Xélatine
Nos vagues prétentions dézinguent les survivances.
Et nos institutions ont le goût d’un beurre rance.
Ne pas nous plaindre nous tue, et nous taire nous condamne.
Ceux aux chapeaux pointus font main basse sur la manne.
Nous désertons, séchons. L’ : armée des jours meilleurs.
Pour rentrer dans nos champs, dans nos caves et nos peurs.
Notre droit au chapitre n’est qu’un alinéa.
Ayant la sécheresse triste d’un con violé, béat.
Notre bonheur est magot, en un fourgon blindé.
Il faut être Musulin, pour rêver en indé.
Si un frère doit mourir, asphyxié des pandores.
Ses autres frères, aussi, doivent payer de leurs sorts.
Si une jeune fille meure, elle, victime pré-pubère.
Nous sommes dévastés, pleurons des décennies.
Nos larmes forment un torrent qui s’appelle : Essénie.
Nos âmes en chirurgie. Opinions qu’on opère.
Nous spéculerons toujours sur la valeur d’esclave.
Les héritages maudits se dessinent en conclaves.
Nous perdons nos repères, admonestons les fous.
Nous dormirons ensemble, dans des cages de bambous.
Misère est éternelle, souffrance et contrition.
L’œil qui brille aux fenêtres est celui de l’espion.
Si abus dit pouvoir. Neutre dit soumission.
Dit Irlande. Dit Jersey. Dépèce nos Nations.
Nous sommes des enfants-tox, privés de leurs consoles.
Nos neurones sont l’instar de nos rues qui s’affolent.
Nos colères sont noires, certes, donc nos combats sont dignes.
Autant de grains d’espoir qu’on vendange comme la vigne.
Prière aux aspirants : cessez les courants d’air !
Car plus d’un fils ingrat voudrait tuer son père.
Mistral et tramontane font chanter les cigales.
Les fourmis dictent nos fronts. Le renard a la gale.
Le temps nous est compté, dit-on. L’ : armée se range,
Sous une bannière sanglante, qu’elle croit les ailes d’un ange.
Nos vies sont un canevas, un schéma général.
L’Egypte des pharaons souffre d’un amiral.
Les flammes sont indolores, pour qui se cache dans l’eau.
Nos Maîtres ont bien compris tout Michel Angelo.
Qui gère son potager dit : « punchline » ; dit : navet.
Et nous, nous étions fiers du temps que l’on avait !...
Nos permissions contraintes. Et nos pègres obscures.
Sont bien le fait des nègres. Leurs plaintes sont des mesures.
Il nous faut cantonner l’orphelin, l’indigent.
Dans des camps barbelés, où brûlent les « mauvaises gens ».
A qui traverse la Mère, est une terre promise.
A qui veut régner seul, est un Duc de Guise.
Les flammes nous avertissent. Les tremblements nous grondent.
Nous restons en terriers. Flippant. Les loups abondent.
Parler nous détruira. Stagner nous atomise.
Sortie de crise vaut : Peste. Virus de la Tamise.
Les aigles, les élégants, portent les marques rouges du : faire.
Nous, mulots et ratons, sommes des peuples éphémères.
Masse qu’on néglige, qu’on scalpe, pour déterminer l’âge.
Celui de nos départs en l’espace des mirages.
Nos gesticulations sont celles d’un vers en rut.
Qui se dandine, se noue. Dansant au son des flûtes.
Nos haines, à expurger ; elles ; redéfinissent l’abstrait.
Les croisades et les Graal. Tous les mythes que l’on crée.
Nos mères, et nos grand-mères, dirent cette peine avant nous.
Il faut passer le fleuve. Et nous sommes des gnous.