Activité piscine au collège: De la psychologie.

A l l'heure où Jean-Michel Blanquer et Marlène Schiappa lancent une enquête sur les certificats d allergie au chlore, une réflexion s impose.

La loi contre le séparatisme religieux se précise.

L activité piscine est au cœur des discussions.

Des jeunes filles se feraient établir des certificats médicaux indiquant une allergie au chlore.

Le nombre de jeunes filles allergiques dépasse l entendement. 

Les parents religieux amèneraient ils leurs filles chez le médecin en exigeant un certificat médical ? Les médecins feraient ils preuve d'une complaisance sans limite?

Dans un premier temps, il est intéressant de noter que l activité piscine débute très tôt dans le parcours scolaire d un élève français. Dès le cp exactement pour terminer en cm2.

On notera que lors de cette période,  il n existe pas de soucis majeurs. La très grande majorité des élèves participe à cette activité.

C est donc au collège que les problèmes apparaissent.

En période estivale à la plage, nous sommes nombreux à avoir remarquer des femmes voilées veillant sous leur parasol , sur leurs enfants et adolescents  qui se baignent en maillot.

Les jeunes filles arborent des maillots de bain traditionnels et se prélassent au soleil.

Il est vrai que certaines  s'empresseront de porter un paréo ou un short à leur sortie de l eau.

Jeunes ou moins jeunes d ailleurs. Brunes, rousses ou blondes. 

Par conviction religieuses? Non. Par pudeur, peut-être. Par complexes? Sûrement.

Au détour d une journée d été, une amie me raconte que sa fille appréhende l année à venir. La raison? L activité piscine au collège.

S engage alors une discussion sur nos souvenirs de cette fameuse activité.

Très vite, nous arrivâmes à la même conclusion: activité désagréable, mauvais souvenir.

Pas en soi en tant qu activité intrasèque non, mais en tant qu activité imposée en pleine adolescence.

Une période où le corps change, principalement celui des jeunes filles. 

Un corps en pleine transformation, encore mal appréhendé.

Un corps qui se cache derrière un fond de teint pour camoufler une acné trop visible, un brushing pour dompter des cheveux frisés ou un soutien gorge rembourré pour se rassurer face aux poitrines généreuses des copines déjà bien formées.

A la piscine point d artifices. La vérité, presque nue.

La réalité, d une ado à une autre, est aussi réelle qu injuste. Cruelle aussi parfois. 

Si la tendance est célébrée par de nombreuses stars, elle est loin encore de faire l l'unanimité, surtout chez les adolescentes: la pilosité.

A contrario de leurs camarades masculins, les jeunes filles devront, afin d éviter toute moquerie, s astreindre à une épilation soignée et irréprochable. A la plage, les rayons du soleil aveuglant effacent tous défauts. A la piscine, la lumière froide des néons semble souligner chaque poil, chaque rougeur, chaque défaut cutané apparent.

Enfin, et ce n est pas des moindres, les jeunes filles traversent lors de cette période, un bouleversement fondamental: l arrivée des premières règles.

Si certaines sont à l aise avec le sujet, la grande majorité est encore intimidée par cette réalité.

Bien sûr, elles ne seront accommodées qu une fois par mois, soit une séance de piscine.

Mais à discuter avec elles, ce n est pas tant la date de leurs règles que de devoir s absenter pour cette raison qui les gêne. 

S absenter durant la séance de piscine revient à hurler à toute la classe, élèves et professeur une réalité qui se veut à cette âge discrète.

Certains diront que les tampons existent. Or, ils sont loin d être des outils de protection avec lesquelles les jeunes filles sont à l'aise lors de leurs premiers cycles.

Il existe, dans ces refus de se rendre à la piscine, un séparatisme certain.

Un séparatisme entre de jeunes adultes ou de vieux enfants, dont le corps est une entité qui échappe à leur propriétaire.

Certains parents interdisent ils à leurs filles de se rendre à la piscine à l adolescence? 

Je ne pense pas. Elles se l interdisent probablement seules.

Bien sûr, on trouvera ici et là des religieux de toutes confessions qui imposeront leurs dogmes. Cependant, une activité scolaire, et ils le savent, est loin d être le lieu propice à des comportements qu ils jugeraient immoraux. Au contraire, nul doute que pour ces personnes, mieux vaut que leurs filles se baignent en maillot devant sa classe que devant une foule à la plage.

D ailleurs, pour les fanatiques en tout bord, le corps masculin n a pas non plus à être exhibé: point de slip ou autre boxer de bain pour les jeunes hommes non plus.

Or, c est bien uniquement des jeunes filles dont il est question. L argumentaire semble donc bancal: si la religion était une cause fondamentale,  le même phénomène apparaîtrait chez les garçons sommés de laisser le short de bain aux vestiaires ( on notera d ailleurs que dans les quartiers dits sensibles, le refus de porter un slip ou un boxer de bain est par ailleurs ou une source majeure de problèmes).

Mon avis? A y voir de plus près, je ne serai pas surprise qu un grand nombre de jeunes filles aient pu produire de faux certificats sans que leurs parents en aient la moindre connaissance.

Faux et usage de faux diront certains. Un papier pour surmonter une épreuve jugée insurmontable à l adolescence diront d autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.