Marylise Lebranchu : un engagement mutualiste à 2.000€/mois

L’ancienne ministre socialiste s’est engagée depuis plusieurs mois dans le bras de fer qui oppose Arkéa à la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM)… au nom de ses valeurs « mutualistes ». Sauf que l’association qu’elle préside n’est qu’une émanation à peine masquée de la CNCM. Et qu’elle est rémunérée à hauteur de 2.000 euros par mois pour son « militantisme ».

Au départ, il y a le conflit larvé entre le Crédit Mutuel et le groupe régional d’origine bretonne, Arkéa, qui souhaite, depuis de nombreuses années, prendre son indépendance pour préserver sa liberté d’entreprendre et conserver ses centres de décision et les emplois induits en région. Le divorce entre les deux banques est quasiment acté, mais des tensions persistent néanmoins sur les modalités techniques et financières de l’opération.

C’est là qu’intervient Marylise Lebranchu. Ancienne élu bretonne, femme de gauche, elle représente une porte-parole idéale pour défendre les intérêts du mutualisme en Bretagne, que le Crédit Mutuel affirme menacés par la prise d’indépendance d’Arkéa.

Car la Confédération nationale du Crédit Mutuel a un problème d’image dans la région, où la majorité du tissu économique a pris fait et cause pour le groupe Arkéa, très engagé dans son territoire. Pour gérer et atténuer ce déficit d’image, une association « indépendante » a été créée. Association présidée par Marylise Lebranchu.

Les problèmes commencent... et les ficelles de la manipulation apparaissent de plus en plus grosses. Le siège social de l’association « Restons mutualistes », sis rue Cardinet à Paris, est le même que celui de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. L’ensemble des membres fondateurs, qui cotisent chacun à hauteur de 15 000 euros, sont les autres groupes régionaux de Crédit Mutuel. Autant dire que ladite association est clairement et simplement un outil de communication de la CNCM dans son conflit avec Arkéa.

Le procès-verbal actant la création de « Restons mutualistes » révèle d’autres éléments troublants. Marylise Lebranchu est payée à hauteur de 2 000 euros par mois pour son rôle de présidente de l’association. Une rémunération qui représente ni plus ni moins que ses émoluments comme lobbyiste en chef de la Confédération nationale du Crédit Mutuel sur ce dossier.

Une situation qui, en soit, n’est pas d’illégale, mais qui fleure tout de même bon l’hypocrisie et l’enfumage au regard des déclarations enflammées de l’ex-ministre affirmant agir par « pur » militantisme mutualiste...

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