Fiche pratique 3 : les producteurs de richesses

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.
  • Dans le monde d’aujourd’hui, la différence entre travailler et rendre service est évidente : si je suis payé pour ce que je fais, je peux appeler ça travailler, sinon je dois me contenter d’appeler ça rendre service.

 

  • Pour produire, a-t-on réellement besoin d'avoir peur du patron, d'être dans la crainte du lendemain, d'être tous les jours victimes du chantage à l'emploi, de laisser finalement des gens décider de notre vie et de notre mort ? Ne produit-on pas mieux dans la sécurité, dans la confiance, dans le respect, dans le collectif ?

 

  • La définition du travail est une question de reconnaissance sociale, de convention. Aujourd’hui la définition du travail est imposée par les dominants.

 

  • L’eau ne bout pas à 100 degrés. Elle bout à 100 degrés parce qu’on a admis collectivement qu’elle bouillait à 100 degrés. On aurait pu décider qu’elle bouillait à 1 000 degrés. Pour elle ça ne change rien. D’ailleurs pour les américains, elle ne bout pas à 100 degrés (Celsius) mais 212 degrés (Fahrenheit). Il s’agit donc bien d’une convention admise collectivement au même titre qu’une journée dure 24h, que l’or est plus précieux que la feuille de platane, qu’on utilise le mot « maison » pour désigner un lieu d’habitation, ou la définition qu’on donne au mot « travail ».

 

  • Que reconnait-on socialement comme étant du travail ? Le trader fait-il un travail utile ? Le retraité trésorier du club de foot du quartier fait-il un travail utile ? C'est à nous, collectivement, de définir ce qu'on reconnait comme étant du travail. Il n'y a pas de loi naturelle pouvant définir ce qu'est le travail.

 

  • Il faut attribuer un salaire, non pas à la personne qui occupe un poste bien précis, mais attribuer un salaire à la personne. Chacun toucherait le salaire correspondant à son niveau de qualification, et ceci à vie et sans conditions. Ainsi ce n'est plus le poste de travail qui serait reconnu mais la personne. Ce qui est logique puisque c'est la personne qui produit, pas son poste.

 

  • Nous sommes les seuls producteurs de richesses. Il n'y a pas besoin de capital pour produire.

 

  • Nous sommes les seuls légitimes pour gérer les richesses produites puisque c'est nous qui les produisons.

 

  • Pour investir, pas besoin de crédits lucratifs. On peut investir par la subvention. Mais pour cela, il faut récupérer le pouvoir de la gestion de nos productions.

 

  • Quand on demande du pouvoir d'achat, on se relègue nous-mêmes au rang d'êtres de besoins et pas au rang de producteurs de richesses. On ne veut pas de pouvoir d'achat. On veut du pouvoir. Le pouvoir de gérer nous-mêmes ce que nous produisons, comment on le produit, où et comment on investit.

 

  • On ne veut pas partager les richesses. On veut produire autrement c'est-à-dire produire en dehors du capitalisme. Ainsi nous déciderons collectivement où et comment répartir la richesse que nous créons dans l’intérêt de tous et non plus dans l’intérêt du capital.

 

  • Produire autrement on sait faire depuis longtemps par la cotisation sociale.

 

  • Il ne sert à rien d’appliquer des corrections partielles (impôts, minimas sociaux…) à un système injuste et vicié dès le départ.

 

  • Il faut arrêter de croire qu'il peut exister un capitalisme vertueux.

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