Verbe y âge
Eden in Davos
Agrandissement : Illustration 1
Toujours avoir un temps d’avance sur l’autre.
Anticiper pour produire la décision finale.
Et glisser la dérive en un orifice sale.
Vaquer aux occupations admirables des empereurs.
Laver les pieds de l’un, couper la tête de deux.
Préférer l’arme juste, et non pas le printemps.
Et prévoir en externe révolutions et luttes.
Croire qu’un hibou seul ait les épaules carrées.
Régler chat globuleux, défier lapin pressé.
Adjoindre au miel les crottes de la souris.
Et diviser par deux la taille de nos chevilles.
Intensifier les gestes jusqu’à être tremblement.
Et décroûter la Terre jusqu’à être secousse.
Repeindre les murs en vert, pour un plafond tout rose.
Et dire que le marron n’est pas pire que le noir.
Adorer des statues et briguer des cerveaux.
Abonder les non pas, d’une danse offerte aux lunes.
Revendre les dames de cœur, pour acheter du pique.
Et bronzer doctement pour faire des carapaces.
Battre les espérances des populaces cuisantes.
Et prohiber les rêves d’un éternel possible.
Avancer sur un pont qui ne joint pas deux rives.
Nager en océans, faits de peaux et de bêtes.
Chérir les illusions de cohérences grégaires.
Répandre les dérisions, et les fureurs gamines.
Opposer au puissant, le faible qui manifeste.
Charger baudets décharnés, et mulets fiévreux.
Offrir à nos renards : cheeseburger de corbeaux.
Constater maux de dents, les poules appellent : menteurs.
Entendre les cris stridents des sirènes du bonheur.
Skier les poudres andines et humer les fourrures.
Clouer entre quatre planches l’âme de nos aventures.
Défier la face des anges, en les sachant déchus.
Investir sur l’horreur d’un temps qui ne soit : plus.
Admettre ce temps pour soi. Et soi seul : validé.
Monter un club de brigands, alchimistes des idées.
Comprendre que pour y arriver il faut des haines bien faites.
Prétendre que pour savoir, il faut soi-même en être.