Violences sexuelles: appel à toutes les élues féministes du Conseil de Paris

Si Mme Hidalgo s’est battue pour la parité, c’est pour qu’une nouvelle génération de femmes arrive en responsabilité, portent les combats des droits des femmes, même si cela dérange des pratiques établies et passées sous silence. Je m’adresse à cette nouvelle génération de femmes, quelle que soit leur couleur politique, et leur demande qu’ensemble nous menions ce combat contre les abus de pouvoir et contre toutes les violences sexuelles. Par Nelly Garnier, Conseillère LR de Paris.

Vendredi 9 octobre, l’AFP a révélé que, selon une source judiciaire, Pierre Aidenbaum a été mis en examen pour viol et agressions sexuelles par personne ayant autorité. Lundi 17 août, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire du chef de « viol par personne ayant autorité » concernant Christophe Girard.

Conseiller de Paris depuis 31 ans, Pierre Aidenbaum est l’un des piliers de la majorité municipale. Anne Hidalgo en avait fait l’un de ses adjoints à l’issue des élections municipales de 2020. Conseiller de Paris depuis 19 ans, Christophe Girard était lui aussi un adjoint à la Maire de Paris depuis des années.

La succession d’accusations portées ces dernières semaines à l’encontre de membres du cercle proche de la Maire de Paris pose la question d’une forme de laxisme voire de protection tacite dans la gestion humaine de cette majorité. Comment des élus présents depuis aussi longtemps dans la vie politique, sur des fonctions aussi centrales, ont-il pu ne pas être inquiétés pendant autant d’années ? Pourquoi alors que des accusations graves étaient portées et que plusieurs élus de différents groupes s’en indignaient, la Maire de Paris a-t-elle mis tant de temps à réagir en ne demandant pas à ses adjoints de démissionner immédiatement de leur siège de conseillers de Paris ? Comment ne pas s’interroger non plus sur les pressions qui ont pu être exercées par la majorité, voire en interne au sein de leur propre groupe, sur les élues féministes écologistes qui ont élevé la voix pour défendre la parole des femmes.

Les différentes affaires révélées ces derniers mois concernant des pratiques d’abus de pouvoir par des élus à des fins d’obtenir des faveurs sexuelles doit nous interroger collectivement sur des pratiques courantes et tues dans le milieu politique. La violence exercée à l’égard des femmes qui dénoncent ces actes doit être dénoncée ! Il n’y a pas de bon féminisme, celui qui ne dérange pas, celui qui ne dénonce pas, et de mauvais féminisme, celui qui lève le voile sur des pratiques qu’on préfèrerait taire. Il n’y a que la justice ! Et l’amitié politique ne peut se soustraire au Code Pénal.

Si Mme Hidalgo s’est battue pour la parité, c’est pour qu’une nouvelle génération de femmes arrive en responsabilité, portent les combats des droits des femmes, même si cela dérange des pratiques établies et passées sous silence. Je m’adresse à cette nouvelle génération de femmes, quelle que soit leur couleur politique, et leur demande qu’ensemble nous menions ce combat contre les abus de pouvoir à l’encontre des femmes et contre toutes les violences sexuelles.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.