Pour ne pas trahir la volonté populaire algérienne !

Paris le 20 mars 2019

 

 

Si l’on doit appliquer la volonté populaire qui s’exprime dans la rue, désirant un changement radical du système politique actuel, il faudra commencer par geler ou supprimer tous les appareils sur lesquels ce système s’est appuyé depuis des décennies. Il ne faut surtout pas faire de demi-mesures, ni aucune concession car cela permettra à ce pouvoir vicieux de piéger la transition et de revenir reprendre les règnes du pouvoir au galop. Ce serait la pire des choses qui puisse arriver à notre pays. La Tunisie en est l’exemple même : les éléments du parti du RCD se sont recyclés et sont revenus en force alors qu’ EN NAHDA, s’est bien atteler à structurer et verrouiller toutes les institutions pendant la période de transition. La vigilance est alors de mise.
Il ne suffit pas de décider du sort du FLN mais aussi du RND, de l’UGTA, de l’UNFA, ...etc, et de veiller à la récupération de tous les biens immobiliers appartenant au peuple algérien souverain.

Pour ma part, je publie cette modeste contribution et quelques points qui me paraissent essentiels pour éclairer l’opinion:

- Éradication de la culture de l’impunité ; 
- Favoriser la culture de la transparence ;
- Encourager la lutte contre la corruption. 
- La libération et la réhabilitation immédiate des détenus d’opinion qui ont été condamnés à tort;
- Destitution de tous les membres du conseil constitutionnel et suppression de la commission nationale des droits de l’Homme – CNDH ;
- Destitution de tous les ambassadeurs, Consuls et représentants de l’Algérie à l’étranger nommés par les responsables de ce système.
- Suspension immédiate du financement des associations, groupes, à l’étranger qui ont bénéficié des grandes largesses du pouvoir.

Cela est fort simple, sauf peut-être pour le troisième point sur lequel il faut bien réfléchir : nombreux sont, ceux qui se sont compromis en Algérie et se sont largement gavés. Il sera très difficile, et non judicieux, de traduire tout ce beau monde devant la justice qui s’est elle-aussi fortement travestie. Pour ce faire, il suffit de créer des hautes instances composées de personnes intègres ayant les pleins pouvoirs.
La première question qui se pose est la suivante: Faut-il que cette instance de lutte contre la corruption se charge d’enquêter sans restriction ou doit-elle enquêter seulement sur les gros dossiers de corruption, de vol, d’évasion fiscale et de trafic d’influence ?

Le conseil national des droits de l’Homme CNDH, quant à lui, sera remplacé par une grande instance indépendante des droits de l’Homme et de lutte contre les inégalités. Une grande instance de Justice Transitionnelle verra le jour et aura pour but de travailler sur les grandes injustices du passé mais également sur les dérives de nos institutions pour qu’à l’avenir, elles ne reproduisent plus les erreurs du passé. Pour cela, les experts et les militants de droits de l’Homme sont nombreux et beaucoup sont intègres. Cela ne pose aucun problème.

Un autre point simple, c’est l'abrogation du vote des militaires dans les casernes afin d’éviter la fraude massive. Les militaires algériens sont des citoyens comme les autres et devront à l’avenir voter comme tout citoyen.

Maintenant pour ce qui semble être le point le plus important, c’est comment accompagner cette transition tellement chérie et par qui ?

Si les avis diffèrent sur l’appellation (conseil des sages, assemblée constituante, assemblée citoyenne…) cela n’a d’intérêt que pour l’orientation qu’on veut lui donner. L’essentiel est de se mettre d’accord sur sa composition, son nombre, son mandat, sa durée et le budget qui lui sera alloué. Si l’on veut de la transparence, il faudra, en même temps, lui créer un contre pouvoir pour veiller au respect du mandat qui lui sera confié. 
Maintenant les questions, non exhaustives, qui se posent par rapport à ce groupe de personnalités intègres, (qui doivent obligatoirement se retirer lors des élections), c’est :

- Comment se fera le choix et par qui ?
- Qui établira la feuille de route et comment ?
- Qui décidera du budget ?
La question de la parité ( homme/femme, jeune) n’est pas à écarter ;
- La question de la révision de la constitution se pose comme la question des élections municipales, législatives et présidentielles (agenda à définir).

Enfin concernant notre armée nationale et concernant les présidentielles, les candidats devront inscrire impérativement dans leurs programmes que le poste de ministère de la défense reviendra à un civil.
Pour ma part, je n’ai pas de réponses pour le moment à toutes ces questions. C’est aux algériennes et algériens de décider. Je terrai même les quelques personnes intègres que je connais pour deux raisons:
- vivant en France depuis 1998, j’ai trop été éloigné de la réalité du pays;
- Il ne suffit pas d'être intègre pour porter de lourdes responsabilité.

Alors, chers concitoyen-ne-s que ce soit dans les quartiers, les conseils de villages ou dans la rue, en Algérie ou à l'étranger, il faut proposer, débattre avec lucidité et sérénité de toutes ces questions sans en oublier aucune.

Nesroulah Yous

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