Aspartame, élément favori des entreprises agroalimentaires

L’apparition d’un nouvel édulcorant alimentaire 200 fois plus sucré que le sucre naturel ou saccharose en 1966, est une découverte qui va bouleverser le monde.

images
L’apparition d’un nouvel édulcorant alimentaire 200 fois plus sucré que le sucre naturel ou saccharose en 1966, est une découverte qui va bouleverser le monde. L’Aspartame, car tel est son nom, est obtenu par synthèse de deux acides aminés naturels, la phénylalanine et l’acide aspartique avec une petite quantité de méthanol. Aux Etats-Unis, l’autorisation de mise sur le marché fut accordée à ce produit en 1974, celle-ci fut suspendue quelques mois plus tard car l’évaluation de la nocivité de l’aspartame sur le système nerveux n’était pas encore pris en considération.

En 1981, après des tests et des évaluations sur son innocuité, l’utilisation de cette substance dans les aliments solides fut rétablie puis, en 1983, celle de son emploi dans les boissons gazeuses. L’Union Européenne, quant à elle, a donné son approbation sur l’usage de ce produit comme additif en lui donnant le numéro E951. Vendue sous diverses appellations « Nutrasweet, Equal, Spoonful,… », cette poudre blanche est devenue un élément favori des entreprises agroalimentaires, elle est utilisée pour sucrer et se trouve dans plus de 5 000 aliments et boissons actuellement sur le marché mondial. Comme une traînée de poudre, le danger que peut provoquer la consommation de cette substance se répand assez vite depuis sa découverte.

En effet, beaucoup de ragots circulent sur les problèmes de santé engendrés ou aggravés par l’aspartame, ceci va des maux de tête, des dépressions, passant par les diverses crises d’épilepsie et d’apoplexie, il est même accusé de source de tumeurs et de cancer du cerveau. Cette inquiétude est surtout due aux produits de dégradation de l’aspartame, car en phase liquide, exposé à une température supérieure à 30°C, il se transforme en dicétopipérazine, qui va reformer ensuite les trois éléments de base qui sont les deux acides aminés et l’ester de méthyle. Cette dégradation va-t-elle produire un effet neurotoxique et cancérigène qui constitue le cauchemar de certaines personnes ? La phénylalanine qui constitue 50% de la composition de l’aspartame est libérée lors de sa digestion, alors que certaines personnes atteintes de phénylcétonurie ont une difficulté pour assimiler cette substance.

Fort heureusement, cette maladie héréditaire est très rare et les patients qui en souffrent sont déjà avertis du danger que représente la consommation de produit contenant de l’aspartame sur leur état de santé. Après la phénylalanine, le méthanol quant à lui se transforme en formaldéhyde, puis en acide formique. La toxicité du méthanol provoque des troubles de vision ainsi que des défaillances du système nerveux, pourtant l’apparition de ce cas est loin d’être inquiétante car la dose journalière par individu n’excède jamais la limite autorisée, en cas de consommation normale. Au-delà de 200mg/kg de poids corporel par jour, le méthanol se transforme en poison cousin de la cyanure et de l’arsenic, la modération est ainsi de rigueur. Les histoires de maux de tête, d’épilepsie et de tumeurs de cerveau sont réjetées par les spécialistes de la santé.

Les expériences effectuées sur les rongeurs et les études sur les êtres humains n’ont pas permis de déterminer que l’aspartame s’avère être la cause de ces maladies. Plusieurs expériences sont en cours pour voir l’effet cancérigène de l’aspartame chez l’homme, mais pour le moment, aucune influence néfaste sur la santé n’est à déplorer. Cette polémique est loin de prendre fin, mais ce que nous pouvons dire, c’est que par sa composition chimique, les éléments qui composent l’aspartame peuvent être source de troubles diverses, mais se référant aux études effectuées, nous pouvons constater que la consommation journalière n’excède jamais le seuil autorisé pour l’utilisation sécurisée de cet additif. Par ailleurs, plusieurs contrôles réalisés par des organismes de régulation mondiale sur l’alimentation tel que la FAO, l’OMS, la FDA ont informé les consommateurs que l’utilisation de l’aspartame est sans danger. La conclusion des scientifiques confirme ce point de vue en affirmant qu’il n’y a pas de preuves tangibles qui montrent vraiment que l’aspartame peut causer une maladie ou un changement de comportement quelconque. En 2002, ce conseil a aussi estimé non nécessaire la révision de la Dose Journalière Acceptable qui est fixée à 40mg/kg du poids.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.