Eramet/Comilog : la mine d’or de Christophe Minguy

Pressenti pour occuper, dans quelques jours, le poste de Directeur général adjoint de la société ferroviaire Setrag, le Français Christophe Minguy passe actuellement ses derniers jours à la Comilog. Au sein de la succursale gabonaise du groupe Eramet (spécialisée dans l’exploitation du manganèse), il y a sévi en qualité de Directeur de la Mine. Profitant de cette position hautement stratégique où, en terme de pouvoir, il est quasiment l’alter ego de Léod-Paul Batolo, son Directeur général, Christophe Minguy a tissé un réseau d’obligés et de partenaires en affaires plus ou moins recommandables.

L'impayable Monsieur Minguy L'impayable Monsieur Minguy

Il faut noter, toutefois, que dans cette faune interlope, un individu tient le haut du pavé. Son nom, Kizité Nzagou Nzagou. Directeur de la Société gabonaise d’électricité, de froid industriel, construction & BTP (Sogefic), ce Béninois a croisé la route de Christophe Minguy, au moment où ce dernier dirigeait le port minéralier de Comilog à Libreville. Entre les deux hommes, le courant est passé suite. Et les grandes affaires ont suivi immédiatement. En quelques mois, Sogefic, minuscule entreprise au capital social de 6 millions de francs CFA (environ 8000 euros), s’est retrouvée à truster des marchés à plusieurs centaines de millions de francs auprès de Comilog Libreville. Et ce, sans appel d’offres, avec la bénédiction du directeur du site, Christophe Minguy. Lequel aurait stratégiquement recommandé à son « partenaire » Nzagou Nzagou d’élargir le spectre de ses activités. Ainsi, en quelques mois à peine, Sogefic, en plus de l’électricité et du froid industriel, s’est spécialisée dans « la construction, les prestations de service, la location de main-d’œuvre, la chaudronnerie, la mécanique industrielle, la valorisation des matériaux locaux de construction… ».

Le silence assourdissant (et complice ?) de Batolo

En somme, il fallait, sur le papier, créer une pieuvre dont les tentacules allaient capter les marchés les plus juteux de la direction du port minéralier et du transport ferroviaire de la Comilog. Minguy pouvait ainsi s’assurer de confortables revenus parallèles. Aussi, quand il est affecté à Moanda, où se trouve le siège social de Comilog, pour prendre la tête de la direction de la Mine, le Français positionne son « associé » Nzagou sur les bonnes affaires à réaliser sur le site minéralier. Cela, au grand dam des concurrents dont certains sont installés dans la région depuis des décennies. Mais le plus étonnant dans cette histoire, pourtant connue de tout le monde à Moanda, c’est le silence assourdissant de Léod-Paul Batolo, le patron de la filiale d’Eramet. Un peu comme s’il ne souhaitait pas se mettre à dos un collaborateur au parcours atypique, qui a notamment roulé sa bosse pendant de longues années dans l’industrie agro-alimentaire au Cameroun et au Nigéria. Grand amateur de sport, Christophe Minguy a donné son nom (quelle modestie !) à un tournoi de football baptisé « un jeune, une chance », organisé il y a deux ans. Parmi les sponsors, Sogefic était, évidemment, en pôle position. On ne change pas une équipe qui gagne autant de marchés et…d’argent !

La direction et les syndicats de la Setrag sont prévenus : il faudra vous préparer à dérouler le tapis rouge à sieur Kizité Nzagou, le meilleur associé de votre futur DGA…

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L’auteur·e a choisi de fermer cet article aux commentaires.