Gemalto quitte la bourse, pourquoi c'est une bonne chose ?

Le géant du numérique Gemalto va officiellement quitter le marché boursier d'Amsterdam et de Paris d'ici au 28 mai 2019.

Suite à l'Offre Publique d'Achat (OPA) émise en mars dernier, le groupe Thales placé sous la direction de Patrice Caine possède désormais 97% des actions de la multinationale néerlandaise spécialiste en sécurité numérique.

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Pour cela, il aura fallu débourser 51 euros par action, soit la bagatelle de 4,7 milliards d'euros, après avoir été longuement en concurrence avec le groupe informatique Atos vers la fin de l'année 2017. Ainsi, l'entreprise néerlandaise est passée sous pavillon français et ne sera plus sur Euronext dans un futur proche. Le nouvel acquéreur du fabricant de carte à puce, leader de la sécurité numérique, n'a d'ailleurs pas tardé à faire part de ses nouvelles intentions pour l'entreprise ce mardi 16 avril.

 

Un duo gagnant pour l'internet des objets

 

Puisqu'il en a désormais la possibilité parce que possédant 97% des actions du premier fabricant mondial de cartes SIM, le groupe d'électronique dirigé par Patrice Caine peut initier une procédure de retrait obligatoire. Cependant, il attend de recouvrir 100% des actions, et ceci le plus tôt possible. Selon un communiqué du groupe, quelque temps après son assemblée générale prévue pour le 28 mai, le leader mondial du numérique pourrait définitivement quitter le marché boursier à Paris et Amsterdam notamment. Ce retrait marquera alors la fin de plus d'une décennie d'aventure dans l'univers boursier, aventure ponctuée par une introduction dans l'indice CAC 40 de 2012 à 2015.

 

« L'intégration de Gemalto marque le début d'un nouveau chapitre de l'histoire de notre groupe d'électronique. Ensemble, les deux groupes auront la capacité de satisfaire les besoins numériques de tous les clients, qu'ils soient civils ou militaires, sur les segments de marché de Thales, avec un portefeuille unique de technologie de pointe dans les domaines de la sécurité numérique et de l'internet des objets », a ainsi affirmé Patrice Caine. L'idée est on ne peut plus claire. Le duo français envisage très sérieusement d'avoir une forte influence et d'être parmi les acteurs influents sur le marché de l'internet des objets connectés, les plus critiques en l'occurrence. Lorsque des problèmes relatifs à la connectivité des trains et des avions du futur surviendront et mettront en danger les vies humaines, Thales, qui se veut aujourd'hui plus qu'un simple groupe de défense, mais un acteur majeur et à part entière du numérique, entend apporter son expertise dans l'internet des objets afin de pallier ces difficultés. 80.000 employés, incluant 28.000 ingénieurs et 3.000 chercheurs, c'est le personnel dont dispose le groupe pour ce projet de grande envergure.

 

Le sort des 14.000 employés du fournisseur mondial de cartes SIM

 

Les 14.000 salariés du groupe néerlandais qui fournissait plus de 450 opérateurs mobiles dans le monde en 2014 en cartes SIM, pour la plupart experts en cryptage des données et de l'identification des objets, constitueront un département numérique avec les activités numériques (Guavus, Vormetric et Digital Factory) que détenait déjà le groupe d'électronique spécialisé en aérospatiale, défense, sécurité et transport terrestre. Cependant, le groupe ne rendra pas publics les résultats de sa nouvelle entité. Ils seront mis en agrégation au sein de cinq de ses branches, pour un chiffre d'affaires de 15,8 milliards d'euros.

 

En 2018, le groupe racheté avait généré 2,97 milliards d'euros de chiffre d'affaires, tout en maintenant une croissance de son résultat opérationnel (332 millions d'euros), après avoir connu des difficultés sur ses activités traditionnelles de conception de cartes à puces pour des opérateurs mobiles et pour de grandes banques. Par ce rachat, le groupe d'électronique français réalise un véritable coup de maître et entend s'implanter comme un acteur incontournable de l'univers de l'internet des objets.

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