-on enfin d’ nos fesses ?

S’il y avait là : Pédagogie.

 

Et si l’individu sentait.

La main qui se presse sur ses hanches.

Devinerait-il cette arme blanche ?

Avant de finir édenté...

 

Un dernier pogo, en terre d’anar, aux sillons secs.

Laisse les amigos, poules ou canards, corbeaux sans bec.

Nos décisions pèsent, plus qu’un mégot, dans l’ réservoir.

Nos vies en miroir, brico déco, des tours d’ivoire.

...

Hommage soit rendu à monsieur B.M. Koltès.

« Solitude dans un champ de coton », sculpture par Christian Pichard.

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