Faut il séparer l’artiste de l’homme

C’est ainsi que le Huff Post repose une fois de plus la question, évoquant les reproches faits à Polanski, Woddy Allen et Bertrand Cantat, suite au témoignage de Adèle Haenel sur les abus dont elle a été victime de la part d’un réalisateur de cinéma, lors de son premier tournage quand elle avait entre 12ans et 15 ans;

Tout d’abord, on regrette vivement qu’on mette sur le même plan, un meurtre et des attouchements, des hommes condamnés et ceux acquittés.

Adèle Haenel, le dit fort bien: Il ne s'agit pas de censurer ces créateurs en vue, ni eux ni leur oeuvre, mais de les placer, et l'ensemble de la société avec eux devant leurs responsabilités. Qu’ils ne fassent pas comme si rien ne s’était passé.

Les créateurs comme tout le monde, (peut être un peu plus que tout le monde) ont leurs petites et grandes turpitudes. La société estime qu’un homme condamné qui a purgé sa condamnation est (le plus souvent) libre de de retrouver ses droits. La morale populaire pas toujours. Chacun la sienne, et donc libre de continuer ou pas à déguster l’oeuvre de tel ou tel artiste poursuivi ou condamné. La société n’a pas à édicter de règle.

Mais si nous devons renoncer aux œuvres de tous ceux qui ont fauté parfois dans leur vie, il ne restera plus grand chose du monde de l’art. La liste est longue. Et il n’est pas sur que ce soit le meilleur qui subsistera. Il ne restera pas non plus grand chose du reste du monde. Heureusement les assassins sont rares, mais qui n’a pas plus ou moins trompé son client, son patron, son conjoint, qui n'a jamais fraudé, qui ne s’est pas parfois mal comporté quand il ou elle avait excessivement bù ou absorbé des substances illicites, qui n’a jamais été lâche..

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