Y aller ou pas

Les partis politiques organisent donc aujourd’hui des rassemblements à la suite d’insultes antisémites pendant la manifestation Gilets jaunes à Paris samedi dernier. Ca n'étaient pas les premières, mais la personnalité visée mérite semble t-il plus de médiatisation que les autres, parcequ'elle même fait débat, et ouvre largement la réflexion.

Comme dirait l’autre. « Des Mecs qui en plus d’être antisémites, t’obligent à défendre Finkielkraut; c’est le Goulag direct »….

Parcequ’entre les partis politiques qui appellent au rassemblement ce mardi, Place de la République, à Paris à 19h00, il y en a qui refusent les autres, et d’autres qui refusent d’y aller. Parcequ’il y a des syndicats, associations et personnalités qui refusent de paraître avec des partis, et appellent au rassemblement ailleurs.
Parceque ce seront les énièmes rassemblements dont l’effet sera on le sait aussi efficace contre l’antisémitisme, le racisme et l’intolérance que le grand défilé d’après l’attaque contre Charlie.
Parceque jamais aucun rassemblement, malgré sa foule, ses personnalités, son lyrisme, sa médiatisation n’a fait reculer l’intolérance.
Parceque la lutte contre l’intolérance, quelle qu’elle soit, c’est une action de tous les jours,  de tous les lieux, de toutes les situations, au long cours; collective mais individuelle surtout, dans l’éducation d’abord, et pas un petit coup de gueule, à l’occasion pour briller en public.

L’intolérance est d’abord naturelle, innée; contre les virus, contre le chaud et le froid..; puis elle s’acquiert; à la maison, à l’école, au culte, sur les réseaux sociaux; contre l’étranger, les roux, les homos, les juifs, les musulmans, les athées, les gros, les moches, les handicapés, les adversaires politiques; les autres quoi…

La tolérance ça s’apprend, et ça s’enseigne. C’est long, et même perpétuel; car l’intolérance ressurgit sans cesse... C’est difficile de lutter contre la peur de la différence.

Mais si je n’y vais pas, on me dira, je me dirai, que j’ai fermé les yeux, que j’ai laissé faire, que je tiens de beaux discours mais reste sur mon canapé. Alors, j’irai, même si je sais que ça ne sert à rien, et qu’il nous faudra perpétuellement recommencer à lutter.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.