Fiche pratique 2 : différences entre public et privé

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.
  • Faisons des économies et cessons de payer les fonctionnaires. Par exemple, confions la santé à des cliniques au lieu de financer à perte les hôpitaux publics. Est-ce que, au final, les infirmiers qu’il faudrait embaucher dans ces institutions privées, ne seraient pas les mêmes qui, auparavant, étaient dans les institutions publiques ? Comment donc est-il possible que, par le simple fait d’avoir changé le cadre, de public à privé, les activités de ces personnes passent de « charges » à « richesses » ? Si personne ne soignait personne, ça serait une perte pour tout le monde. Donc les soins sont forcément des apports, des richesses. Mais ces richesses n’existent que si elles sont produites par des personnes, qu’il faut rémunérer, aussi bien dans le public que dans le privé.

 

  • L'économie est un circuit dans lequel les coûts des uns sont toujours les revenus des autres, et que «prendre l'argent ici ou là» revient à «prendre l'argent à untel ou unetelle » et non à «faire des économies».

 

  • Les fonctionnaires ne sont pas seulement utiles, ils sont productifs. Quand un collège privé transmet des savoirs aux élèves, il envoie la facture aux parents. Quand c’est un collège public, la facture est incluse dans la feuille d’impôts. Dans les deux cas, le collège a transmis une richesse intellectuelle aux élèves, avec un coût salarial à la clef. Si cette évidence est soigneusement dissimulée par les discours libéraux, c’est parce que le travail des fonctionnaires échappe aux actionnaires, aux rentiers et aux prêteurs. Ils ne parviennent pas à en prélever une partie au passage. Ils travestissent donc la fonction publique en travail non productif, pour convaincre les gouvernements d’y substituer une fonction privée, qui crée des richesses auxquelles ils ont accès et qu’ils pilotent à leur guise.

 

  • Le service public travaille dans l'intérêt de tous, le privé (dans notre système capitaliste) n'a pour seul but que de faire du profit au bénéfice des propriétaires lucratifs.

 

  • Le privé coûtera toujours plus cher que le public puisqu'il a cette obligation de profit à dégager.

 

  • Le privé c'est la loi du marché, et donc le "tous contre tous" : les entreprises contre leurs concurrents, les employés contre les demandeurs d'emploi (qui risquent de prendre leur place), la classe dominante contre la classe dominée…

 

  • Le service public c'est le "tous ensemble". Chacun travaille pour tout le monde (y compris pour lui) et tout le monde travaille pour chacun.

 

  • Le service public regroupe les biens et les services qui concernent l'ensemble des êtres humains, soit tous les jours, soit à certains moments de la vie : les infrastructures (routes, ponts, transports, bâtiments...), l'énergie (électricité, gaz...), l'eau, la santé (hôpitaux, médicaments, recherche, personnel soignant...), l'éducation, la culture, etc.

 

  • Si débat il devait y avoir, ce serait plutôt du côté des entreprises privées qu'il faudrait le chercher. En effet, est-on bien certain que tous les salariés du privé, dans tous les domaines, créent de la richesse ? Que dire des entreprises qui génèrent de la pollution ? Ou conçoivent les produits pour qu’ils tombent en panne prématurément ? Ou organisent des phénomènes de mode frénétiques, amenant les consommateurs à remplacer les objets plus souvent ?

 

  • Le service public est un ensemble d'activités non marchandes qu'il faut rémunérer car indispensables à la vie. Faire du profit avec ces activités indispensables à la vie n'a pas de sens. Par ailleurs, les salaires du public repartent intégralement vers les activités marchandes, permettant à celles-ci d'exister. Alors qu’une bonne partie des dividendes des actionnaires partent vers des paradis fiscaux et sont donc perdus pour l’économie nationale.

 

  • L'argent est-il un bien privé ou un bien public ? Si c'est un bien public, pourquoi alors conforter un système qui tend à le privatiser en favorisant l'accumulation de capitaux au profit de quelques dominants ?

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