Grippette ou Peste noire. Les voeux pieux et la peur

On nous égrène quotidiennement vers 19h le nombre des morts du jour comme si nous affrontions sans moyen la Grande Peste ou le Choléra des siècles passés. Cependant une surmortalité encore imprécise mais faible.

18 000 morts attribués au Covid 19 à ce jour en 1,5 mois, mais on ne connaît pas encore la surmortalité par rapport aux 75 000 habituels. La létalité serait 10 fois celle de la grippe saisonnière, mais très inférieure aux grandes épidémies du passé qui faisaient des millions de morts. Et sommes toutes faible.

Des parents, des enseignants, des syndicats sont terrifiés à l’idée de la réouverture de certaines classes à partir du 11 mai, alors que les dernières études s’accordent à dire que finalement les enfants sont peu malades et peu contagieux, leurs jeunes parents ne faisant pas partie de la population « à risques ».  A tel point que sur le porte avion Charles De Gaulle, milieu de jeunes, clos et plein de promiscuité; sur 2 000 marins testés, la moitié sont positifs, mais 1/4 seulement présentent des symptômes et 24 marins seulement nécessitent une hospitalisation.

D’après les épidémiologistes, en milieu ouvert, la plupart des gens ne sont pas malades ou asymptomatiques, une petite part (15%) ont besoin d’une hospitalisation, et 0,3% décèdent, très majoritairement chez des sujets très âgés et déjà pathologiques. Quelque chose sommes toutes d’assez habituel.

Des gestes barrières simples, d’hygiène élémentaire sont en général suffisants à ne pas tomber malade. Et on nous laisse entendre un ou des traitements d’ici à trois mois et un vaccin probablement d’ici un an, même si la protection n’est pas totale, comme dans d’autres vaccins.

Ca n’est pas la réalité objective de la maladie qui provoque cette panique généralisée, même si on sait les services hospitaliers débordés, ce qui est souvent arrivé dans notre histoire, la dernière fois en 1969, mais sa présentation quotidienne apocalyptique, mais la désorganisation de toutes les activités due au confinement. Mais la peur …

Il est vrai que notre pays a montré une impréparation saisissante, mais là aussi, hélas, on a l’ habitude…. On doit bien cependant constater qu’avec la facilité de la protection de l’Etat Providence, et le principe de précaution, on a créé chez beaucoup de gens la crainte de tout risque «dénoncé », mis en scène par les politiques, les médias, les syndicats, alors qu’ils sont dans le déni des dangers auxquels ils s’exposent volontairement tous les jours: la voiture, la nourriture industrielle, la destruction de la biodiversité, l’usage des plastiques, etc..Ils sont dans la peur d’une maladie aux conséquences bien moindres. On a créé une société de la peur.

On nous parle d’un monde d’Après.. qui tirerait des leçons bénéfiques de ce qu’il vient de se passer, sur la nécessité d’une productions plus locale, en circuits courts de petits producteurs et moins énergivore, au moins sur les produits « stratégiques » d’alimentation, de santé etc.. Mais déjà on parle pour soutenir leur redémarrage, de subventionner Total, Airbus, AirFrance, Renault et autres industries polluantes sans aucune contre partie alors même qu’on en dénonce les méfaits sur l’équilibre de la planète. Déja on revante les vertus de l’emballage plastique jetable qui protègerait des virus.

Je serais prêt à parier que contrairement aux voeux pieux qu’on entend ici et là, il n’y aura de monde d’Après que dans le domaine où la Peur nous y contraint. Et que les vertus du consommer local seront bien vite oubliées pour des Week End à Bali, la virée hebdomadaire à l'hyper du coin, ou la puissance du dernier SUV.

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