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Billet de blog 20 oct. 2020

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Misandres, misères

Ce texte est une réponse à la tribune publiée dans Libération le 19/10/20 par Camille Froidevaux-Metterie.

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   Ces derniers mois, est réapparu dans le débat public un concept particulièrement clivant de la lutte féministe, la misandrie. Littéralement haine envers les hommes ces appels à la misandrie pourraient assurément être qualifié pénalement par les temps qui courent, pour peu que l’on remplace « homme » par « juif » ou « noir ». Mes admettons que leur colère ne trouve d’exutoire que dans la violence du propos et dans l’exagération du concept. Pauline Harmange et Camille Froidevaux-Metterie se revendiquent toute deux misandres et en couple avec des hommes ce qui nous rassure : leur haine est si fort accommodante et si socialement acceptable qu’on renonce ici à toutes idées de poursuites devant de si pales injonctions. Que reste-t-il alors du concept épouvantail ?

   « Nonmixité, bienveillance, sororité et, pour celles qui le souhaitent, rencontre amoureuse des corps-sujets» proclame la seconde. Rien de nouveau sous le soleil donc. On a affaire à une banale affaire d’autopromotion de certaines autrices en mal de couverture médiatique. Quand le rappeur Jul écrit « te déshabille pas j’vais te violer » il tire sur la même ficelle - quoi que dans son cas la qualification pénale aurait probablement pu être retenu. Pourquoi innover dans le monde du rap ou dans le monde littéraire quand il suffit d’utiliser quelques phrases chocs à même de provoquer une vague de critiques et s’assurer ainsi une diffusion colossale ? A l’ère des réseaux sociaux, les concepts les plus navrants ont de beaux jours devant eux pour peu qu’ils se donnent la peine de se montrer provocants envers un groupe ou un autre.

   Profitons en tout de même pour rappeler certains faits qui témoignent d'une réalité beaucoup plus nuancée que ne veut l'admettre Froideveaux-Metterie. Les femmes font davantage d’études supérieures que les hommes (55 % de l’effectif étudiant soit 10 points de différence en faveur des femmes), études qui conduisent statistiquement à plus d’emploi, à des emploi mieux rémunérées et hiérarchiquement plus élevées. Si cette tendance se confirme sur le long terme c’est donc bien les femmes qui seront majoritaires dans les classes dirigeantes du pays dans une ou deux décennies.

   Moins souvent au chômage, les femmes sont beaucoup moins autrices des comportements les plus violents. Elles en sont parfois les victimes mais bien moins que les hommes (les individus de sexe masculins sont à 85% mis en causes pour les affaires d’homicides mais ils tuent deux fois plus les hommes que les femmes). Elles ont moins souvent des comportements d’addiction et se retrouvent également moins souvent à la rue. Enfin leur taux de suicide est 3 fois plus bas que celui des hommes. Le tableau qui se dessine laisse peu de doute quand à l’avenir de la classe dirigeante masculine : à la traîne au niveau éducatif, davantage sujet aux addictions et aux dépressions, incapable de s’exprimer autrement que par la violence qu’ils s’administrent en dernier recours à eux mêmes, le règne des hommes à vécu. Pour le meilleur et pour le pire, les femmes seront bientôt aux commandes, puissent-elles en faire bon usage pour sauver ce qui reste de notre biodiversité et de notre climat, et pour réconcilier une société bien davantage morcelée par les conflits ethniques et religieux que par une pseudo guerre des sexes.

Thibault du Crest

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