Les solutions - Partie 6

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.

RAPPEL : les fiches solutions ont pour but de donner des pistes pour mettre en place un projet de société alternatif au capitalisme. Les propos tenus ici étant à l'opposé des discours politiques et médiatiques ambiants, il est indispensable d'infléchir son mode de pensée pour pouvoir se les approprier. Je ne saurais trop recommander de ne lire ces fiches solutions qu'après avoir lu les fiches précédentes figurant sur ce blog, ou au minimum la Fiche pratique 17 : bilan non exhaustif .

OBJECTIF: il est important de rappeler que les solutions représentent un projet de société complet. Chaque solution seule ne suffit pas à résoudre le problème. Elles s'imbriquent, se complètent et sont par conséquent toutes indispensables.

SOLUTION 6 : mais qui va ramasser les poubelles ?

Voilà une question existentielle ! C'est vrai ça. Si tout le monde perçoit un salaire à vie suffisant pour vivre décemment, il va y avoir de plus en plus de fainéants et plus personne ne va vouloir travailler (pas vous bien sûr mais tous les autres).

Nous avons déjà vu que anthropologiquement l'être humain agit, qu'il a besoin de faire des choses avec ses congénères, que c'est un animal sociable. On sait aussi qu'il travaille mieux quand il est mis en confiance, quand il n'a pas à se soucier de son avenir, quand son travail a du sens, c'est-à-dire tout l'inverse d'aujourd'hui. Donc avec un salaire à vie l'être humain travaillera mieux cela ne fait aucun doute.

Mais pour ce qui est des travaux désignés comme ingrats ou pénibles, pourquoi certains s'embêteraient à les faire s'ils ont quand même leur salaire ?

La première des choses à répondre, c'est que si personne ne fait un certain travail c'est que peut-être il n'est pas indispensable. Donc on ne le fait pas. On s'en passe et tout va bien.

La deuxième chose c'est que avec un salaire à vie, tout change, tant au niveau des mentalités que des organisations. Un travail pénible et pourtant indispensable pourrait par exemple être partagé, pourquoi pas avec des tours de rôle. Il pourrait être automatisé permettant de le rendre moins ou plus du tout pénible., voire même intéressant sait-on jamais. Cela sera à voir en fonction des travaux concernés et des décisions collectives que nous prendrons.

La troisième et dernière chose est l'incitation. Nous avons vu que dès la majorité, chaque individu touchera son salaire à vie au premier niveau de qualification. Pour passer aux niveaux de qualification supérieurs, il faudra se présenter devant des jurys citoyens, éventuellement spécialisés dans le domaine d'activité. Ceux-ci évalueront la progression de la personne, notamment avec des justificatifs de formation ou des contrats de travail. On rappelle ici que le salaire à vie n'est pas une récompense mais une reconnaissance. Si les jurys considèrent que la personne a progressé, que la personne est en capacité de produire mieux, alors ils accorderont le niveau supérieur.

Si collectivement on se rend compte qu'il y a un manque dans un domaine d'activité, par exemple si on manque de pompiers, on pourrait inciter les gens à se former pour devenir pompier en permettant de passer plus rapidement d'un échelon à l'autre. Si par exemple il faut de manière générale 36 mois d'activité pleine pour passer au niveau de qualification supérieur, on pourrait imaginer que les pompiers y passeraient en 18 mois.

Quand on parle d'activité pleine, il ne s'agit pas ou pas forcément de temps de travail. Là encore il faudra valider collectivement ce qu'on appelle activité pleine, le temps de travail n'étant peut-être pas la meilleure façon de reconnaître qu'un travail est bien fait ou qu'il est utile.

Pour clore ce chapitre, il semblerait pertinent qu'il y ait assez de niveaux de qualification pour à la fois permettre aux gens de monter de niveau régulièrement. Mais aussi afin de ne pas pouvoir atteindre le niveau maximal avant un certain âge, disons 60 ans par exemple.

Tout ceci sera bien sûr à étudier collectivement. L'ambition de ce blog n'est absolument de livrer un projet de société ficelé clés en mains. Mais ce sont juste des grands principes et des pistes à affiner pour sortir réellement du capitalisme en rejetant systématiquement toutes les mesurettes perdantes (voir les chapitres précédents).

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.