Coronavirus:les russes dans leur"bulle" malgré les risques d'épidémie

Premier cas de coronavirus à Moscou : un homme jeune revenant d’un séjour en Italie… cette mauvaise nouvelle n’empêche pas les internautes de s’en prendre aux journalistes qu’ils accusent de « semer la panique » en relayant l’évolution de la maladie dans le reste du monde .

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 Le   coronavirus angoisse davantage le gouvernement que la population qui continue à vaquer à ses occupations et à se divertir comme à l’accoutumé. Dimanche, denier jour avant le début du grand carême, le centre de la capitale russe était particulièrement animé. Hommes, femmes, enfants, toutes générations confondues, sans masque de protection, bravant un vent glacial faisaient la queue  sur la place du Manège située au centre de la mégapole devant des petites isbas ,érigées  pour la circonstance et décorées de guirlandes multicolores pour acheter des blinis qu’ils consommaient debout avec où sans fourchette…

 

Certes jusqu’à présent la Russie a été épargnée seulement cinq cas avérés dont trois parmi les les rapatriés du paquebot « Diamond Princess » actuellement soignés au Tatarstan. Néanmoins, les dernières déclarations du directeur de l’OMS sur l’éventualité d’une pandémie, déclarations corroborées par la propagation rapide du virus hors des frontières de Chine inquiète Moscou. L’annonce hier des premiers cas dans des pays frontaliers : Bélorus, Azerbaïdjan et maintenant Arménie ont fait monter d’un cran les craintes de voir l’épidémie se répandre dans le pays.  

 

Des mesures conservatoires d’une efficacité douteuse

Les autorités russes qui avaient au début de l’épidémie jugées « excessives »et « injustifiées « les mesures de quarantaine imposées par Pékin aux villes les plus touchées ont fermé, au début de la semaine dernière, tous les postes frontaliers le long de la frontière avec la Chine (1.250 kilomètres). Dans les les consulats russes du pays on donne des visas au compte goutte. Les liaisons aériennes ont été fortement réduites Les asiatiques présents sur le territoire russe sont testés y compris dans les transports en commun. Des mesures similaires ont été prises avec la Corée du sud et avec l’Iran. Les agences de voyages ont été sommées de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les voyages organisés en Italie…et dans le le même temps" Rostrebnadzor"(service fédéral de surveillance de la consommation) par la  voix de sa directrice Anna Popova conseille vivement aux russes de renoncer aux voyages qu’ils projetaient à l’extérieur du pays…

Dans les médias officiels des responsables du ministère de la santé multiplient les mises en garde et exhortent la population à observer des règles d’hygiène très strictes. Enfin lundi matin le président Poutine a fait savoir que « le gouvernement prenait toutes les mesures pour enrayer la propagation du virus ».

 

La Russie n'est pas en mesure de contrer une épidémie.

 

 Reste que  les observateurs estiment que contrairement à la Chine la Russie n'a pas les moyens de faire face à l’épidémie .Pour plusieurs raisons :tout d'abord l’insouciance des russes, gavés de propagande ,ils ne croient pas un mot de ce que disent les médias officiels. Par ailleurs,le refus des autorité de communiquer sur le nombre exact de malades  et l’évolution de la maladie dans le pays ne permet pas de prendre conscience de le gravité de la situation .Pour prendre un exemple dans la région d’Ivanovo on constate une augmentation inquiétante du nombre des pneumonies,…mais pas un mot sur un lien éventuel  avec le coronavirus..Il convient également de ne pas négliger la proximité avec l’Iran ,pays à très haut risque ,comme en témoigne le nombre de personnalités contaminées, enfin la situation sanitaire de la Fédération de Russie qui laisse fortement à désirer...Le premier malade moscovite a été hospitalisé dans un hôpital ou on soigne les maladies infectieuses ...et il a fallu une journée pour que les personnes qu'il avait contactées soient placées an quarantaine...

Dans ce contexte, le journaliste Anatoly qui écrit presque chaque jour sur les avancées de la maladie dans le monde et a été le premier souligné les risques liés à l’Iran et à la présence en Russie de plusieurs millions de travailleurs immigrés d’Asie centrale (en particulier du Tadjikistan )craint que la Russie soit à la veille d’une flambée de COVID-19.

 

Nathalie Ouvaroff et Anatoly Baranov

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