Envie de Marie : 9-12-17

Si tu savais...

Envie de Marie : 9-12-17.

Madeleine en émoi Madeleine en émoi

Aujourd’hui, on enterre Victor Hugo pour la deuxième fois.

Aujourd’hui la France souffre. Elle a mal à ses bikers. Drapeau sudiste de sortie.

Aujourd’hui la flamme se rallume, d’une foi en l’excès de vie.

Aujourd’hui j’aime mon double. Mon prochain : que je l’aime. Que je l’aime !

Aujourd’hui, interpréter, vaut bien mieux que théoriser. Thésauriser, mieux qu’écrire.

Traverser les décades, par la force des mots, n’est pas donné aux innocents.

Transversale irrésolution à l’ascétisme. Epicuriens, hédonistes, s’embrassent. Se retrouvent.

Pour vivre, il faut se compromettre un peu. Il faut savoir s’abîmer.

Pleurer une offrande aux dieux. Une dédicace aux morts éternels de l’Olympe.

Aux Jean, Philippe, et autres Gérard. Comme on le fit pour Claude. Pas pour Louis.

Le F… est à la souche, ce que le bourgeon est à l’arbre mort.

La peine ruisselle sur ces tas de cadavres. Frais, ou momifiés. Etendus en parterres. Fleuris de leurs légions honorifiques. Posthumes. Bénies en Madeleine. Et, mot d’esprit : Dehors !

Populaire : non national. L’hommage est à la traine. On désosse. On grignote des lambeaux d’intimité interdite. Encore une fois, l’unité se dévoile, dans le deuil et l’ennui. Dans l’ânerie et l’envie. Il n’est pas de voyou qui ne chante dans la nuit noire. Il n’est pas d’invité digne, qui ne se rende à Saint-Barth. Il n’est pas de vraie vedette sans son jet privé.

Chacun communiera où il peut. Avec qui il pourra. La République s’afflige, sous un linceul blanc. Comme le drap des gitanes, des berbères, des arabes, un jour de mariage…

Rendre vierge à nouveau : la débauche. L’anticonformisme conforme.

Le sang, confis de whisky et de cocaïne, boucha les ventricules. Puis atteint le cerveau.

Le roman de nos vies distingue deux types de morts. Les : pas graves. Les troublants.

Là, vraiment, nous sommes démolis. Anéantis. De retour à nos sources, nous les voyons taries. Désœuvrés, nous dansons. Un bon vieux Rock n’ Roll.

Orphelins nous chantons. Le Blues de nos blanches nuits de peines. Nos champs, à nous, sont élyséens. Ils n’ont pas de canne à couper. Ni de ballots de cotons. Nos fouets, sont des sex-toys, qui se vendent chez Gucci. Et se promotionnent chez Publicis.

En pied, est un drugstore. En haut, cabines de luxe. Avec terrasses et champagnes. Seront aux premières loges les mêmes qui exècrent le populo vulgaris. Et aiment le : « Nespresso, what else ? ». Qui aiment nos folklores. Et leurs laissent le champ libre. Pour investir les âmes, il les faut ramollir. Il les faut divertir.

Il les faut endormir, à coups de douces berceuses, et de chansons d’amour.

Les gens m’appellent : Bellérophon. Antique : Idolâtrie. Je tuerai la Chimère de nos piètres existences. J’assassinerai Laïos, pour vivre sans contrainte. Demain me sera donné en héritage. Car… Je suis né dans la rue. Et c’est elle qui me ressuscitera.

Aujourd’hui est le début d’une odyssée macabre. Nous sommes abandonnés aux vents de la Géhenne. Certaine mélancolie. Affaissement du réel. Nous en remettrons-nous ?

Aujourd’hui est le début de la fin du début d’une Nouvelle Ere. Chacun est à sa place. Il n’y a pas de mystère. Des barracudas glissent entre nos jambes.

Aujourd’hui afflige les braves qui savent les icônes duales. Et les passions somnifères.

Aujourd’hui nous ramène au temps de Pharaon. Nous ne saurons pas tous où est son sarcophage. Comment prier sur son tombeau. Où est sa cavité. Comment honorer sa vacuité.

Aujourd’hui est un jour de forte inflation. Réchauffement climatique momentané. Intempestif. Comme un flash de chaleur. Une forte fièvre.

Aujourd’hui nous souffrons.

Ensemble. Dit : « Pour une fois !... ». Le : Tout.

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