Sauvons les urgences!

Constats et propositions.

Comme beaucoup de français, je connais les longues heures passées aux urgences.

Pour certains, la saturation des services vient du fait que les patients se présentent pour ce qu'on nomme de la "bobologie".

Hormis le néophyte du système de soins français, aucun patient après avoir vécu une seule fois une attente aux urgences ne peut prendre du plaisir à y revenir.

Parfois même, les patients sont contraints d'y aller car la médecine de ville les y contraints. Les médecins refusent de suturer en cabinet. Des enfants nécessitant quelques points de suture ou de colle cicatrisante sont donc contraints de se présenter aux urgences.

Idem pour l'administration de certains médicaments  ils ne sont délivrés qu'à l'hôpital alors qu'une prise en charge par la médecine de ville permettrait un prise en charge rapide. En effet, en cas d'infections, certains antibiotiques doivent être administrés par intra-veineuse. Le patient rentre chez lui dès que la poche est vide à l'hôpital ( sans autre forme de surveillance). 8 heures d'attente pour une simple poche d'antibiotique..

Reste le problème fondamental de notre système français: l'arrêt maladie.

En cas de grippe, il est vivement conseillé de rester au lit pour se reposer et éviter la contamination.

C'est tout bonnement impossible pour un salarié: il doit au préalable obtenir le fameux document et ce le jour même de son absence. Or, décrocher un rendez-vous chez un médecin le jour même relève de l'exploit. Il n'est pas rare de se voir proposer un rendez-vous avec son médecin traitant la semaine suivante..

Voici donc un flot de salariés malades, contraints d'affluer vers les urgences non pas pou se soigner mais pour décrocher le précieux sésame.

 

Voici donc déjà un listing de causes de saturation des services d'urgence.

Pourtant, des solutions simples reposant sur des structures existantes permettraient de diminuer le nombre de patients.

 

Les maisons médicales de garde.

Un très fort pourcentage de français de tous milieux sociaux, ne connaissent même pas leur existence. Pourtant, elles permettent une prise en charge bien plus rapide dans de nombreux cas . Ouvertes les soirées et les week-ends jusqu'à minuit, elles sont encore très peu utilisées par les patients.

Une campagne d'information bien étudiée permettrait de créer le réflexe " maison médicale de garde" avant de se précipiter aux urgences.

Il sera pourtant nécessaire d'en renforcer la composition avec par exemple la présence d'une infirmière de garde pour épauler le médecin dans ses prises en charge.

 

Créer un service dédié aux demandes d'arrêts maladie simples.

Un patient grippé ou souffrant d'une angine et ne se déplaçant que pour un arrêt maladie ne devrait pas se présenter aux urgences.

Un service dédié en téléconsultation par exemple pourrait permettre aux patients d'éviter de se déplacer et de propager les maladies.

 

S'appuyer sur les pharmaciens.

Ce sont des professionnels auxquels des missions pourraient être confiées: sutures, délivrance de médicaments en urgence pour des pathologies simples ( cystites etc) , antibiotiques en intra-veineuse sur ordonnance.

 

 

L'Etat à défaut d'augmenter les moyens mis à disposition des hôpitaux doit désormais réagir pour réguler l'afflux de patients aux urgences sous peine de faire exploser un système et ses soignants à bout de souffle. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.