Fiche pratique 5 : les principes de l'actionnariat

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.

On le sait, on nous le dit à longueur d'antennes : l'actionnaire est indispensable car c'est lui qui investit, c'est lui qui prend des risques.

Afin de s'assurer de cela, nous allons décortiquer de façon très simple les étapes de l'investissement d'un actionnaire.

Etape 1 :
L'actionnaire rachète une entreprise ou des actions. De ce fait, il devient propriétaire ou co-propriétaire de l'entreprise.

Etape 2 :
Cet état de propriétaire lui donne le droit de tirer sur les bénéfices de l'entreprise, juste récompense de ses investissements. Petit détail : ce sont les actionnaires eux-mêmes qui décident du pourcentage du bénéfice qu'ils s'octroient.

Etape 3 :
L'objectif de l'actionnaire étant d'accumuler du capital à court terme, les montants des dividendes sont à deux chiffres, certains n'hésitant pas à s'approprier jusqu'à 80% des bénéfices (n'oublions pas que la France est devenue championne du monde du versement de dividendes). Il est à noter que l'actionnaire n'a pas à travailler dans l'entreprise pour toucher ses dividendes. Son statut de propriétaire suffit à cela.

Etape 4 :
Asséchée ainsi de ses propres bénéfices, l'entreprise n'arrive plus à vivre. Des plans de licenciements sont organisés par les donneurs d'ordres, c'est-à-dire les actionnaires, non pas pour sauver l'entreprise et les emplois, mais pour continuer à siphonner ce qu'il reste d'argent.

Etape 5 :
Lorsque l'entreprise fait faillite, l'actionnaire part "investir" dans une autre entreprise et l'histoire recommence.


On l'aura bien compris, l'actionnaire n'investit pas. Son but est de prendre le pouvoir sur des producteurs de richesses (employés, ouvriers), de leur siphonner les richesses qu'ils ont produites et de s'enfuir.
Lorsqu'un actionnaire achète des actions, il les achète non pas avec son propre argent gagné à la sueur de son front, mais avec l'argent qu'il a volé aux vrais producteurs de richesses des entreprises précédentes.

Au final, l'actionnaire ne produit absolument rien et investit avec de l'argent qui ne lui appartient pas.

De là à dire que les actionnaires sont des parasites improductifs et dangereux il n'y a qu'un pas... qu'il faut franchir allègrement.

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